Examen anatomopathologique des donneurs dans le cadre de la procédure de donneurs décédés après arrêt cardiaque (DDAC) de l’Agence de la Biomédecine : des échecs inévitables
Objectifs. La prise en charge d’un donneur potentiel dans le cadre d’une procédure DDAC s’adresse à des patients en arrêt cardiaque réfractaire, sans antécédent âgé de 18 à 55 ans, et nécessite la mise en place d’un moyen de préservation des organes, soit par sonde de Gillot, soit par circulation régionale normothermique ou CRN.
Méthodes. L’examen anatomopathologique du corps du défunt a pu être réalisé environ une fois sur trois. Sur les 34 examens réalisés, neuf retrouvent à l’origine du décès une cause incompatible avec la procédure DDAC, impossible à diagnostiquer au moment de la prise en charge initiale du patient en arrêt cardiaque réfractaire :
Résultats. Quatre chocs septiques avec vasoplégie et absence de retour veineux, sur endocartite, pneumonie à pneumocoque, méningite et enfin méningite avec syndrome de Waterhouse Fredrichsen, nécessitant dans ces quatre cas un remplissage massif et rapide du circuit (supérieur à cinq litres) conduisant à l’arrêt de la procédure. Trois dissections aortiques avec absence de retour sanguin dans la canule artérielle et non-fonctionnement de la CRN. Deux hémorragies digestives non extériorisées sur ulcère duodénale avec désamorçage progressif de la CRN.
Conclusion. En dépit d’une sélection rigoureuse des donneurs inclus dans la procédure DDAC, notre étude montre qu’environ une fois sur cinq la cause du décès est incompatible avec la mise en place d’une CRN comme moyen de préservation des organes. Les équipes participant à l’activité de prélèvement sur donneur DDAC doivent donc s’attendre à des échecs inévitables.