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Les antiagrégants et anticoagulants augmentent-ils le risque de complications hémorragiques de la photovaporisation prostatique par laser Greenlight®

Objectifs.– La photovaporisation par laser Greenlight® (PVP) est une alternative à la résection transuréthrale de prostate (RTUP) particulièrement indiquée chez les patients à risque hémorragique. L’objectif de cet article était d’évaluer si la prise d’anticoagulants ou d’antiagrégants chez les patients traités par PVP était associée à un risque accru de complications, et de rechercher les facteurs de risque de complications hémorragiques.

Méthodes.– Tous les patients traités pour hyperplasie bénigne de prostate par PVP entre novembre 2005 et janvier 2013 ont été inclus prospectivement dans une étude monocentrique. Selon le risque lié à l’arrêt des anticoagulants ou antiagrégants pour chaque patient, ces traitements ont été arrêtés 5 jours avant l’intervention ou poursuivis. La fréquence des complications hémorragiques per- et postopératoires (saignement imposant la conversion en RTUP, transfusion, décaillotage, hématurie prolongée) dans chaque groupe a été comparée par le test de Chi2. Les facteurs de risque de complications hémorragiques per- et postopératoires ont été recherchés en analyse multivariée par régression logistique binaire.

Résultats.– Sur 446 patients, 370 traités par PVP ont été analysés : 17 (4,6 %) étaient sous anticoagulation efficace, 108 (29,2 %) sous aspirine et 16 (4,3 %) sous clopidogrel. On dénombrait 39 complications hémorragiques (10,5 %). En analyse univariée, aucune différence significative n’était retrouvée sur la fréquence des complications hémorragiques entre les groupes anticoagulants poursuivis, anticoagulants arrêtés et pas d’anticoagulants (17,6 % vs 10,5 % vs 9,8 %, p = 0,49) ; les résultats étaient similaires avec les antiagrégants, soit respectivement (14,8 % vs 6,5 % vs 9,1 %, p = 0,21) pour l’aspirine et (6,3 % vs 14,8 % vs 10 %, p = 0,48) pour le clopidogrel. La prise d’anticoagulants ou d’antiagrégants n’était pas un facteur de risque hémorragique en analyse multivariée, le seul facteur de risque était le faible nombre de joules/grammes de prostate (OR = 0,9995, IC95 = 0,9991–0,9998, p = 0,004). Quatre complications vasculaires sont survenues : 3 infarctus dont 2 chez des patients pour qui l’aspirine était arrêtée, une phlébite chez un patient pour qui un relais AVK par HBPM était effectué.

Conclusion.– La poursuite des anticoagulants ou antiagrégants ne semble pas augmenter le risque de complications hémorragiques de la PVP. Leur arrêt en vue de l’intervention augmente le risque d’accidents vasculaires graves. Il faut donc poursuivre ces traitements pour effectuer une PVP.

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