Anatomie fonctionnelle du plancher pelvien

12 décembre 2009

Mots clés : Plancher pelvien, Élévateur de l'anus, Fascia pelvien
Auteurs : R. Yiou, P. Costa, F. Haab, V. Delmas
Référence : Prog Urol, 2009, 19, 13, 916-925

Les structures de soutien des viscères pelviens comprennent le plancher pelvien proprement dit avec le muscle élévateur de l’anus et ses deux faisceaux pubo- et iliococcygien et le muscle coccygien solidaire du ligament sacroépineux. Le muscle élévateur de l’anus est composé essentiellement de fibres de type I (muscles de posture). Le métabolisme aérobique de ces fibres les rend plus fragile à une contraction de type excentrique et à un dysfonctionnement mitochondrial. L’innervation du plancher pelvien provient des branches antérieures des racines sacrées S2/S3/S4 ; toute dénervation aura un retentissement sur la statique pelvienne. Le périnée inclue les structures musculo-aponévrotiques sous-jacentes au muscle élévateur de l’anus : antérieur avec le sphincter strié de l’urètre et les muscles ischio- et bulbocaverneux, postérieur avec les fosses ischio-anales. Les fascias pelviens doublent ces muscles : fascia pelvien et ses renforcements par les ligaments utérosacrés et cardinaux, en outre, les arcs tendineux du fascia pelvien (ATFP) et du muscle élévateur de l’anus (ATLA). La statique pelvienne repose sur l’action conjuguée de toutes ces structures qui assurent un support antérieur (le « hamac » périnéal), moyen (les ligaments cardinaux et utérosacrés) et postérieur (fascia rectovaginal et centre tendineux du périnée). L’orientation des viscères pelviens contribue à la statique pelvienne avec les angulations des réservoirs pelviens urinaire, génital, digestif avec leur conduit d’évacuation. Lors de la dynamique pelvienne, la modification de ces angles sous l’action des structures musculo-aponévrotiques est la traduction de l’adaptation pelvienne.

Introduction

Le plancher pelvien est défini comme l’ensemble des structures anatomiques musculo-aponévrotiques qui ferment vers le bas (caudalement) le petit bassin (pelvis minor). C’est la partie la plus profonde du périnée. Le cadre osseux (os du bassin, courbures vertébrales lombosacrées) sur lequel prennent insertion ces structures pourrait jouer un rôle dans les processus pathologiques de troubles de la statique pelvienne, mais celui-ci est encore discuté. Nous décrirons successivement les muscles du plancher pelvien et du périnée de la femme, les fascias du pelvis puis leur rôle fonctionnel dans la statique pelvienne et l’orientation des viscères pelviens.

