Impact des facteurs cliniques d’anamnèse (IMC, I-PPS, score Adam) sur la variabilité du PSA dans une population soumise au dépistage du cancer de prostate
Objectifs.– Étudier la corrélation existante entre les valeurs du PSA, le score de symptômes urinaires International Prostate Symptom Score (I-PSS), l’indice de masse corporelle (IMC) et le questionnaire relatif au déficit androgénique Androgen Deficiency of Aging Male (ADAM).
Méthodes.– Une étude prospective a été menée chez 735 patients, soumis au dépistage du cancer de la prostate dans un arrondissement de Moselle, et présentant un taux de PSA < 6 ng/mL. Chaque patient a été évalué par son âge, son IMC, la valeur du PSA au moment du dépistage, la gêne fonctionnelle liée au troubles mictionnels du bas appareil (score I-PSS), et un questionnaire relatif aux symptômes du déficit androgénique (questionnaire ADAM). Les questionnaires ont été obtenus par courrier. L’analyse statistique des liaisons entre les différents paramètres (item de chaque questionnaire) a été réalisée par régression multiple et analyse en réseaux bayésiens.
Résultat.– En régression multiple, le PSA varie significativement en fonction de l’âge (p < 0,0001), des valeurs du questionnaire ADAM (p=0,029), et de l’I-PSS (p < 0,0001). Le taux de PSA est corrélé négativement à l’IMC, mais sans atteindre le seuil de significativité. Les items des questionnaires liés le plus fortement (p < 0,0001) à la valeur du PSA concernaient pour l’I-PSS : la sensation de dysurie, et pour le score ADAM : la baisse de la libido et la faiblesse des érections.
Conclusion.– Les troubles mictionnels du bas appareil ainsi que les signes cliniques relatifs à la présence d’un déficit androgénique sont liés significativement, mais inversement, aux variations du PSA en situation de dépistage. L’analyse de ces deux paramètres est corrélée positivement avec l’âge mais fait varier le PSA en sens inverse (corrélation positive pour I-PSS et corrélation négative pour le score ADAM). Il serait donc préférable, à titre individuel, de ne pas pondérer le PSA sur l’âge mais d’utiliser ces deux questionnaires en situation de dépistage personnalisé.