Cancer de prostate résistant à la castration : quelle prise en charge en 2014 ?

29 septembre 2014

Mots clés : Cancer de la prostate résistant à la castration, Chimiotherapie, Hormonothérapie
Auteurs : G. Pignot
Référence : Progrès FMC, 2014, 24, 3, F73-F79
Introduction : L’avènement récent de nouvelles molécules thérapeutiques, au premier rang desquelles on compte les hormonothérapies de seconde génération, a révolutionné la prise en charge du cancer de la prostate résistant à la castration.
Méthodes : Plusieurs options thérapeutiques sont actuellement disponibles en pré-chimiothérapie et en post-chimiothérapie. Une revue de la littérature a permis une mise au point sur les stratégies actuelles.
Résultats : En première ligne, l’acétate d’abiratérone et l’enzalutamide peuvent être discutés chez les patients métastatiques asymptomatiques ou pauci-symptomatiques alors que le docétaxel reste le traitement de référence pour les patients symptomatiques. En deuxième ligne après chimiothérapie, l’acétate d’abiratérone, l’enzalutamide et le cabazitaxel ont montré un bénéfice en survie globale. D’autres options thérapeutiques sont également venues enrichir le panel des traitements innovants : c’est le cas du sipuleucel-T et de l’alpharadin.
Conclusion : Devant ces nouveaux traitements, la question est de préciser la séquence optimale de traitement pour chaque patient.


Introduction

L’avènement récent de nouvelles molécules thérapeutiques, au premier rang desquelles on compte les hormonothérapies de seconde génération, a révolutionné la prise en charge du cancer de la prostate résistant à la castration. Plusieurs options stratégiques sont désormais disponibles en pré-chimiothérapie et en post-chimiothérapie. Se pose désormais la question de la séquence optimale. La discussion se fait en réunion de concertation pluri-disciplinaire et doit tenir compte des caractéristiques tumorales, de l’âge et des comorbidités du patient.


Définition du cancer de la prostate résistant à la castration

Avant d’instaurer un traitement, il convient de s’assurer de la résistance à la castration en vérifiant l’augmentation du PSA sur 3 dosages successifs (à au moins 2 semaines d’intervalle) et le taux de testostéronémie qui doit être inférieur à 0,50ng/mL. Certaines manipulations hormonales peuvent être tentées à ce stade : il peut s’agir du retrait de l’anti-androgène en cas de blocage androgénique complet ou à l’inverse de l’ajout d’un anti-androgène périphérique si l’hormonothérapie initiale ne comportait qu’un traitement par analogues de la LH-RH. Ces manipulations n’ont cependant pas montré de bénéfice en termes de survie.


Cas particulier du patient non métastatique résistant à la castration

Il s’agit le plus souvent de patients traités par hormonothérapie pour une récidive biologique après traitement local. Il n’y a pour l’instant aucune indication à un traitement par hormonothérapie de seconde génération et/ou par chimiothérapie cytotoxique chez ces patients, en dehors d’essais cliniques.


Options thérapeutiques en première ligne chez les patients métastatiques chimio-naïfs


Acétate d’abiratérone

L’acétate d’abiratérone (AA) est un traitement oral qui inhibe spécifiquement et de façon irréversible l’enzyme CYP17, bloquant la chaîne de synthèse des androgènes (). Il en résulte un hyperaldostéronisme induit, qui justifie l’administration concomitante d’une corticothérapie pour limiter les effets secondaires liés à l’hyperminéralocorticisme (rétention hydrique, œdèmes, hypokaliémie, troubles cardiaques).
Figure 1 : Choix décisionnel en première et deuxième ligne chez les patients atteints de cancer de la prostate métastatique résistant à la castration.
Dans l’étude randomisée en double insu COU-AA-302, l’acétate d’abiratérone (AA 1000mg/j associé à une corticothérapie par prednisone 10mg/j) a été comparé à un placebo (+corticothérapie) chez les patients métastatiques résistants à la castration, chimio-naïfs, ECOG1, asymptomatiques ou pauci-symptomatiques . Avec un suivi médian de 27,1 mois, la survie sans progression radiologique était multipliée par 2 dans le bras AA (16,5 mois versus 8,3 mois, p<0,0001). Il existait une tendance à l’amélioration de la survie globale (35,3 mois versus 30,1 mois) mais cette différence n’atteignait pas la limite de significativité statistique telle que prédéfinie par l’étude (p=0,0151) (). Il s’agit donc d’une étude négative pour ce critère. Il existait une amélioration de tous les critères de jugement secondaire (taux de PSA, performance statut (PS), utilisation des opiacées et recours à la chimiothérapie).
Figure 2 : Survie sans progression radiologique et survie globale des patients chimio-naïfs traités par abiratérone versus placebo (étude COU-AA-302).
L’agence européenne pour le traitement du cancer (EMEA) a permis son enregistrement en juillet 2013, dans cette indication (patients métastatiques résistants à la castration, chimio-naïfs, asymptomatiques ou peu symptomatiques et pour lesquels la chimiothérapie n’est pas encore cliniquement indiquée). La posologie est de 1000mg par jour (4 comprimés de 250mg en une seule prise) per os, associée à 10mg de prednisone. Il est désormais remboursé dans cette indication.