Le plancher pelvien

Description anatomique des faisceaux musculaires du plancher pelvien

Le plancher pelvien est principalement constitué de deux muscles pairs : le muscle élévateur de l’anus (levator ani) et le muscle coccygien (coccygeus). Ces muscles s’insèrent sur la face médiale du pelvis mineur et forment un diaphragme musculaire sur lequel reposent les organes pelviens.
Le muscle élévateur de l’anus est le muscle principal du plancher pelvien. Il lui est décrit deux parties : le faisceau « pubococcygien », antéromédial, et le « faisceau iliococcygien », postérolatéral . Le faisceau pubococcygien est plus épais ; il a une insertion osseuse à la face postérieure du corps du pubis. Ses fibres se dirigent en arrière formant une sangle contournant l’angle anorectale et se poursuivent avec les fibres du muscle controlatéral. Ce faisceau pubococcygien délimite ainsi le hiatus lévatorien ou urogénital qui livre passage à l’urètre, au vagin et à la jonction anorectale ().
Figure 1 : Le muscle élévateur de l’anus et les mécanismes de la continence urinaire chez la femme. A. Les muscles élévateurs de l’anus (ea) et le sphincter strié urétral (ssu) sont responsables de la continence urinaire à l’effort. Le sphincter strié urétral est innervé par le nerf pudendal (np). La continence urinaire nécessite une vessie (ve) compliante. Celle-ci reçoit son innervation du système végétatif sympathique et parasympathique provenant des plexus hypogastriques (ph) inférieurs et supérieurs. Il existe des connections nerveuses entre le muscle vésical et l’urètre à un niveau central et périphérique qui permettent de coordonner leurs actions. B. La vagin (va), le muscle élévateur de l’anus (ea) et l’aponévrose pelvienne (ap) qui le recouvre participent à la constitution du plancher urétral. L’arcus tendineus du fascia pelvien (atfp) est un épaississement de l’aponévrose pelvienne qui amarre le vagin et l’urètre au muscle élévateur de l’anus. C, D. Reconstruction 3D (vue endopelvienne) du muscle élévateur de l’anus (ea) à partir de séquences d’IRM réalisées chez une patiente continente (C) et incontinente par hypermobilité vésico-urétrale (D) (images obtenues sur le site : splweb.bwh.harvard.edu). En cas d’incontinence, on note un décrochage (flèche verte) de l’insertion latérale du muscle élévateur de l’anus sur le muscle obturateur interne (oi) à l’origine de l’hypermobilité vésico-urétrale .
Les fibres musculaires du pubococcygien sont globalement orientées vers le haut et l’avant en direction du pubis . La description des différents composants de ce faisceau a amené à une grande confusion dans la nomenclature. Des faisceaux de fibres se détacheraient de sa partie médiale pour se terminer sur l’urètre, le vagin, l’anus et le rectum formant, respectivement, les faisceaux pubo-uretral, pubovaginal, pubo-anal et puborectal, bien identifiables en IRM . L’ensemble de ces faisceaux forme la partie puboviscérale du pubococcygien. Les fibres se terminant au voisinage de l’urètre participent à la constitution de la musculature périurétrale. Les faisceaux pubovaginaux et pubo-anaux se terminent sur les faces latérales du vagin, le centre tendineux du périnée et le sphincter strié de l’anus. Les fibres du faisceau puborectal circonscrivent la jonction anorectale en arrière et se poursuivent avec les fibres controlatérales. La contraction du muscle puborectal élève le rectum, le vagin, l’urètre en accentuant les angulations (caps) anorectales, urétrovésicales et vaginal comme nous le verrons plus loin.
Le muscle iliococcygien est la partie latérale, moins épaisse du muscle élévateur de l’anus. Il s’insère latéralement sur l’arc tendineux de l’élévateur de l’anus et l’épine ischiatique et en arrière sur le coccyx. Les fibres se terminent sur un raphé médian ou ligament anococcygien constituant le plateau lévatorien sur lequel les organes pelviens s’appuient lors des efforts de poussées. Le plateau lévatorien est normalement horizontal et supporte le rectum et les deux tiers supérieurs du vagin. L’affaiblissement du muscle élévateur de l’anus entraîne une verticalisation du plateau lévatorien, élargit la fente urogénitale et favorise, ainsi, la survenue d’un prolapsus pelvien .
Indépendant du muscle élévateur de l’anus, le muscle coccygien s’insère médialement sur les dernières pièces sacrococcygiennes et se termine latéralement sur l’épine ischiatique. Il recouvre le ligament sacroépineux. Il prolonge en arrière la partie postérieure le diaphragme pelvien.

Aspects métaboliques et fonctionnels du plancher pelvien

D’un point de vue fonctionnel, il est important de signaler que muscle élévateur de l’anus est essentiellement composé de fibres de type I comme la plupart des muscles posturaux . Les fibres de type I sont des fibres à contraction lente et fonctionnent sur un mode oxydatif. Leur principale caractéristique est de pouvoir développer des contractions toniques prolongées. Cela les oppose aux fibres de type II fonctionnant essentiellement sur un mode anaérobique et dont les contractions sont rapides et fatigables.
La forte proportion en fibres de type I est une caractéristique du muscle élévateur de l’anus de l’homme qui s’explique probablement par la station érigée entraînant une pression constante à son niveau exercée par le poids des organes pelviens. En effet, chez l’animal quadrupède comme la souris ou le rat, le muscle iliococcygien est essentiellement composé de fibres de type II et ses fibres sont orientées dans un sens craniocaudal si bien que leur rôle dans le support des organes pelviens semble mineur . Par ailleurs, le muscle élévateur de l’anus proprement dit du rat présente des différences fondamentales avec le muscle humain car il n’est présent que chez le rat mâle en raison d’une androgénodépendance .
La proportion de fibres de type I varie en fonction des différents faisceaux du muscle élévateur de l’anus. Ainsi, les faisceaux pubococcygiens antérieurs (faisceau puboviscéral) ont été appréciés avec une proportion de 66 à 82 %. Les fibres des faisceaux pubococcygiens postérieurs seraient à 90 % de type I. Enfin, les fibres des faisceaux iliococcygiens seraient de type I à 68 à 69 % [4,7,8]. Il y aurait donc une augmentation de la proportion de fibres de type II dans les régions périurétrales et périanales. Cela suggère que le muscle élévateur de l’anus a pour fonction d’exercer un tonus permanent en position érigée pour supporter le poids des organes pelviens ; la contraction volontaire du faisceau puboviscéral augmente ce tonus pour faire face à une augmentation soudaine de la pression abdominale.
Le métabolisme aérobique des muscles du plancher pelvien doit être pris en compte dans la physiopathologie des troubles de la statique pelvienne. D’une part, tout étirement excessif du muscle élévateur de l’anus va se produire sur des fibres musculaires qui sont contractées en permanence du fait de leur activité tonique. D’un point de vue physiopathologique, ce type d’étirement est considéré comme une « contraction de type excentrique » (i.e. étirement d’un muscle contracté) bien connue pour causer des dommages musculaires importants . Du fait de son activité tonique, le muscle élévateur de l’anus pourrait donc être plus sensible à des lésions d’étirements chroniques.
D’autre part, il n’est pas improbable qu’une altération du métabolisme oxydatif soit impliquée dans la survenue d’un trouble de la statique pelvienne. En effet, le fonctionnement des fibres de type I repose essentiellement sur la production d’adénosine triphosphate (ATP) par les mitochondries ; or il est maintenant clairement établi qu’un dysfonctionnement mitochondrial participe au processus de vieillissement de l’organisme [10,11,12]. L’ADN mitochondrial code pour les protéines de la chaîne respiratoire et des mutations successives de cet ADN ont pour conséquence une altération de la production énergétique des cellules concernées. L’accumulation de radicaux libres de l’oxygène pourrait jouer un rôle majeur dans l’apparition de ces mutations à l’origine du processus de vieillissement. Les mitochondries sont ubiquitaires mais les tissus les plus consommateurs d’énergie mitochondriale comme le muscle et le système nerveux sont habituellement les plus marqués par le déficit. L’atteinte musculaire se manifeste habituellement par une intolérance à l’effort et peut être localisée ou généralisée. Les muscles du plancher pelvien sont essentiellement composés de fibres de type I sont donc plus susceptibles d’être affectés par une altération de la chaîne respiratoire mitochondriale.
Il a été récemment mis en évidence dans le muscle élévateur de l’anus de patientes présentant un prolapsus pelvien des anomalies morphologiques typiques d’un dysfonctionnement mitochondrial (présence de ragged red myofibers) et d’une altération de la production d’ATP (fibres Cox−) . Ces anomalies n’étaient pas présentes dans les muscles deltoïdiens des mêmes patientes. Cette étude préliminaire suggère qu’un dysfonctionnement mitochondrial pourrait être impliqué dans le développement des prolapsus pelviens.
Ainsi, du fait de son métabolisme essentiellement oxydatif, le muscle élévateur de l’anus est probablement plus sensible à l’étirement et aux effets du vieillissement.

