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Covid-19 : une nouvelle situation à risques

Compte tenu du contexte sanitaire dans lequel les urologues exercent depuis plus d’un an, il nous a semblé judicieux d’ajouter au programme d’accréditation la possibilité de déclarer une situation à risques liée au Covid.

La survenue de l’épidémie de Covid 19 a bouleversé l’organisation du système de santé. L’arrêt de toute activité programmée à compter du 15 mars 2020 a eu pour conséquence le retard de prise en charge et de suivi des patients avec probablement une chirurgie plus complexe lors de la reprise d’activité. La deuxième difficulté liée au phénomène épidémique est le risque de contamination d’un patient au cours de son hospitalisation, ou surtout, le développement d’un Covid 19 grave au décours de l’intervention chirurgicale soit par contamination postopératoire soit par révélation en postopératoire d’une forme asymptomatique. Le dernier risque est constitué par la possibilité d’une contamination des équipes soignantes par un patient atteint.

Mesurer le rapport bénéfice / risque
Les professionnels de santé n’ont pas de marge de manœuvre vis-à-vis de l’interdiction des activités programmées. Toutefois, il est important de mesurer le rapport bénéfice / risque face à un patient dont l’évolution de la pathologie pourrait entraîner une aggravation de séquelles fonctionnelles en cas de non prise en charge. Il existe également des situations dans lesquelles le risque vital peut-être engagé en particulier dans le cadre de la chirurgie tumorale. Enfin, la traumatologie doit être prise en charge dans les conditions les plus normales possibles.

Les conséquences
Autre obstacle apparu au décours du confinement : la désorganisation des programmes chirurgicaux liée à la pénurie de drogues anesthésiques de matériel chirurgical, de personnel médical et paramédical avec difficultés de priorisation des patients inter et extra spécialité. Enfin, les patients opérés juste avant le confinement n’ont pas pu bénéficier du suivi habituel, source de mauvais résultats fonctionnels mais également de retards de prise en charge des complications (ISO par exemple).
Il est avéré que les patients qui développent un Covid 19 en postopératoire ont un risque majeur de présenter une forme grave de celui-ci avec un taux de mortalité élevé (28 %). Le risque de développement d’un Covid au décours d’une hospitalisation reste possible, la mise en place de mesures barrières spécifiques permet de limiter au maximum cette possibilité, de même que le dépistage par questionnaire et test en cas de doute.

Un risque pour les soignants
Le risque de contamination des équipes soignantes est lui aussi avéré. Sa réduction passe par le respect des mesures barrières, la protection des professionnels ainsi que le dépistage. Le dépistage, l’identification des patients à risque de forme grave, la protection des personnels, la mesure du rapport bénéfice risque avant une décision chirurgicale effectuée dans le cadre d’une concertation multidisciplinaire, sont les moyens les plus efficaces afin d’atténuer les conséquences de l’épidémie sur l’acte chirurgical.
La prévention des difficultés de programmation nécessite l’évaluation régulière en équipe des ressources disponibles, afin de prioriser les interventions et les reprogrammations de patients. Plus encore que d’habitude, la check list s’avère indispensable afin d’éviter des no go ou des arrêts de procédure.

Image par Magnascan de Pixabay 

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