Enzalutamide

L’enzalutamide, également administré par voie orale, est un antagoniste du récepteur aux androgènes qui inhibe la signalisation du récepteur de trois manières différentes : inhibition de la liaison des androgènes à leur récepteur, inhibition de la translocation nucléaire du récepteur et inhibition de l’interaction avec l’ADN. La posologie est de 160mg par jour (4 capsules de 40mg en une seule prise) per os. En raison de son mode d’action, il n’y a pas nécessité d’une corticothérapie associée.
L’essai PREVAIL a évalué l’efficacité de l’enzalutamide chez les patients atteints de cancer de la prostate résistant à la castration chimio-naïfs . Dans cette étude de phase III, 1717 patients chimio-naïfs asymptomatiques ou pauci-symptomatiques étaient randomisés en double insu pour recevoir de l’enzalutamide ou un placebo. Après un suivi médian de 20 mois, le risque de décès était diminué de 29 % (p<0,0001) et le risque de progression radiologique de 81 % (p<0,0001). Le temps médian avant initiation d’une chimiothérapie cytotoxique était de 28,0 mois versus 10,8 mois dans le bras placebo (p<0,0001). La survie globale médiane était de 32,4 mois dans le bras enzalutamide versus 30,2 mois dans le bras placebo (). La tolérance était bonne avec 43 % d’effets secondaires dans le bras enzalutamide versus 37 % dans le bras placebo.
Figure 3 : Survie globale des patients résistants à la castration chimio-naïfs traités par enzalutamide versus placebo (étude PREVAIL).
Il n’y a pas d’étude comparative étudiant l’efficacité de l’enzalutamide versus acétate d’abiratérone dans cette même indication des patients résistants à la castration chimio-naïfs. Le clinicien a donc le choix entre ces deux hormonothérapies de seconde génération, l’enzalutamide ayant comme principal atout de ne pas requérir de corticothérapie associée et étant la seule à voir démontré un bénéfice significatif en survie globale.


Chimiothérapie par docétaxel

Elle a longtemps été le traitement de référence du cancer de la prostate métastatique résistant à la castration, en première ligne de traitement. C’est la première molécule ayant montré un bénéfice en survie globale par rapport à la mitoxantrone, dans 2 essais randomisés : TAX327 et SWOG9916. Le schéma thérapeutique standard comporte une cure toutes les 3 semaines à la posologie de 75mg/m2. Le schéma hebdomadaire (30 à 40mg/m2 par semaine, cinq semaines sur six) s’est avéré moins toxique et souvent mieux toléré chez le patient âgé. Le schéma posologique peut donc s’adapter en fonction de la fragilité du patient.
Il n’y a pas d’étude comparative entre les hormonothérapies de seconde génération et le docétaxel chez les patients en première ligne de traitement après résistance à la castration, les hormonothérapies de seconde génération (abiratérone et enzalutamide chez les patients chimio-naïfs) s’adressant théoriquement à des patients pour lesquels la chimiothérapie n’est pas encore cliniquement indiquée (patients asymptomatiques ou pauci-symptomatiques). Il n’y a pas non plus de facteur prédictif validé permettant de choisir entre une hormonothérapie ou une chimiothérapie en première ligne, même si certains éléments peuvent orienter le choix : score de Gleason, présence ou non de métastases viscérales, cinétique de progression de la maladie, durée de l’hormonosensibilité initiale (). En effet dans ces conditions, l’évolution rapide de la maladie malgré un traitement par abiratérone ou enzalutamide conduit rapidement à la chimiothérapie par docétaxel.


