La chirurgie conservatrice du testicule : technique et résultats à long terme
Objectifs. La chirurgie conservatrice du testicule est une alternative à l’orchidectomie en cas de tumeur de petite taille sur testicule unique ou de tumeur bilatérale, et en cas de doute sur la bénignité de la lésion. Elle doit respecter des règles carcinologiques strictes que nous rappelons ici.
Méthodes. Seize patients ont eu une chirurgie conservatrice du testicule entre 1998 et 2012 dans selon la même technique. Nous présentons les points importants à respecter du point de vue carcinologique et nous discutons nos résultats.
Résultats. Le motif de la consultation ayant amené au diagnostic était : bilan d’infertilité = 7, gynécomastie = 4, surveillance du cancer = 3, surveillance crypto = 2. La tumeur était palpable dans 3 cas seulement, et la découverte a été échographique dans les 13 autres cas. La taille tumorale moyenne était de 9 mm (4-30 mm). Une extemporanée a été réalisée dans 12 cas sur 16, et concordait avec l’histopathologie définitive dans tous les cas. L’examen histopathologique a révélé 5 séminomes, 1 tumeur germinale non séminomateuse mixte, 1 kyste dermoide, 7 tumeurs à cellules de Leydig, 1 tumeur à cellule de Sertoli, et 1 cicatrice. Avec un recul médian de 54 mois (16-190), 10 patients n’ont pas nécessité d’orchidectomie secondairement. La survie globale était de 100 %. Aucun patient ayant conservé un moignon testiculaire n’a eu recours à une substitution hormonale, et un patient a pu obtenir une paternité après tumorectomie sur testicule unique.
Conclusion. La chirurgie partielle du testicule est une option valide chez des patients sélectionnés dans des centres experts, sans augmentation de la morbi-mortalité et avec un gain fonctionnel et esthétique.