Innervation du plancher pelvien

L’innervation du plancher pelvien provient des racines ventrales ou antérieures des deuxième, troisième et quatrième racines sacrées, directement ou par l’intermédiaire du nerf pudendal. C’est ainsi que le muscle élévateur de l’anus reçoit directement sur sa face supérieure des fibres issues directement des racines antérieures des troisième et quatrième nerfs sacrés. Le nerf pudendal donne le nerf rectal inférieur, qui innerve le sphincter externe de l’anus et des branches périnéales pour l’ensemble des muscles striés urogénitaux superficiels. Il semble que le faisceau puborectal du muscle élévateur de l’anus ait anatomiquement la même innervation que le sphincter externe de l’anus, par le nerf pudendal et sur sa face périnéale. Ce fait est en contradiction avec l’électromyographie in vivo qui suggère que le muscle puborectal serait innervé directement par les racines S2–S3, sur la face supérieure de ce muscle .
L’étude de l’innervation des muscles pelvipérinéaux est importante car la plupart des études électrophysiologiques ont mis en évidence des signes de dénervation chronique dans les muscles périnéaux de femmes atteints de troubles de la statique pelvienne.
Classiquement, l’accouchement entraîne une neuropathie d’étirement avec une dénervation partielle des muscles du périnée [15,16]. Des lésions histologiques de dénervation ont été notées dans le sphincter anal de patients présentant une incontinence fécale . Ces résultats ont, cependant, été remis en question par des études plus récentes qui ont analysé des biopsies périnéales prélevées chez femmes incontinences ou ayant eu plusieurs grossesses . Dans ces études, aucun signe histologique de dénervation n’a pu être clairement mis en évidence. En revanche, certains auteurs ont constaté l’existence de signes histopathologiques évocateurs d’une atteinte primaire des fibres musculaires telles qu’une fibrose une centronucléation ou la majoration des phénomènes apoptotiques . Cependant, ces lésions ne sont pas spécifiques d’une étiologie précise. Elles peuvent se voir en cas de dysfonctionnement mitochondrial.

Le périnée

Le périnée est l’ensemble des parties molles fermant caudalement l’excavation pelvienne. Il s’agit donc d’un ensemble musculo-aponévrotique situé en dessous des muscles élévateurs de l’anus. Il comprend classiquement un périnée superficiel et profond séparés en un triangle antérieur (urogénital) et un triangle postérieur (anal) par la ligne allant d’une tubérosité ischiatique à l’autre et passant par le centre tendineux du périnée. Le périnée superficiel est constitué par la peau, du tissu adipeux et les muscles sphincter externe de l’anus, transverse superficiel, ischiocaverneux, et bulbocaverneux recouverts par le fascia périnéal superficiel. L’espace profond du périnée contient chez l’homme et la femme le muscle sphincter strié de l’urètre et les muscles transverses profond du périnée recouverts par l’aponévrose moyenne du périnée. La terminaison du muscle transverse profond reste controversée. Classiquement, ses fibres s’insèrent sur la face médiale des branches ischiopubienne, cependant, les descriptions plus récentes (voir paragraphe suivant) assimilent plutôt le muscle transverse profond au muscle compresseur de l’urètre qui est le prolongement caudal du sphincter strié urétral et dont les insertions se font sur le faisceau puborectal du muscle élévateur de l’anus .
Le périnée postérieur est constitué dans les deux sexes par les fosses ischio-anales, loges graisseuses qui entourent le canal anal.

