Placer une bandelette sous-urétrale après promontofixation laparoscopique : pour qui et quand ? Apport des critères d’un centre pluridisciplinaire
Objectifs. Les troubles de la statique pelvienne et l’incontinence urinaire féminine nécessitant une sanction chirurgicale ont longtemps bénéficié d’une promontofixation par laparotomie, avec colposuspension synchrone à visée curative ou préventive. La laparoscopie associée à une bandelette prothétique sous-urétrale (BSU) ayant rapidement changé les habitudes chirurgicales, notre objectif est maintenant de savoir s’il faut ou non-placer cette bandelette, de manière synchrone ou différée, selon quels critères.
Méthodes. Nos patientes, opérées d’une promontofixation laparoscopique avec ou sans BSU entre 2004 et 2011, bénéficiaient d’une évaluation clinique, urodynamique, IRM, manométrique si besoin, et d’une décision opératoire concertée en réunion pluridisciplinaire. Les indications retenues (Fig. 1) de BSU synchrone étaient l’incontinence urinaire patente, masquée ou potentielle sauf en cas d’antécédent de colposuspension, de bandelette sous-urétrale, de dysurie, d’hyperactivité détrusorienne ou de vessie distendue (hypervolémique, hyposensible, hypercompliante). Un suivi régulier était ensuite assuré avec évaluation subjective et objective du résultat sur l’incontinence urinaire.
Résultats. Cent trente-quatre patientes âgées en moyenne de 58,2 ans [37,678,7] bénéficient d’une promontofixation laparoscopique. Soixante et un (45,5 %) ont simultanément une BSU (Fig. 2 : stratégie 1), 73 (54,5 %) sont réévaluées à 3 mois (Fig. 2 : stratégie 2). Dans les 2 cas on n’observe aucune dysurie, rétention postopératoire ou infection du matériel prothétique. Dans le premier cas, le taux de succès (patientes sèches) est de 78,7 % à 3 mois et de 77 % à 2 ans. Dans le second, il est de 53,4 % à 3 mois mais 69,9 % à 2 ans, significativement comparable au premier (p = 0,33), avec un taux de chirurgie complémentaire de seulement 18 %, et un maintien de l’absence de morbidité postopératoire.
Conclusion. Nos résultats sont donc conformes aux données de la littérature mais sans complication postopératoire invalidante. Ils nous confortent dans nos critères de choix (Fig. 1) de BSU synchrone à une promontofixation laparoscopique et soulignent le bénéfice d’une prise en charge multidisciplinaire concertée.