Traitement mini-invasif de l’incontinence urinaire d’effort féminine par la bandelette TVT-O(Gynecare) : à propos de 23 ablations
Objectifs. Analyser les complications de la bandelette sous-urétrale (BSU) TVT-O et leur prise en charge.
Méthodes. De janvier 2011 à février 2013, 23 patientes d’âge moyen 59 ans (3582) ont bénéficié de l’ablation d’un TVT-O, précédemment implanté dans d’autres centres. Leur évaluation a été clinique, endoscopique, radiologique par urétrocystographie mictionnelle, par questionnaire USP et échelle EVA pour les douleurs. La résection de la partie vaginale de la bandelette a été réalisée dans tous les cas, avec un abord sus-pubien en cas d’érosion vésicale. La réparation des pertes de substance urétrales importantes a été effectuée par interposition d’un implant biologique de Surgisis (Cook).
Résultats. L’indication de l’ablation était une obstruction avec dysurie majeure (score moyen USP de 6 sur 9) chez 20 patientes (87 %), dont 3 avaient déjà eu une section, associées à des fuites sur urgenturie (score moyen de 16 sur 21) chez 14 patientes (61 %). 10 patientes (43 %) avaient des douleurs obturatrices, fessières ou périnéales (EVA moyen à 4 sur 10) avec une dyspareunie associée chez les patientes sexuellement actives. Une patiente était sous morphiniques. L’indication de résection pour le seul motif des douleurs a été posée dans un cas. En préopératoire, 3 patientes avaient une érosion urétrale et 4 patientes une érosion vésicale. Le délai moyen entre l’implantation et l’ablation était de 34,8 mois (696). En peropératoire, la bandelette était dans la paroi urétrale chez 8 patientes. La réparation a été complétée par implant de Surgisis chez 11 patientes. La cicatrisation et la levée de l’obstruction ont été obtenues dans tous les cas. Les fuites sur urgenturie ont persisté chez les 4 patientes au temps d’obstruction le plus long. 6 patientes (26 %) ont eu une récidive de l’incontinence urinaire d’effort.
Conclusion. La méconnaissance d’une obstruction après BSU. Risque d’entraîner la persistance de fuites sur urgenturie par altération vésicale si la levée de l’obstacle est tardive. La section seule paraît illusoire du fait de la fibrose, contrairement à la résection qui permet de lever l’obstacle, indiquée également en cas de douleurs chroniques. La possibilité d’un passage intravésical du TVT-O pose la question de l’endoscopie peropératoire, qui n’est pas faite habituellement.