Adénomectomie prostatique voie haute

07 décembre 2003

Mots clés : fiche d'information patient, Adénomectomie, prostate, Adénome
Auteurs : AFU
Référence : Fiches d'information patient, 2002, 10, 1, 1-2
L'intervention a pour objectif l'ablation de l'adénome prostatique.

Rappel anatomique

La prostate est une glande située sous la vessie.
Pour sortir de la vessie, l'urine doit passer à travers la prostate, par l'urèthre.
Le rôle de la prostate est avant tout de participer à la formation du liquide séminal.

Pourquoi cette intervention ?

L'augmentation de volume de la prostate, ou adénome prostatique, est une affection bénigne qui peut avoir comme conséquence l'apparition progressive d'une gêne à l'évacuation de la vessie.
L’absence de traitement vous expose aux risques :
  • évacuation incomplète de la vessie, voire impossibilité complète d'uriner (rétention)
  • infection et/ou de saignement urinaire
  • détérioration des reins
L'intervention d'adénomectomie prostatique n'enlève pas toute la prostate, mais seulement la partie centrale responsable de l'obstacle. Cette intervention ne met pas à l'abri de la survenue ultérieure d'un éventuel cancer de la prostate. Selon les conseils de votre urologue, la surveillance de la prostate restante peut être recommandée.

Existe-t-il d'autres possibilités ?

Les autres traitements possibles sont :
  • les traitements médicamenteux
  • la résection endoscopique de la prostate qui consiste à enlever l'adénome en ayant recours à une intervention chirurgicale utilisant un appareil introduit par le canal de l'urèthre.
  • l'incision cervico-prostatique
  • par ailleurs, d'autres traitements sont en cours d'évaluation et font appel notamment à l'utilisation du laser, de la chaleur, du froid, des radiofréquences ou des ultrasons.
Le choix d'une intervention passant par voie abdominale plutôt que par le canal de l'urèthre est habituellement fait si la prostate est très volumineuse ou s'il existe une anomalie vésicale à traiter dans le même temps.

Préparation à l'intervention

Comme pour toute intervention chirurgicale, une consultation d'anesthésie pré-opératoire est nécessaire quelques jours avant l'opération.
Une analyse d'urines est réalisée avant l'intervention pour vérifier la stérilité des urines ou traiter une éventuelle infection, ce qui pourrait conduire à repousser la date de votre opération.
En prévention d'une infection, vous recevrez une dose d'antibiotique au début de l'opération.
L'opération peut se dérouler sous anesthésie générale ou loco-régionale.

Technique opératoire

Cette opération se déroule par une incision de la peau à la partie basse de l'abdomen.
Le chirurgien retire l'adénome en le séparant du reste de la prostate.
La partie enlevée est adressée au laboratoire pour analyse.
A la fin de l'opération, une sonde avec un lavage continu est mise en place dans la vessie.

Suites habituelles

Le lavage vésical est arrêté dès que les urines sont claires, et la sonde vésicale est enlevée selon les indications du chirurgien au bout de quelques jours.
La sonde vésicale est habituellement bien tolérée, mais elle peut parfois entraîner une gêne plus ou moins importante, le plus souvent à type de douleur spastique.
A l'ablation de la sonde, les urines sont claires ou parfois encore teintées de sang.
La durée de votre hospitalisation est variable, décidée par votre chirurgien en fonction des suites opératoires, de votre état général et de l'importance de votre opération.
La durée habituelle de cicatrisation de la zone opérée est de trois mois environ. Pendant ce temps, vous pouvez ressentir des brûlures en urinant, et avoir quelques fuites d'urine, souvent après des besoins pressants d'uriner.
Pendant quelques semaines après l'opération, il vous est recommandé de boire abondamment et d'éviter les efforts car un saignement dans les urines pendant les premières semaines post-opératoires est possible. Si ce saignement est important, une nouvelle hospitalisation peut être nécessaire.
Vous discuterez avec votre chirurgien de la date de reprise de vos activités.
Il est préférable d'éviter les rapports sexuels pendant un mois. Le désir et la qualité de l'érection sont le plus souvent non modifiés par l'intervention. Par contre après l'opération, l'émission de sperme est modifiée : le sperme reste en totalité ou en partie dans la vessie lors de l'éjaculation et part secondairement avec les urines.
Le résultat de l'analyse microscopique de l'adénome de prostate enlevé n'est connu que quelques jours après l'opération. Ce résultat sera transmis à votre médecin traitant.

Risques et complications

Toute intervention chirurgicale comporte un certain pourcentage de complications et de risques y compris vitaux, tenant non seulement à la maladie dont vous êtes affecté, mais également à des variations individuelles qui ne sont pas toujours prévisibles. Certaines de ces complications sont de survenue exceptionnelles et peuvent parfois n'être pas guérissables.
Au cours de cette intervention, le chirurgien peut se trouver en face d'une découverte ou d'un événement imprévu nécessitant des actes complémentaires ou différents de ceux prévus initialement, voire une interruption du protocole prévu.
Certaines complications sont liées à votre état général et à l'anesthésie ; elles vous seront expliquées lors de la consultation préopératoire avec le médecin anesthésiste et sont possibles dans toute intervention chirurgicale, en particulier le risque de phlébite et d'embolie pulmonaire dans ce type d'intervention.
D’autres complications directement en relation avec le geste opératoire de résection de prostate sont possibles :
  • Risque vital exceptionnel
  • Complications pendant l'opération et complications post-opératoires précoces
    1. Complications fréquentes
      • saignement modéré pouvant nécessiter l'ablation de quelques caillots par un lavage à la seringue au travers de la sonde.
      • infection urinaire
      • épididymite (infection des organes génitaux externes)
    2. Complications occasionnelles
      • hématome ou infection de la cicatrice
      • saignement pouvant nécessiter une ablation des caillots formés dans la vessie sous anesthésie et/ou une transfusion sanguine et/ou une ré-opération secondaire.
    3. Complications rares à exceptionnelles
      • écoulement d'urine par la cicatrice
      • infection de l'os du pubis
      • accidents électriques : brûlures cutanées, déprogrammation de pace-maker.
      • plaie d'un organe adjacent : urètère, vessie, intestin, vaisseaux du petit bassin;
  • Complications tardives
    1. Complications fréquentes
      • rétrécissements du méat uréthral, de l'urèthre ou du col vésical.
      • infections urinaires ou épididymaires.
      • incontinence mineure limitée à quelques gouttes terminales.
      • nécessité d'un retraitement : après cette opération le risque de ré-opération du même type pour la réapparition de troubles urinaires est environ de 5% dans les 10 ans.
    2. Complications occasionnelles
      • incontinence nécessitant le port de protection urinaire.
      • impuissance érectile : sa survenue est dépendante de l'âge et de l'état pré-opératoire.
      • éventration des muscles de la cicatrice.
Votre urologue se tient à votre disposition pour tout renseignement.