Anatomie et physiologie du sphincter strié urétral chez la femme

Chez la femme le sphincter strié urétral à une forme en oméga laissant libre la face postérieure de l’urètre. Il s’étend plus ou moins haut vers le col vésical et présente son épaisseur maximale à hauteur d’un tiers moyen de l’urètre. Caudalement, ses fibres musculaires forment un continuum avec celles des muscles urétrovaginal et compresseur de l’urètre (). L’ensemble musculaire constitué du compresseur de l’urètre, du sphincter strié urétral et du muscle urétrovaginal forme ce que les Anglo-saxons nomment la membrane périnéale.
Figure 2 : Reconstruction 3D du muscle élévateur de l’anus et du sphincter strié urétral chez le fœtus . Le segment inférieur du sphincter strié urétral (bleu) présente une insertion tendineuse (point jaune) sur le muscle élévateur de l’anus (rouge). Les reconstructions montrent l’orientation des fibres musculaires (A et B). C montre la direction des forces de pressions exercées par le sphincter strié urétral et le muscle élévateur de l’anus sur la lumière urétrale (U).
Il existe une controverse concernant le compresseur de l’urètre dont la zone d’insertion a initialement été décrite sur la face médiale des branches ischiopubiennes. Cependant, ces attaches osseuses n’ont pas été retrouvées dans d’autres études [1,21] qui ont plutôt décrit une lame de tissu conjonctif entre les fibres du muscle compresseur de l’urètre et le muscle élévateur de l’anus. Une étude récente a confirmé l’existence d’une véritable attache tendineuse de la partie inférieur du sphincter strié urétral (muscle compresseur de l’urètre) sur le faisceau puborectal du muscle élévateur de l’anus . Les fibres du faisceau pubococcygien sont orientées vers le haut et l’avant en direction de leur attache pubienne et croisent le tiers moyen de l’urètre. Ainsi, le sphincter strié urétral et le faisceau puborectal pourraient exercer une action de clôture urétrale synergique : la contraction de la partie inférieure du sphincter strié (muscle compresseur de l’urètre) entraîne une force de pression sur la lumière urétrale dirigée dans une direction postéro-inferieure. La contraction du muscle élévateur de l’anus déplace le complexe rectovaginal ventralement et caudalement vers l’urètre dans un plan parallèle mais décalé craniâlement par rapport au plan du sphincter strié urétral. Ainsi, les contractions simultanées du muscle élévateur de l’anus et du sphincter strié urétral se font dans des directions opposées entraînant ainsi une flexion antérieure de l’urètre moyen. L’insertion du sphincter strié urétral sur le muscle élévateur de l’anus n’a été mise en évidence que chez la femme. Ainsi, du fait de son insertion sur le muscle élévateur de l’anus, l’action du sphincter strié urétral pourrait être dépendante de l’intégrité du muscle élévateur de l’anus.
Classiquement, les fibres musculaires sphinctériennes ont été décrites comme étant de type I. Cependant, il est clair que ces fibres musculaires présentent des caractéristiques morphologiques et fonctionnelles très différentes de celles des muscles striés squelettiques. En particulier, elles ne présentent pas d’insertion tendineuses – en dehors de la portion inférieure du sphincter sur le muscle élévateur de l’anus – ni d’attaches directes sur une structure osseuse.
Par ailleurs, l’innervation du sphincter strié est encore sujette à débat aussi bien d’un point de vue anatomique que neurophysiologique. Le sphincter strié urétral est classiquement innervé par le nerf pudendal qui donne ses branches sphinctériennes après son trajet infralévatorien. Cependant, un contingent de fibres nerveuses somatiques sus-lévatorien destinées au sphincter strié urétral été décrit ; il pourrait constituer une voie nerveuse motrice accessoire . La nature des fibres nerveuses impliquées dans la commande du sphincter strié urétral est encore controversée. Pour certains auteurs, le système végétatif pourrait moduler les contractions du sphincter strié urétral  : chez le chat, la stimulation des nerfs hypogastriques (système nerveux autonome) déclenche des potentiels myogéniques dans le sphincter strié urétral qui persistent après blocage α-adrénergique. Cela indique qu’il s’agit probablement de potentiels issus des fibres musculaires striées et non de cellules musculaires lisses présentes dans le sphincter strié. Les particularités embryologiques du sphincter strié urétral et les étroites relations anatomiques et fonctionnelles avec le muscle lisse urétral sont probablement à l’origine de cette innervation complexe et inhabituelle pour un muscle strié.

