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Place des opiacés dans la survenue d’une rétention chronique d’urine chez la femme

Objectifs.- Déterminer la proportion de patientes traitées par opiacés adressées en consultation pour rétention chronique d’urine et évaluer la place de ces derniers dans la survenue de la rétention.

Méthodes.- Entre janvier et décembre 2008, 61 femmes âgées en moyenne de 38,6 ans ont été adressées dans un centre de référence tertiaire anglais pour rétention chronique d’urine. Les patientes avaient toutes un bilan neurologique et urodynamique, une électromyographie (EMG) et une mesure échographique du volume du sphincter externe de l’urèthre.

Résultat.- Sur les 61 femmes, 24 (39 %) recevaient des opiacés (morphine (12), tramadol (12), oxycodone (2) et fentanyl (1)). L’indication était des douleurs pelviennes dans 8 cas, des douleurs abdominales dans 4 cas et des douleurs dorsales et/ou musculaires dans 12 cas. Chez ces 24 patientes, une cause de rétention chronique d’urine autre que la prise d’opiacés a été mise en évidence dans 11 cas (46 %) sous la forme d’un désordre primaire de la relaxation sphinctérienne dans 7 cas, d’une pseudo-obstruction intestinale chronique dans 2 cas et d’une obstruction sous-vésicale postopératoire dans 2 cas. Les investigations ont été incomplètes dans deux cas. Chez 11 (46 %) patientes, le seul facteur pouvant expliquer la rétention était la prise d’opiacés. Dans 2 cas, le traitement a pu être interrompu et les patientes ont repris des mictions spontanées.

Conclusion.- La proportion de patientes en rétention chronique d’urine traitées par opiacés est élevée. Toutefois, il apparait que dans 46 % des cas une autre cause à la survenue de la rétention est mise en évidence.