Résistance et virulence de souches d’Escherichia Coli uropathogènes isolées de patients hospitalisés en service d’urologie : observatoire prospectif français
Objectifs. Les services d’urologie sont particulièrement concernés par la prise en charge des infections urinaires. En revanche, il existe peu de données concernant l’état de la résistance et de la virulence des souches d’E. Coli uropathogènes isolées dans ces services. Il nous a semblé important de faire le point de la résistance et de la virulence d’E. Coli en urologie.
Méthodes. Nous avons réalisé une étude prospective dans 5 services d’urologie du 1er mars 2009 au 28 février 2010. Tous les patients ayant une colonisation urinaire, une cystite aiguë, une pyélonéphrite aiguë ou une prostatite aiguë avec isolement en monoculture d’un E. Coli ont été inclus. La sensibilité aux principaux antibiotiques a été déterminée selon le CA-SFM. Par biologie moléculaire ont été caractérisées les bêta-lactamases, déterminés la présence de gènes de résistance plasmidiques aux quinolones, les phylotypes et les génotypes de virulence.
Résultats. Nous avons inclus 210 patients (âge moyen de 65,8 ans) dont 109 femmes, comprenant : 67 colonisations (31,9 %), 52 cystites aiguës (24,7 %), 35 pyélonéphrites aiguës (16,7 %), 56 prostatites aiguës (26,7 %). Il s’agissait d’une affection communautaire dans 152 cas (72,4 %). Les taux de résistance à l’amoxicilline, à l’amoxicilline-acide clavulanique, au cotrimoxazole et aux fluoroquinolones étaient plus élevés que les taux nationaux avec respectivement 61,7 %, 37,8 %, 37,3 % et 24,9 % de résistance. Les taux de résistance aux céphalosporines de troisième génération étaient comparables aux taux nationaux (7 %), liés principalement aux bêta-lactamases de CTX-M. Il n’a pas été mis en évidence de gènes de résistance plasmidiques aux quinolones. Une fréquence significativement plus importante de certains gènes de virulence (adhésines, capsules, sidérophores) ainsi que des phylotypes de virulence (B2 et D) ont été mis en évidence au cours des infections par rapport aux colonisations.
Conclusion. Au vu de ces résultats, les taux de résistance d’E. Coli aux principaux antibiotiques, en dehors des céphalosporines de troisième génération sont plus importants que dans la population générale. Il est donc nécessaire que les services connaissent leur écologie afin d’adapter leurs antibiothérapies probabilistes. En ce qui concerne la virulence cette étude confirme que les souches isolées d’infections sont plus virulentes que celle isolée de colonisation.