Les muscles ischiocaverneux et bulbocaverneux

Les muscles ischiocaverneux et bulbocaverneux de la femme sont étroitement liés à la face ventrale de l’urètre . Ils ferment le hiatus urogénital caudalement et jouent un rôle mineur dans la continence en exerçant une légère action de clôture sur l’urètre et par leur rôle de soutient de l’urètre distal.

Le centre tendineux du périnée

Le centre tendineux du périnée est un noyau fibreux robuste sur lequel s’insèrent les muscles élévateurs de l’anus et ceux du périnée superficiel et profond. Il s’agit d’une structure médiane à la limite entre le périnée urogénital et le périnée anal. Chez l’homme, il est en avant de la ligne joignant les deux ischions ; chez la femme, il se trouve au milieu de cette ligne.
Le centre tendineux du périnée est une zone d’insertion du rectum, des faisceaux du muscle pubococcygien et des muscles du périnée. Il est composé de fibres d’élastine, de cellules musculaires lisses et de tissu conjonctif dense. Il joue un rôle important dans la statique pelvienne car il représente un point de support pour le vagin et l’utérus. La détérioration du centre tendineux, notamment après un accouchement, prédispose au développement d’une rectocèle ou d’une entérocèle.

Les fascias du pelvis

Les supports conjonctifs du bassin incluent les condensations organisées de collagène dense, classiquement appelées ligaments ou tendons, par analogie aux structures conjonctives squelettiques. S’il s’agit de structures bien particulières, comportant des fibres collagènes, des muscles lisses, de l’élastine et des gaines vasculaires, on les nomme fascia pelvien. C’est dire que le terme de « fascia » n’est pas bien déterminé, conduisant à des confusions et à des contresens tant dans la terminologie, malgré les efforts de la Nomenclature Anatomique Internationale, que dans le rôle fonctionnel que l’on peut leur faire jouer.

Le fascia pelvien ou aponévrose pelvienne

Les tissus décrits comme « fascia pelvien » ou « aponévrose pelvienne » constituent une lame de tissu conjonctif qui recouvre latéralement les muscles pariétaux, élévateurs de l’anus et obturateur interne, et se poursuit médialement avec la gaine fibreuse des viscères pelviens ().
Figure 3 : Le rétinaculum du fascia pelvien et les ligaments pelviens chez la femme (d’après Kamina P, Anatomie gynécologique, Paris, Maloine ed). 1 : ligament pubovésical ; 2 : artère vésicale inférieure ; 3 : pédicule obturateur ; 4 : artère utérine ; 5 : artère iliaque interne ; 6 : ligament utérosacré ; 7 : ligament cardinal ; 8 : gaine de l’artère ombilicale ; 9 : ligament utérovésical ; 10 : fascia du muscle obturateur interne (figure reproduite avec l’aimable autorisation des Éditions Vigot Maloine d’après l’ouvrage de P. Kamina. Anatomie gynécologique et obstétricale, 4e éd., figure 102, p. 120).
Ce tissu conjonctif, qui fournit le support des viscères pelviens, est unique ; il est moins bien organisé que le tissu conjonctif des tendons et des ligaments du système squelettique.
Ainsi, le soutien conjonctif de la vessie, de l’urètre et du vagin est fourni par l’aponévrose pelvienne, qui se présente sous la forme d’un feutrage variable de collagène, d’élastine et de fibroblaste, ainsi que de cellules musculaires lisses et de la gaine des pédicules vasculonerveux. Lorsque ce fascia s’attache à l’utérus, il est appelé « paramètre », lorsqu’il s’attache au vagin, il est appelé « paravagin ou paracolpos ».
Deux replis plus saillants du paramètre et du paracolpos ont été isolés en fonction de leur direction :
  • longitudinalement vers le sacrum, les ligaments utérosacrés qui correspondent aux nerfs hypogastriques supérieurs ;
  • transversalement, les ligaments cardinaux qui peuvent être assimilés à la gaine fibreuse entourant les artères et les veines, rappelant ce qui avait été défini par Ombrédanne et qui confèrent une grande part de la force du fascia viscéral.

Les arcs tendineux

Il existe deux structures remarquables de tissu conjonctif pelvien en rapport avec le muscle élévateur de l’anus et les parois antérolatérales du vagin. Ce sont l’arc tendineux du fascia pelvien (ATFP) et l’arc tendineux du muscle élévateur de l’anus (ATLA).
Il s’agit de deux condensations de tissu conjonctif, essentiellement collagène, qui donnent le support latéral passif au niveau du bassin. Ces deux arcs tendineux sont des condensations des fascias, d’une part, sur le muscle obturateur interne, d’autre part, sur le muscle élévateur de l’anus.
Ils ont été identifiés sur le plan histologique à des structures tendineuses et ligamentaires comparables à celles du système musculosquelettique, car ils sont composés de plis de tissu collagène plus organisés que le fascia pelvien ou viscéral.