Options thérapeutiques chez les patients métastatiques résistants à la castration en post-chimiothérapie


Re-traitement par docétaxel

Cette option, particulièrement intéressante avant l’avènement récent des nouvelles thérapies, est de moins en moins proposée en raison des options alternatives désormais disponibles en post-chimiothérapie (). Elle peut être discutée dans certains cas lorsque la réponse à la première ligne de docétaxel a été probante (avec une réduction de 50 % du taux de PSA et un intervalle entre le dernier cycle de docétaxel et la progression>3 mois) et avec une tolérance correcte.


Cabazitaxel

Le cabazitaxel est un taxane semi-synthétique qui agit en stabilisant les microtubules et a la particularité d’être efficace sur les lignées tumorales résistantes au docétaxel.
L’essai TROPIC, essai de phase III randomisé multicentrique, a inclus 755 patients progressant sous docétaxel, avec 2 bras de traitement : cabazitaxel (25mg/m2 toutes les 3 semaines)+prednisone et mitoxantrone (12mg/m2 toutes les 3 semaines)+prednisone, pour un maximum de 10 cycles de traitement . Le risque de décès était statistiquement réduit de 30 %, avec un gain en survie globale de 2,4 mois (15,1 versus 12,7 mois, p<0,0001) (). Les principaux effets secondaires de grade3 étaient des leucopénies et des diarrhées.
Figure 4 : Survie globale des patients traités par cabazitaxel versus mitoxantrone après première ligne de chimiothérapie par docétaxel (étude TROPIC).
En pratique, probablement du fait de l’utilisation concomitante de facteurs de croissance, la fréquence des neutropénies sévères semble moins importante que décrite dans l’essai TROPIC.


Acétate d’abiratérone

L’étude COU-AA-301 a randomisé 1195 patients métastatiques et résistants à la castration ayant reçu une ou 2 lignes de chimiothérapie antérieure et a évalué l’acétate d’abiratérone (AA 1000mg/j associé à une corticothérapie par prednisone 5mg 2 fois/jour) et un placebo (+corticothérapie) . Avec un suivi médian de 20 mois, en analyse de 775 évènements en intention de traiter, il existait une différence significative en termes de survie sans progression et de survie globale (bénéfice de 4,6 mois en survie globale, p<0,0001) ().
Figure 5 : Survie globale des patients traités par abiratérone versus placebo en post-docétaxel (étude COU-AA-301).
L’agence européenne pour le traitement du cancer (EMEA) a permis son enregistrement, en 2011, en association à la corticothérapie, pour les patients prétraités par docétaxel.


Enzalutamide

L’étude AFFIRM a évalué l’enzalutamide (160mg/jour) versus un placebo chez 1199 patients résistants à la castration prétraités par docétaxel . La survie globale était significativement meilleure dans le bras enzalutamide (18,4 versus 13,6 mois, p<0,0001) (). Par ailleurs, la tolérance était excellente avec une faible incidence des toxicités de grade 3–4. L’enzalutamide a obtenu une AMM dans cette indication en juin 2013.
Figure 6 : Survie globale des patients traités par enzalutamide versus placebo en post-docétaxel (étude AFFIRM).


Options thérapeutiques chez les patients métastatiques résistants à la castration après une première ligne comportant une hormonothérapie de seconde génération

Il existe peu de données sur les stratégies thérapeutiques après une première ligne par une hormonothérapie de seconde génération (). Cependant, il semble qu’il puisse exister des phénomènes de résistance croisée entre abiratérone et enzalutamide, pouvant inciter à proposer une chimiothérapie cytotoxique en deuxième ligne. Par exemple, l’abiratérone semble avoir une activité anti-tumorale modeste chez les patients déjà traités par enzalutamide avec une survie sans progression médiane de 2,7 mois seulement . De la même façon, l’enzalutamide administré chez des patients prétraités par abiratérone donne des résultats décevants avec une survie sans progression médiane de 3,1 mois .
Une séquence thérapeutique proposant une alternance entre hormonothérapie de seconde génération et chimiothérapie cytotoxique semble être une approche plus prometteuse au stade de la résistance à la castration.


