Le Nerve Growth Factor (NGF) peut-il être un biomarqueur de l’activité vésicale ? Premiers résultats de l’étude URONGF
Objectifs. La concentration urinaire de Nerve Growth Factor (NGF) a été décrite dans plusieurs travaux comme un taux pouvant s’élever en cas d’hyperactivité vésicale (HAV) voire diminuer chez les patients bon répondeurs aux traitements anticholinergiques. Nous avons voulu vérifier si ces constatations sont reproductibles et observer ce taux chez des patients en rétention chronique afin de voir si NGF peut être un véritable biomarqueur de l’activité vésicale, laissant présager son rôle physiopathologique.
Méthodes. Chaque patient ou témoin inclus après consentement était soumis au questionnaire Urinary Symptom Profile Patients (USP®) et classé dans un des trois groupes : témoins, HAV, rétention. Un flacon d’urines immédiatement conservé sur glace était centrifugé, prélevé pour dosage de la créatininurie (CrU) puis conservé à ?80 °C pour dosage du NGF. Celui-ci était ensuite réalisé par méthode ELISA (kit Promega NGF Emax© ImmunoAssay System). Le rapport NGF/CrU attribué à chaque patient, pouvait ensuite être comparé entre les groupes.
Résultats. Parmi les patients, 69 sont inclus et dosés : 30 témoins, 30 HAV, 9 rétentions chroniques (nombreux critères d’exclusion). Les rapports médians NGF/CrU des 3 groupes (Tableau 1), comparés grâce au test de Kruskal-Wallis, sont significativement différents (p = 0,002594). Ceci est lié notamment à un rapport significativement plus élevé en cas de rétention (p = 0,0027) par rapport aux témoins mais pas en cas d’HAV (p = 0,1681) selon le test de Mann-Whitney-Wilcoxon comparant les groupes deux à deux.
Conclusion. Nous observons donc des variations du taux urinaire de NGF en fonction de l’activité vésicale mais cette étude ne permet pas de confirmer la significativité de son augmentation en cas d’HAV. D’autres travaux sont nécessaires afin d’établir définitivement NGF comme biomarqueur de l’activité vésicale et de déterminer son rôle physiopathologique exact.