L’arc tendineux du muscle élévateur de l’anus

Il s’insère en avant sur la face postérieure du pubis, et en arrière à la partie postérieure, près de l’épine ischiatique. Entre les deux, il s’insère sur l’aponévrose de l’obturateur interne qu’il recouvre.

L’arc tendineux du fascia pelvien

Il est plus interne et inférieur que l’ATLA, il s’insère lui aussi sur le pubis à sa partie inférieure, de part et d’autre de la symphyse pubienne, il se porte en arrière vers l’épine ischiatique où il se fixe en dessous d’elle.
Il chemine dans le fond de la cavité pelvienne, là où le fascia pelvien se réfléchit à la réunion entre la portion pariétale recouvrant le muscle élévateur de l’anus, et la portion viscérale recouvrant les viscères pelviens.
L’ATLA donne l’ancrage actif pour le muscle iliococcygien.
L’ATFP donne insertion à la paroi antérieure du vagin et indirectement par elle à l’urètre.
L’arc tendineux de l’élévateur de l’anus est une structure originale car il constitue une ligne d’insertion d’un muscle (élévateur de l’anus) sur l’aponévrose d’un autre muscle (obturateur interne). Ce type d’insertion musculaire est unique dans l’organisme puisque les muscles striés s’insèrent généralement sur l’os par l’intermédiaire d’un tendon ou directement par les fibres charnues. Cela explique que l’arc tendineux constitue une zone de fragilité. Les désinsertions unies ou bilatérales de l’élévateur de l’anus sur l’arc tendineux sont à l’origine d’un déséquilibre de la statique pelvienne pouvant entraîner une cystocèle et/ou incontinence urinaire à l’effort.

Anatomie fonctionnelle des muscles pelvipérinéaux dans la statique pelvienne

Le muscle élévateur de l’anus et les fascias endopelviens jouent un rôle fondamental dans l’équilibre de la statique pelvienne en maintenant les parois vaginales en place. On décrit habituellement des supports antérieurs moyens et postérieurs pour les différentes parois vaginales.

Le support antérieur

Le support de la paroi vaginale antérieure joue un rôle majeur dans le support de la vessie et de l’urètre (continence urinaire à l’effort chez la femme) (Fig. 1 et 4). Les principaux éléments impliqués sont les fascias pelviens, l’ATFP et le muscle élévateur de l’anus.
Figure 4 : Le hamac périnéal . Vue latérale droite d’un petit bassin montrant les structures qui composent le hamac périnéal : de la ligne médiane en latéral par la paroi vaginale antérieure, le fascia endopelvien avec l’arcus tendineus fascia pelvis (ATFP), le muscle élévateur de l’anus. Le muscle élévateur de l’anus, la paroi vaginale latérale et le fascia pelvien ont été partiellement enlevé pour mettre en évidence les structures médianes .
Les deux ATFP sont assimilables à deux caténaires, situés de part et d’autre de l’urètre du vagin et de la vessie, et formant une ligne d’amarrage de ces organes à l’aponévrose pelvienne . Par l’intermédiaire de ses insertions latérales sur l’aponévrose pelvienne et le muscle élévateur de l’anus, le vagin forme un hamac sur lequel repose la vessie, le col vésical et l’urètre (). Il est maintenant clairement établi que ce hamac sous vésical joue un rôle prépondérant dans la continence urinaire en exerçant une force de contre-pression qui s’oppose aux brusques augmentations de la pression abdominale à l’effort. L’urètre se trouve ainsi comprimé entre deux ces forces de pression opposées. La tonicité de la paroi vaginale antérieure est donc dépendante de l’intégrité du complexe musculo-aponévrotique constitué du muscle élévateur de l’anus, des fascias pelviens et des différents arcs tendineux décrits plus haut. Toute altération de l’un de ces éléments va entraîner un défaut de maintien de la vessie se traduisant cliniquement par une cystocèle. De la même façon, toute altération de l’un de ces éléments en regard du col vésical va entraîner un défaut de maintien de l’urètre se traduisant cliniquement par une hypermobilité vésico-urétrale ().
Il existe, par ailleurs, des condensations antérieures de l’aponévrose pelvienne, formant les ligaments pubo-urétraux reliant l’urètre et le col vésical au pubis. Le rôle fonctionnel de ces ligaments est complexe. La présence de cellules musculaires lisses et de terminaisons nerveuses cholinergiques dans la partie crâniale des ligaments pubo-urétraux fait évoquer une fonction dans l’ouverture du col vésical. En revanche, les portions médiales et caudales des ligaments pubo-urétraux amarrent l’urètre et les tissues périurétraux au pubis et à l’arc tendineux de l’aponévrose pelvienne, jouant ainsi un rôle complémentaire de support de l’urètre.
Delancey a décrit un fascia sous urétral en avant de la paroi vaginale antérieure qui pourrait aussi participer au soutien de l’urètre. En arrière de la base vésicale, ce fascia s’amincit considérablement si bien que le support est essentiellement assuré par les attaches latérales du vagin. Ce fascia, parfois décrit sous le terme de fascia de Halban, est paradoxalement épaissi lorsqu’il existe une cystocèle.
Ainsi, deux types de cystocèle ont été décrites en fonction de la zone de faiblesse qui peut être la paroi vaginale antérieure elle-même (central defect) ou bien une désinsertion de l’ATFP (lateral/paravaginal defect) . Ces deux types de lésion peuvent être associés.
La paroi vaginale antérieure a été subdivisée par Delancey en trois niveaux : le niveau II correspond à la paroi vaginale située derrière la vessie, le niveau III à celle située derrière l’uréthre.