Traitements ciblant l’os


Chloride de radium-223

La radiothérapie métabolique, indiquée dans le traitement des métastases osseuses, utilise des particules β, aux effets biologiques limités. L’alpharadin, émetteur de particules alpha, se distingue par une très haute énergie létale pour les cellules tumorales avec une faible pénétrance sur le tissu adjacent.
L’étude ALSYMCA (alpharadin in symptomatic prostate cancer) est un essai de phase III multicentrique ayant inclus 992 patients résistants à la castration, symptomatiques avec au moins 2 foyers d’hyperfixation à la scintigraphie osseuse et sans lésion secondaire viscérale, après traitement par docétaxel ou non éligible au docétaxel, randomisé (2:1) entre 2 bras de traitement : alpharadin (6 injections de 50KBq toutes les 4 semaines) et meilleurs soins de support . La survie globale médiane était de 14,0 mois versus 11,2mois (p=0,00185) en faveur de l’alpharadin. L’alpharadin retarde également le temps jusqu’au premier évènement osseux (12,2 versus 6,7 mois) avec une bonne tolérance.


Biphosphonates

Au stade de cancer de la prostate résistant à la castration avec métastases osseuses, l’acide zolédronique permet de réduire le risque d’évènement osseux (fracture, tassement, compression médullaire), d’atténuer la douleur et d’améliorer la qualité de vie.
Plus récemment, le dénosumab, anticorps monoclonal humanisé inhibant RANK ligand, responsable de l’activation des ostéoclastes, a montré un bénéfice sur l’incidence des évènements osseux, sur la densité minérale osseuse, mais également sur la survie sans métastases osseuses.
Dans une étude de phase III randomisée en double insu, comparant le dénosumab à l’acide zolédronique, 1901 patients métastatiques osseux résistants à la castration ont reçu soit du dénosumab (120mg s/c toutes les 4 semaines), soit du zolédronate (4mg en IV, dose adaptée à la fonction rénale, toutes les 4 semaines) . Tous les patients recevaient une supplémentation en calcium et vitamine D. Le dénosumab a permis de retarder de façon significative la survenue du premier évènement osseux (temps médian de 20,7 mois versus 17,1 mois avec le zolédronate, p=0,008). Le dénosumab a également réduit de 18 % la survenue des événements osseux suivants (p=0,008). Les principaux effets indésirables étaient l’hypocalcémie (12,3 % avec le dénosumab versus 5,4 % avec le zolédronate), et l’ostéonécrose de la mâchoire (2,1 % versus 1,1 % respectivement, p=0,09).
À la différence de l’alpharadin, ces deux biphosphonates n’ont montré aucun bénéfice en termes de survie globale ou spécifique.


Autres molécules innovantes au stade de la résistance à la castration


Hormonothérapies

L’ortéronel (TAK700), comme l’acétate d’abiratérone, est un inhibiteur du CYP17 avec une sélectivité relative pour la 17,20-lyase supérieure à la 17α-hydroxylase, ce qui a pour conséquence une meilleure tolérance en limitant les effets minéralocorticoïdes. Un essai de phase III en post-chimiothérapie (ELM-PC 5) a mis en évidence un bénéfice sur la survie sans progression radiologique lors de l’analyse intermédiaire (p=0,00029), mais sans différence en survie globale (p=0,226). Un essai de phase III en pré-chimiothérapie (ELM-PC 4) est également en cours.
D’autres antagonistes du récepteur aux androgènes sont également en cours de développement et pourraient venir rivaliser avec l’enzalutamide dans les prochaines années (ARN-509, ODM-201, EPI-001).


