Le sphincter urinaire artificiel American Medical System 800 (AMS, Mineapolis, MN, USA) pour le traitement de l’incontinence urinaire féminine par insuffisance sphinctérienne : technique opératoire
Objectifs.– L’insuffisance sphinctérienne rend compte d’un taux d’échec immédiat ou secondaire des traitements de première intention de l’incontinence urinaire féminine par insuffisance sphinctérienne (IS). Son traitement le plus efficace et le mieux validé reste aujourd’hui la mise en place d’un sphincter urinaire artificiel American Medical System 800 AMS(, Mineapolis, MN, USA). Cependant, il reste faiblement indiqué, voire pratiqué par méconnaissance et absence de formation à la technique opératoire.
Méthodes.– La mise en place du sphincter AMS 800 chez la femme obéit à des règles techniques incontournables qui sont décrites étape par étape :
– abord d’un espace de Retzius souvent multi-opéré et siège d’adhérence ;
– abord du col vésical par ses faces latérales et le repérage du plancher pelvien ;
– dissection vaginale à l’aide de doigts intravaginaux soutenant, tendant et contrôlant le repérage de l’épaisseur tissulaire vaginale ;
– préparation du tunnel rétrocervical permettant la mise en place d’un dissecteur prévaginal refoulant l’urètre en avant ;
– contrôle de l’hémostase et mise en place d’un mesureur de la circonférence du col vésical (6,5 cm en moyenne chez la femme selon la littérature) ;
– mise en place de la manchette purgée et vidée ;
– montage de l’ensemble du reste du sphincter urinaire et fermeture de l’incision. Le film revient sur ces différentes étapes de façon didactique.
Résultat.– Les obstacles à vaincre en peropératoire dont d’éviter une plaie vésicale ou urétrale dans la zone de mise en place de la manchette, ainsi qu’une plaie vaginale. En présence de difficultés de dissection, un abor vésical au dôme peut permettre par une cystotomie de repérer les parois vésicales et de disséquer le col vésical par contrôle de sa face endoluminale. En présence de corps étrangers d’anciennes interventions (colposuspensions, bandelettes synthétiques, etc.) tout matériel doit être supprimé et prélevé à visée bactériologique. Une infection d’anciens matériels découverte en peropératoire faire reculer et impose de stopper l’intervention de pose d’un SAU.
Conclusion.– L’amélioration légitime de qualité de vie des patientes incontinentes et porteuses d’une IS peut passer par la mise en place d’un SAU sous réserve d’une parfaite maîtrise de l’indication, du geste opératoire, de la connaissance de l’environnement péri opératoire et du suivi à moyen et long terme. À ce prix et en développant leurs connaissances techniques de cette intervention, les urologues apportent un bénéfice clinique évident en termes de continence qui doit toujours prendre en compte une morbidité peropératoire et un risque de révision technique à long terme.