Tumorectomie rénale par voie laparoscopique : le clampage est-il utile ou délétère ?
Introduction et objectifs : L’indication de chirurgie conservatrice en présence d’une tumeur du rein inférieure à 4 cm est une option qui doit être proposée. L’abord chirurgical à ciel ouvert est bien standardisé. L’approche coelioscopique est possible dans les cas où la tumeur est en situation exophytique et périphérique. L’objectif de cette étude est d’évaluer la faisabilité et les conséquences fonctionnelles de la tumorectomie rénale avec clampage du pédicule et sans réfrigération par voie coelioscopique transpéritonéale.
Matériels et méthodes : entre Juin 2002 et Mai 2005, 23 patients ont bénéficié d’une tumorectomie par voie coelioscopique transpéritonéale avec clampage du pédicule. L’âge moyen des patients était de 63.8 (+/- 11.2), la taille moyenne des lésions était de 24 mm (17-33). 10 patients ont accepté de réaliser, en postopératoire, une scintigraphie rénale au DMSA Tc99M (0.05 MCi/kg), avec un recul d’un an.
Résultats : la durée moyenne d’ischémie était de 42 mn (23-55), le saignement per-opératoire moyen était de 230 ml (150-800), pas de transfusion, la durée d’hospitalisation moyenne était de 6.5 jours (5-9). Aucune complication significative en post-opératoire n’a été notée.Au plan anatomopathologique : 19 adénocarcinomes, 4 oncocytomes. 1 patient présentait une marge douteuse sans récidive avec un recul de 3 ans. La créatininémie pré et post opératoire était respectivement de 97 micromoles/l (65-188) et 106 (70-194). Au DMSA, tous les reins sont fonctionnels et la perte de fonction moyenne était de 24 % par rapport à la fixation théorique pour l’âge et de 16 % par rapport au rein controlatéral sain.
En conclusion : la tumorectomie rénale par voie laparoscopique avec clampage du pédicule sans réfrigération est une technique reproductible, fiable, dont les conséquences sur le parenchyme rénal parraissent limitées. Il s’agit cependant d’une technique difficile à réserver aux tumeurs périphériques.