Résultats carcinologiques et en survie sans progression biochimique après prostatectomie totale pour cancer de la prostate à haut risque
Objectifs. La prostatectomie totale (PT) est devenue une option thérapeutique reconnue pour le cancer de la prostate à haut risque selon D’Amico (CPHR). Les objectifs étaient d’une part d’identifier des sous-groupes associant 1, 2 ou 3 critères agressifs (cT2c-T3a, PSA > 20 ng/mL, score de Gleason (SG) > 7) parmi les CPHR opérés, d’autre part de définir le risque de progression de chaque sous-groupe.
Méthodes. Les caractéristiques des pièces de 4795 PT réalisées dans 2 CHU de 1991 à 2011 ont été analysées en étudiant les patients opérés d’un CPHR. Après la PT, les patients ont été suivis à intervalles réguliers (6 mois) avec dosage du PSA jusqu’à progression. Des sous-groupes ont été créés afin de déterminer si un nombre croissant (1, 2 ou 3) de critères d’agressivité tumorale (cT2c-T3a ; PSA ? 20 ng/mL ; SG ? 7) était associé à des résultats carcinologiques plus péjoratifs et à une récidive biochimique précoce (PSA > 0,2 ng/mL). Ces résultats ont été comparés en utilisant un test de Fisher et un test de Kaplan-Meier a été réalisée pour comparer la survie sans récidive biochimique (SSRB) (différence significative si p < 0,05).
Résultats. Parmi les patients, 391 ont été traités par PT pour un CPHR (8 %). L’âge médian était de 64 ans. Le taux d’envahissement ganglionnaire était de 11 % et le taux de marges positives de 41 %. Les traitements complémentaires ont été : radiothérapie adjuvante 8 %, radiothérapie de rattrapage 10 %, hormonothérapie 11 % et hormono-chimiothérapie 3 %. La majorité des patients ne présentaient qu’un critère d’agressivité (79 %). La médiane de suivi a été de 36,9 mois et le taux de SSRB était de 65 %. Le SG ? 8 était le critère d’agressivité le plus fréquemment retrouvé (58 %). Le nombre croissant de critères d’agressivité avait un impact péjoratif sur les résultats carcinologiques de la pièce opératoire (différence significative, Tableaux 1 et 2). Cependant, il n’a pas été mis en évidence de critère péjoratif prédominant.
Conclusion. Le pronostic après PT n’est pas uniforme dans le groupe des CPHR. La combinaison des 3 critères de haut risque identifie les cancers les plus agressifs. À l’inverse, pour les patients ayant uniquement 1 critère agressif, la PT donne un bon contrôle carcinologique et un taux de survie correct.
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Figure 1 Survie sans récidive biochimique (courbe Kaplan-Meier).
