LES AFRO-ANTILLAIS RESIDANT EN FRANCE REPRESENTENT-ILS UNE POPULATION A RISQUE DE CANCER PROSTATIQUE ?
Objectifs : Déterminer dans quelle mesure les patients afro-antillais pris en charge en France métropolitaine représentent une population à risque de cancer de la prostate.
Patients et méthodes : Cette étude prospective porte sur 618 patients consécutifs (518 caucasiens et 64 afro-antillais) soumis à des biopsies de prostate pour anomalie au TR et/ou du PSA et 445 patients consécutifs traités par prostatectomie radicale pour un cancer de prostate classé T1 ou T2 (404 caucasiens et 39 afro-antillais). Dans le groupe des patients biopsiés, nous avons comparé les données cliniques, le rendement des biopsies et leur résultats histologiques entre les différentes ethnies. Dans le groupe des patients opérés, nous avons également comparé l’histologie de la pièce opératoire et les données issues du suivi des patients.
Résultats : Les patients afro-antillais sont plus jeunes au moment du diagnostic (61.59 vs 65.54 ans, p=0.01) et au moment de la prostatectomie (61.20 vs 64.8 ans, p=0.002) et ont une densité de PSA plus élevée (0.99 vs 0.81, p=0.008). Pour l’ensemble des autres items étudiés : données du TR, PSA, taux de positivité, nombre de carottes envahies, Gleason, lésions de dysplasie, statut capsulaire, critères histologiques de la pièce de prostatectomie, suivi moyen, taux et délais moyens de progression biologique, statut au terme du suivi), il n’y a pas de différence statistiquement significative.
Conclusion : Le cancer de la prostate apparaît plus précocement chez les patients afro-antillais pris en charge en France. Son profil clinique, biologique, histologique et pronostic est identique au cancer prostatique des patients caucasiens. Ces données sont différentes de celles de la littérature nord américaine. Ainsi, si on doit proposer un dépistage à un patient afro-antillais, il doit être fait plus précocement.