Le support moyen

Les ligaments cardinaux et utérosacrés maintiennent l’utérus et le tiers supérieur du vagin dans l’enceinte pelvienne au-dessus du plan du muscle élévateur de l’anus. Le tissu conjonctif dense entourant le vagin et l’utérus portent les noms respectifs de paracolpos, paravagin, et paramètre.
Les ligaments cardinaux (aussi appelés les ligaments de Mackenrodt) s’étendent du col utérin et la partie supérieure du vagin jusqu’aux parois pelvienne. Leur zone s’insertion est assez étendue depuis la grande échancrure ischiatique en avant du muscle piriforme, la jonction sacro-iliaque et la partie latérale du sacrum. Les ligaments cardinaux sont une condensation de la partie caudale des ligaments larges et latéralement recouvrent les vaisseaux iliaques internes et leurs branches. Médialement, ils se poursuivent avec le paracolpos et les paramètres en entourant les vaisseaux utérins et vaginaux.
Les ligaments utérosacrés s’insèrent sur le col utérin et les culs-de-sac vaginaux en avant et sur le fascia présacral en arrière, en regard de l’articulation sacro-iliaque.
Les ligaments cardinaux et utérosacrés jouent un rôle direct sur la statique du col de l’utérus et du dôme vaginal, indirect dans la continence en supportant la base vésicale par l’intermédiaire des insertions sur le tiers supérieur du vagin. Les culs-de-sac vaginaux correspondent au niveau I de la subdivision de Delancey .

Le support postérieur

La paroi vaginale postérieure est maintenue latéralement par les ligaments cardinaux et ses insertions sur le fascia pelvien. Il existe un fascia rectovaginal qui s’étend de la poche recto-utérine (cul-de-sac de Douglas) au centre tendineux du périnée.
En 1987, Villet et al. ont proposé une distinction entre trois niveaux différents de la paroi vaginale postérieure.
Le niveau profond est maintenu par les ligaments utérosacrés et la partie postérieure des ligaments cardinaux.
Le niveau moyen est la partie la plus étendue de la paroi vaginale postérieure répondant au fascia rectovaginal amarré latéralement à l’arc tendineux du fascia du muscle élévateur de l’anus.
Le niveau superficiel correspond au centre tendineux du périnée sur lequel se terminent les expansions puborectales des élévateurs de l’anus. C’est à ce niveau que se trouve le cap anal. Ces trois niveaux sont confirmés par les récentes études de Hsu et al. portant sur les images obtenues par IRM.
On décrit ainsi des rectocèles hautes correspondant à la dégradation des utérosacrés et des ligaments cardinaux, des rectocèles moyennes correspondant à une véritable hernie de la paroi rectale à travers la cloison rectovaginale et des rectocèles basses liées à une destruction du centre tendineux du périnée.

L’orientation des viscères pelviens

L’orientation des viscères pelviens dans le cadre osseux du petit bassin, au-dessus du muscle élévateur de l’anus et du plancher pelvien joue un rôle dans la statique pelvienne. Cette orientation est acquise avec la station debout dans l’espèce humaine.

