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Le Bionettoyage au bloc opératoire d’urologie

Auteurs : S. Malavaud, JR Zahar

Le bloc opératoire est probablement l’un des secteurs où le risque de contamination de l’environnement (surfaces et dispositifs médicaux) est le mieux contrôlé. En effet :

  • Le risque de transmission manuportée est concentré sur les personnels non chirurgicaux
  • Le risque de transmission par voie aérienne est réduit, du fait d’une part, du port de masque chirurgical par toute personne pénétrant dans la salle interventionnelle quelle que soit sa fonction, de la limitation des déplacements (y compris entrées et sortie), d’autre part par le taux de brassage de l’air que permettent les systèmes de traitement d’air caractérisant les « zones à environnement maîtrisé » que sont les blocs opératoires
  • Le risque prépondérant est celui de projections de sang et liquides biologiques et d’éventuels micro-organismes qu’ils contiennent, ainsi que ceux provenant de patients contaminés, par ex par des BMR.

L’entretien du bloc opératoire obéit à des règles de bon sens, s’appuyant :

  • Sur les principes du bionettoyage des surfaces (détergence-désinfection de contact, dite de bas niveau pour les dispositifs médicaux réutilisables à faible risque infectieux, selon la classification de Spaulding ) et des sols;
  • Sur un découpage en trois circonstances, « l’entre deux », le « fin de programme » et l’hebdomadaire.

Les principes du bionettotage sont :

  • l’essuyage et la détergence, sans délai ou le plus rapidement possible, de toutes surface souillée, suivie d’un rinçage et d’une désinfection ;
  • la détergence-désinfection des surfaces visuellement non souillées, généralement à l’aide de produits détergents-désinfectants appliqués sur un support (lingettes, carrés d’essuyage…) L’utilisation de méthodes physiques telles que la vapeur permettent de faire détergence et désinfection et trouvent leur place dans un protocole hebdomadaire ;
  • pour les sols : dépoussiérage par balayage antistatique et/ou nettoyage par balayage humide avec un détergent-désinfectant.

Les circonstances :

L’entre-deux : il commence par l’évacuation de tous les déchets, linge, instrumentation, endoscopes, aspirations, dispositifs médicaux réutilisables divers, hors de la salle interventionnelle – c’est le plus long. S’en suit un bionettoyage des surfaces et objets les plus manipulés et les plus proches du patient (plateau de la table opératoire, appuie-bras, billots, géloses anti-escarres, accessoires de table, scialytique, bras techniques, poignées des chariots…). Le sol est entièrement nettoyé s’il a été souillé, sinon on se contente d’un dépoussiérage complet de la salle, suivi d’un nettoyage humide autour du pied de table.

Le « fin de programme » : l’ensemble des dispositifs médicaux (surfaces externes des respirateurs et appareils de monitorage, seringues électriques, chariots respirateur et matériels, colonnes de vidéo, câbles, console et bras de robot…) doivent faire l’objet d’une détergence-désinfection de contact, le sol fait l’objet d’un dépoussiérage par balayage antistatique et nettoyage par balayage humide avec un détergent-désinfectant.

L’hebdomadaire : intégrera les surfaces les plus distantes, les tiroirs des chariots, les murs, les grilles de ventilation, les plafonds soufflants et les sols.

L’ensemble de ces opérations doit être enregistrée.

La figure ci-dessous résume la fréquence recommandée (in Global Guidelines for the prevention of surgical site infection, WHO, 2016)

 

Le SARSCov2 étant un virus enveloppé, facilement détruit par les produits et techniques habituelles du bionettoyage, l’irruption de ce virus dans la vie des BO ne doit pas conduire à une modification des protocoles de bionettoyage habituellement appliqués en bloc opératoire.

Au total : le bionettoyage du BO fait partie intégrante de la prévention des infections post-opératoires. Sa durée dépendra de la quantité et de la diversité du matériel utilisé, ainsi que du degré de contamination dont les gestes sont responsables (émission de sécrétions bronchiques lors de l’intubation, voire extubation, saignements, projections, liquides de lavage), elle peut évaluée, souvent être anticipée et prise en compte dans l’ordonnancement du tableau opératoire

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