Impact pronostique de l’indice de masse corporelle sur le devenir oncologique des patients atteints d’une tumeur de vessie infiltrant le muscle traités par cystectomie totale
Objectifs
Évaluation de l’impact de l’indice de masse corporelle (IMC) sur l’agressivité des tumeurs de vessie (TV) et la survenue d’une récidive tumorale et d’un décès lié à la TV.
Méthodes
Les données étaient collectées à partir de données de 701 patients traités par cystectomie associée à une lymphadenectomie pelvienne pour une tumeur de vessie infiltrant le muscle. Les effets de l’IMC sur la récidive tumorale, la mortalité spécifique et globale ont été analysés à l’aide de modèles uni- et multivariés (regression de Cox) en identifiant 3 groupes d’IMC (< 25 ; 2529 vs ? 30 kg/m2).
Résultats
Parmi les 701 patients, 275 (39,2 %) avaient un IMC normal, 280 (39,9 %) étaient en surpoids (IMC = 2530) et 146 (20,8 %) étaient obèses au moment de la chirurgie (IMC > 30). Avec un suivi moyen de 44 mois (écart interquartile 2373), 163 patients (23,3 %) ont présenté une récidive tumorale et 127 (18,1 %) sont décédés de la TV. En analyse multivariée après ajustement sur les facteurs pronostiques cliniques et anatomopathologiques classiques, l’IMC était associé à un plus haut risque de survenue d’une récidive tumorale (p = 0,024, risque relatif = 1,58 IC 95 % (1,062,34)) et d’une mortalité spécifique ((p = 0,04, risque relatif = 1,58 IC 95 %(1,0072,475)). À 5 ans, les survies sans récidive et spécifique étaient respectivement de 61 %/66 % chez l’obèse versus 74 %/78 % pour les patients en surpoids et 76 %/80 % pour les patients avec un IMC < 25 (Fig. 1)
Conclusion
L’obésité apparaît être un facteur pronostic indépendant du devenir oncologique des patients après cystectomie totale. Il est primordial de s’y intéresser en préopératoire du fait de son caractère modifiable.