Les angulations

Dans le plan sagittal médian, l’ensemble des réservoirs (vessie, utérus, rectum) et de leur canal d’évacuation (uréthre, vagin, canal anal) ne sont pas rectilignes, mais présentent des angulations, antérieure en ce qui concerne les organes génitaux et urinaires, postérieure en ce qui concerne les viscères digestifs ().
Figure 5 : Les angles des viscères du pelvis. 1 : angle d’antéflexion utérine ; 2 : angle d’antéversion utérine ; 3 : cap vaginal ; 4 : arc pelvien (sacrum) ; 5 : angle vésico-urétrale ; 6 : angle anorectal ; 7 : détroit supérieur.
Chez une femme en position debout, vessie et rectum vide, le corps utérin est presque horizontal reposant sur le dôme vésical. L’isthme utérin est situé sur l’axe vrai du bassin, comme nous l’avons déjà vu, il serait même situé au centre de gravité du corps. Cet isthme représente l’angle entre le corps et le col de l’utérus, c’est l’angle dit « d’antéflexion ». Le col utérin est oblique en bas et en arrière, fixé avec l’axe du vagin oblique en bas et en avant, un angle de 90°, c’est l’angle d’antéversion. Ainsi, le col utérin s’implante sur la face antérieure du vagin. La cavité vaginale présente deux segments : un segment supérieur, répondant à la base de la vessie et un segment inférieur, répondant à la face postérieure de l’urètre. Ces deux segments forment entre eux un angle ouvert en arrière, de 140°, c’est le cap vaginal décrit par Béthoux et Bory . Au-dessus et en dessous de ce cap, la lumière vaginale se présente différemment, en effet, au-dessus, la lumière vaginale est sagittale, en dessous, elle est frontale. Le vagin a une situation beaucoup plus proche de l’horizontal, formant un angle de 50 à 60° avec l’horizontal.
Les trois tubes viscéraux pelviens ont en commun l’existence d’un angle à la jonction du segment pelvien et périnéal : cap urèthrovésical, cap vaginal, cap anorectal. Ces trois tubes sont solidaires et forment un ensemble fonctionnel.
La situation très postérieure du col utérin est remarquable, en effet, le col se projette en arrière de la verticale, passant par le cap anal et donc très près du plan du raphé anococcygien. Le col utérin répond par l’intermédiaire de la paroi vaginale postérieure et du rectum, au périnée postérieur sur lequel il prend appui.
Ainsi, les projections classiques du col, en regard de l’épine ischiatique, soulignent bien cette position postérieure : l’orifice externe du col est situé sur la ligne unissant la première ou la deuxième pièce coccygienne à la face postérieure de la symphyse pubienne et il est situé dans le plan frontal passant par les épines ischiatiques.

Dynamique pelvienne

Sur le plan fonctionnel, le vagin est perpendiculaire à la direction générale des forces d’expulsion, qui sont dirigées dans le même axe que le détroit supérieur, c’est-à-dire en bas et en arrière, vers la plaque lévatorienne. Son orientation en biseau dans l’épaisseur du plancher pelvien fait que toute hyperpression abdominopelvienne à tendance à accoler les parois vaginales l’une contre l’autre. Le col de l’utérus, situé dans l’axe de la poussée abdominale, est perpendiculaire au vagin va, du fait de sa position postérieure, prendre appui au cours de l’effort sur le périnée postérieur. Cela ferme également la poche recto-utérine (le cul-de-sac de Douglas).
La disparition de l’angle d’antéversion, qui tend à placer l’utérus et le vagin sur la même ligne ou la verticalisation du vagin, sont des facteurs hautement favorables d’un prolapsus même en l’absence de déficience du plancher musculaire périnéal, car elle place l’utérus, qui ne prend plus appui sur le périnée postérieur, dans l’axe du vagin. C’est ainsi que l’on peut observer des prolapsus chez la nullipare à utérus dit « rétroversé ».
Le déplacement de l’utérus, décrit par Berglas et Rubin , montre que la réplétion vésicale qui se fait au dépend du dôme vésical, soulève et verticalise l’utérus, alors que la réplétion rectale déplace l’utérus vers le haut et vers l’avant. L’association de la réplétion vésicale et de la réplétion rectale verticalise et ascensionne l’utérus.
Au cours de l’effort de poussée abdominale, l’utérus se déplace en bas et arrière et va s’appuyer, par l’intermédiaire de la paroi postérieure du vagin et du rectum, sur la plaque lévatorienne, c’est-à-dire sur le périnée postérieur. La limite physiologique du déplacement vers le bas du col utérin et du dôme vaginal est l’horizontale menée par la pointe du coccyx. La distance du col utérin au coccyx est alors moins de la moitié et parfois seulement le tiers de la distance du col au pubis. Au cours de ce même déplacement, la poche recto-utérine est parfaitement collabée.
Toujours lors de l’effort de poussée, le vagin devient rectiligne par disparition du cap vaginal et s’horizontalise. L’augmentation de la pression abdominale plaque le tube vaginal sur le plancher périnéal postérieur et accole ainsi les deux parois vaginales l’une contre l’autre.
Lors de la contraction du plancher pelvien, comme par exemple lors de l’effort de retenue, l’utérus se déplace vers le haut et vers l’avant et le vagin se verticalise, le cap vaginal se ferme, passant de 140 à 110° environ.
Il faut noter qu’au cours de ces deux mécanismes d’effort et de retenue, la mobilité relative du coccyx fait qu’il se déplace vers l’arrière lorsque l’hyperpression abdominale repousse le plancher pelvien et vers l’avant lorsque la contraction du plancher pelvien l’attire. Ainsi, est souligné le rôle fonctionnel majeur des muscles élévateurs de l’anus au cours de la poussée d’effort, ils représentent l’appui solide des viscères pelviens qui se déplacent en bloc vers l’arrière, lorsqu’ils se contractent, ils se tendent et s’horizontalisent, remontant le bloc viscéral.

Conflit d’intérêt

Aucun.