Évaluation de l’utilisation de la simulation dans la formation des jeunes urologues français : une enquête de l’AFUF
Objectifs. Un récent rapport de l’HAS montre une sous-utilisation de la simulation dans la formation chirurgicale en France. Le but de cette étude était de faire le point sur la place de la simulation parmi les moyens de formation proposés aux jeunes urologues.
Méthodes. Un questionnaire électronique a été diffusé par les représentants régionaux aux internes et chefs de clinique membres de l’AFUF entre février et mai 2013. Les résultats sont présentés sous forme de médiane (écart interquartile).
Résultats. Les réponses de 124 urologues en formation ont été recueillies. Il s’agissait d’internes dans 90 cas (73 %), ayant réalisé 3 (24) semestres en urologie, et de chefs de clinique/assistants dans 34 cas (27 %). L’âge médian était de 29 ans (2730), la proportion masculine de 77 %. Tous les CHU étaient représentés. Quatre-vingt neuf (72 %) avaient accès à un pelvitrainer et 64 (52 %) à une école de chirurgie avec modèles animaux ou cadavériques, mais ne l’utilisaient jamais ou moins d’une fois par mois dans 88 % et 97 % des cas, respectivement. Soixante-douze (58 %) avaient utilisé au moins une fois un simulateur (chirurgie robotique ou laparoscopie essentiellement), mais sans encadrement et de leur propre initiative dans 79 % des cas. Cinquante-deux (42 %) n’avaient jamais eu accès à un simulateur. Leurs compétences pratiques n’étaient jamais évaluées dans 73 % des cas. Les facteurs limitant l’entraînement sur simulateur étaient le manque de temps (58 %), l’absence de simulateur à disposition (52 %), l’absence d’incitation (34 %) et le manque d’encadrement (20 %). Ces conditions réunies, 94 % des jeunes urologues seraient prêts à y consacrer plus d’une heure par semaine.
Conclusion. Cette étude confirme la sous-utilisation de la simulation dans la formation pratique des urologues français. Outre le manque de simulateurs accessibles (notamment en chirurgie robotique), c’est l’organisation de la formation qui à l’heure actuelle ne prévoit ni le temps ni l’encadrement nécessaires à la généralisation de la simulation.