Traitement endoscopique par polydiméthylsiloxane du reflux vésico-urétéral du rein transplanté et prévention des pyélonéphrites du greffon
Objectifs. L’impact des pyélonéphrites du greffon (PNG) associées à un reflux vésico-urétéral (RVUG) sur le fonctionnement du transplant justifie une attitude thérapeutique qui reste à préciser. L’objectif de l’étude était d’évaluer les taux de succès du traitement endoscopique et les facteurs prédictifs de récidive de PNG.
Méthodes. Quarante-huit patients traités par injection de polydimethylsiloxane (IEP) pour 51 RVUG responsables de PNG entre 2000 et 2012 étaient inclus rétrospectivement. Les reflux étaient classés par cystographies rétrogrades en bas grade (I+II) (BG) et haut grade (III+IV+V) (HG). L’échec du traitement était défini par la récidive de PNG. Les variables étudiées étaient les présences d’une diurèse résiduelle et d’un reflux natif, le nombre de PNG, le délai de survenue post-greffe, les grades du reflux et créatininémies prétraitement, l’expérience du chirurgien. Les taux de survies sans récidive (SSR) étaient calculées selon la méthode de Kaplan-Meier et une régression de Cox utilisée pour l’analyse des facteurs pronostiques.
Résultats. L’âge médian était de 50 ans (EIQ : 3763), le suivi de 25 mois (EIQ : 1037). Les groupes BG (n = 24) et HG (n = 27), comparables pour toutes les variables étudiées (p > 0,05), comprenaient respectivement 4, 20, 21, 5 et 1 reflux de grades I à V. Aucune obstruction post-injection n’était observée. Le taux de succès global était de 70,6 % (n = 36). Les SSR à 1 et 3 ans de l’IEP étaient de 70,6 % et 64,2 %, sans différence entre les groupes (p = 0,549). La récidive (n = 15) survenait à 5 mois (EIQ : 39) indépendamment du grade (p = 0,131), avec 75 % de reflux persistants. Trois facteurs pronostiques indépendants d’échec étaient retrouvés : l’absence de diurèse résiduelle prégreffe (p = 0,014), la présence d’un trouble de la vidange vésicale (p = 0,001) et l’expérience limitée du chirurgien (p = 0,006). Pour les patients traités par un chirurgien sénior (n = 32), l’absence, la présence d’un, puis de 2 facteurs de risque étaient associées à des SSR à 2 ans de respectivement 100 %, 51,9 % et 33,3 % (p < 0,001).
Conclusion. L’IEP, réalisée par un opérateur sénior, est associé à l’absence de récidive de PNG à 2 ans chez un patient sans trouble de la vidange vésicale avec diurèse résiduelle prégreffe. Le traitement endoscopique est la 1re option à proposer pour prendre en charge le RVUG symptomatique.