Accueil > Les évènements de l’AFU > Congrès français d'Urologie > 107ème Congrès Français d’Urologie – 2013 > Traitement du cancer de prostate localisé par cryothérapie totale per-cutanée sous contrôle échographique
Ajouter à ma sélection Désélectionner

Traitement du cancer de prostate localisé par cryothérapie totale per-cutanée sous contrôle échographique

Objectifs.– La cryothérapie offre une alternative curative aux traitements de référence du cancer localisé de la prostate, et s’applique en premier lieu aux tumeurs de faible risque voire de risque intermédiaire.

Méthodes.– Nous présentons le cas d’un patient de 72 ans porteur d’un adénocarcinome prostatique Gleason 6 (3 + 3), PSA à 7,40 ng/ml, T1c, bilatéral (base droite : 3 mm, base gauche : 1 mm, médian gauche : 1 mm). Le bilan d’extension (IRM, scintigraphie osseuse) était négatif. L’indication de cryothérapie a été posée devant l’âge, les antécédents de triple pontage, d’HTA, de polyarthrite rhumatoïde et le refus du patient d’une surveillance active ou d’une radiothérapie. Devant le caractère bilatéral des lésions et l’absence d’impératif érectile une cryothérapie totale a été décidée. Un traitement par alpha bloquant et inhibiteur de la 5 alpha réductase a été débuté un mois avant la procédure et poursuivit pour 3 mois. Le traitement s’effectue sous anesthésie générale, patient en position de la taille, un champ stérile laissant accès au périnée. La prostate est repérée grâce à une sonde échographique endo-rectale bi-plan. Les aiguilles délivrant le froid sont placées directement dans la prostate selon une cartographie précise à travers une grille périnéale. Des capteurs thermiques de contrôle sont placés de la même manière ainsi que des aiguilles de réchauffement éventuel dans le fascia de Denonvilliers. Une fibroscopie urétro-vésicale est ensuite réalisée pour vérifier l’absence d’aiguilles transfixiant l’urètre et permettre la mise en place d’un réchauffeur urétral. Deux cycles de congélation (gaz Argon) de 10 minutes chacun, entrecoupés de cycles de réchauffement passif puis actif (gaz Hélium) ont été réalisés sous contrôle échographique en temps réel de la formation de la boule de glace et le suivi en permanence des capteurs thermiques pour réguler le débit d’Argon sur les différents groupes d’aiguilles. L’intervention se termine par la mise en place d’une sonde vésicale et d’un pansement compressif périnéal.

Résultats.– La procédure a duré 2h30. Le pansement compressif a été ôté à j2, la sonde vésicale à j4, la sortie autorisée à j5. Le patient ne présentait aucune incontinence urinaire, ni dysurie, ni troubles intestinaux dans le suivi. L’efficacité du traitement est fondée sur la valeur du PSA post-opératoire : 0,04 ng/ml (3 mois), 0,14 ng/ml (6 mois), 0,21 ng/ml (12 mois), 0,34 ng/ml (18 mois) et 0,38 ng/ml (24 mois).

Conclusion.– La cryothérapie prostatique totale, qui n’a pas pour objectif la préservation des nerfs érecteurs, est une procédure actuellement bien standardisée et de faible morbidité. Il s’agit d’une option thérapeutique en cours d’évaluation car le recul reste encore actuellement insuffisant pour juger de l’efficacité à long terme.