Troubles vésico-sphinctériens et complications de l’appareil urinaire des patients ayant une sclérose en plaques. Etude à partir d’une cohorte de 328 patients.
Objectifs. Les troubles vésico-sphinctériens (TVS) dans la Sclérose en plaques (SEP) sont fréquents et ont un retentissement fonctionnel et organique. Afin d’adapter leur prise en charge, il est important de bien connaître les complications urinaires et leurs facteurs de risque.
Méthodes. Entre 2004 et 2009, 328 patients atteints de SEP, porteurs des troubles vésico-sphinctériens ont été pris en charge au sein d’une consultation multidisciplinaire de neuro-urologie. Les paramètres étudiés étaient la présence d’au moins une complication urinaire, les données épidémiologiques (âge, sexe), cliniques (durée d’évolution de la SEP, score EDSS, forme évolutive de la SEP, symptômes urinaires) et paracliniques (clairance de la créatinine sur 24 heures, échographie vésico-rénale et bilan urodynamique et urétrocystographie rétrograde).
Résultat. Cent-cinq hommes et 223 femmes (32 %/68 %), âgés en moyenne de 49,8 ± 0,68 ans, ayant une SEP, de durée moyenne d’évolution de 14,3 ± 0,6 années et de niveau EDSS médian égal à 6 (minmax : 19) ont été pris en charge ; 178 patients (54 %) ont eu une ou plusieurs complications urinaires : complications sur le bas appareil urinaire chez 74 patients (23 %), sur le haut appareil urinaire chez 67 patients (20 %) et les deux associées chez 37 patients (11 %). La clairance de la créatinine sur 24 heures était diminuée (< 60 mL/min) chez 50 patients (16 %). Les facteurs associés à la présence de complications urinaires étaient l’âge, le sexe féminin, la durée d’évolution de la SEP et le score EDSS. Le délai médian d’apparition de complications urinaires, étudié selon la méthode de Kaplan-Meier, était de 20 ± 1,4 ans d’évolution de la SEP, le risque de complications augmentant significativement après dix ans.
Conclusion. Cette étude confirme la fréquence élevée des complications urinaires dans la SEP, qu’elles surviennent au-delà de dix ans d’évolution et montre que les facteurs de risque sont l’âge, le sexe féminin, la durée d’évolution de la SEP et le score EDSS. Elle montre également la présence d’une altération de la fonction rénale dans 16 % des cas.