L’élargissement des indications entraine-t-il une augmentation de la morbidité de la chirurgie conservatrice du rein ?
Objectifs: Evaluer si un élargissement des indications de la néphrectomie partielle (NP) pour des tumeurs de plus de 4 cm induit un surcroît de morbidité.
Matériel et méthodes. 707 NP effectuées dans 7 centres français ont été revues. Les tumeurs <= 4 cm (groupe 1) étaient comparées aux tumeurs supérieures à 4 cm (groupe 2) pour : la durée opératoire, la nécessité d’un clampage pédiculaire, le saignement per opératoire, le taux de transfusion, les taux de complications médicales et chirurgicales, la durée d’hospitalisation.
Résultats. 562 tumeurs étaient de taille <= 4cm (79.5%) et 145 étaient > 4cm (20.5%). Les indications étaient plus souvent de nécessité dans le groupe 2 (57.2% vs 23%, p :0.0001). La durée opératoire (164 min vs 147 min), le saignement per-opératoire (602 ml vs 361 ml), le taux de transfusion (22.1% vs 6.8%) et la durée moyenne d’hospitalisation (12.9j vs 10.5j) étaient significativement augmentés dans le groupe 2 (p :0.0001). La nécessité d’un clampage pédiculaire (57.9% vs 46.1%, p :0.01), le taux de complications chirurgicales (20.7% vs 13.2%, p :0.02) étaient également en défaveur du groupe 2. Le taux de complications médicales était comparable dans les 2 groupes.
Conclusion. La présente étude suggère que le rapport risque bénéfice doit être bien analysé avant de proposer une NP élective à un patient pour une tumeur >= T1b. Le patient doit être informé des risques de complications potentielles de cette chirurgie afin de faire le choix éclairé de la NP ou de la néphrectomie élargie dans cette indication.