Immunothérapies

L’immunothérapie vaccinale par sipuleucel-T est pour l’instant la seule immunothérapie disponible pour le cancer de la prostate résistant à la castration, métastatique, peu ou pas symptomatique. Son principe d’action repose sur le prélèvement de cellules présentatrices d’antigènes (cellules dentritiques) au cours d’une leucophérèse. Ces cellules sont activées, puis réinjectées. Elles sont alors capables de stimuler les lymphocytes T pour les diriger vers les cellules tumorales. L’essai IMPACT (immunotherapie for prostate adenocarcinoma treatment), essai de phase III multicentrique en double insu ayant inclus 512 patients recevant le sipuleucel-T versus placebo, a mis en évidence une amélioration significative de la survie globale (25,8 mois versus 21,7 mois, p=0,03). En revanche, il n’y avait pas de différence entre les deux bras en termes de progression clinique .
D’autres immunothérapies sont actuellement en cours d’évaluation. C’est le cas du tasquinimod, dont l’activité anti-tumorale passerait par une inhibition de l’angiogenèse et une immunomodulation. Dans un essai de phase II versus placebo, un bénéfice clinique significatif a été démontré chez les patients résistants à la castration, métastatiques, chimio-naïfs, asymptomatiques ou pauci-symptomatiques. Les résultats étaient effectivement prometteurs avec une amélioration significative de la survie sans progression (7,6 versus 3,3 mois, p=0,0042) et un bon profil de tolérance. Un essai de phase III, randomisé en double insu versus placebo, est en cours.


Autres stratégies anti-tumorales

Les anti-angiogéniques ont pour l’instant donné des résultats décevants dans le cancer de la prostate résistant à la castration. Le bévacizumab et le sunitinib ont montré un gain en survie sans progression mais sans bénéfice en termes de survie globale.
Le cabozantinib est un inhibiteur de MET et de VEGFR2, qui agirait en limitant la dissémination cellulaire et la métastasogenèse par son action anti-angiogénique notamment. Dans un essai de phase II versus placebo, le cabozantinib avait une activité clinique avec réduction des lésions métastatiques viscérales et osseuses, réduction de la douleur et de la consommation d’antalgiques, et amélioration de la survie sans progression (23,9 versus 5,9 semaines, p<0,001). Les principaux effets secondaires de grade 3 étaient la fatigue (16 %), l’hypertension (12 %) et le syndrome main-pied (8 %).
Les protéines chaperons moléculaires (clustérine, Hsp27, Hsp90) semblent également être des cibles thérapeutiques intéressantes. Elles permettent aux cellules de survivre dans un environnement hostile et d’importantes concentrations de ces protéines sont détectées dans le cancer de la prostate, notamment après hormonothérapie ou chimiothérapie. Les thérapies de type OGX sont actuellement en cours d’évaluation.


Conclusion

L’avènement de nouvelles options thérapeutiques dans le cancer de la prostate résistant à la castration a permis d’augmenter la survie globale. La question qui se pose actuellement est d’identifier la séquence optimale, en alternant hormonothérapies de nouvelle génération et chimiothérapies cytotoxiques. Pour y répondre, le défi est de pouvoir évaluer la réponse au traitement. Il n’y a actuellement aucun facteur prédictif clinico-pathologique validé permettant de choisir une option plutôt qu’une autre, notamment pour les premières lignes de traitement. La solution viendra peut-être de l’identification de marqueurs moléculaires à l’échelon individuel permettant de choisir la stratégie la plus efficace pour un patient donné avec un traitement personnalisé selon le concept de pharmacogénomique.
Points essentiels
En 2014, de nombreuses options thérapeutiques sont désormais disponibles dans la prise en charge du cancer de la prostate métastatique résistant à la castration.
  • En première ligne, l’acétate d’abiratérone et l’enzalutamide peuvent être discutés chez les patients métastatiques asymptomatiques ou pauci-symptomatiques alors que le docétaxel reste le traitement de référence pour les patients symptomatiques. En deuxième ligne après chimiothérapie, l’acétate d’abiratérone, l’enzalutamide (versus placebo) et le cabazitaxel (versus mitoxantrone) ont montré un bénéfice en survie globale.
  • En deuxième ligne après hormonothérapie de seconde génération, le risque de résistance croisée devra être évalué afin d’optimiser la prise en charge. D’autres options thérapeutiques sont également venues enrichir le panel des traitements innovants : c’est le cas du sipuleucel-T et de l’alpharadin. L’arbre décisionnel est donc amener à évoluer prochainement au gré des AMM et disponibilités des différentes molécules. Le challenge à l’avenir sera de préciser la séquence optimale pour chaque patient.


Déclaration d’intérêts

L’auteur déclare ne pas avoir de conflits d’intérêts en relation avec cet article.