Enquête sur les connaissances des algériens de 50ans et plus, à propos du cancer de la prostate
Objectifs. Le cancer de la prostate touche essentiellement l’homme âgé. L’espérance de vie des algériens à la naissance qui était de 52 ans au début des années 1970 était de 77 ans en 2010. Décrire l’état actuel des connaissances et des croyances, des hommes de 50 ans et plus, sur le cancer de la prostate. Identifier les facteurs associés au niveau de connaissances sur le cancer de prostate.
Méthodes. C’est une enquête descriptive chez les hommes de 50 ans et plus qui consultent dans les structures sanitaires de la wilaya d’Oran. Le questionnaire est rempli soit par le médecin au cours de la consultation, soit par des étudiants en médecine et des infirmières brevetés formés à cet effet. La 1er partie du questionnaire concerne les caractéristiques individuelles, la 2e comporte les questions relatives aux connaissances sur le cancer prostatique, son diagnostic et son traitement. La 3e partie explore les intentions de l’individu par rapport au dépistage. Les questions sont fermées et les réponses sont soit par oui ou par non. Les sujets déjà traités pour cancer de la prostate ou âgés de moins de 50 ans ne sont pas inclus Le recrutement concerne les patients et les accompagnateurs, et se fait au niveau des salles d’attente et des salles d’examen des consultations spécialisées de l’EHU Oran, et des consultations spécialisés du CHU d’Oran ainsi que des consultations de médecine générale des différents secteurs sanitaires de la wilaya d’Oran. À la fin du questionnaire les patients reçoivent une fiche d’information bilingue préparée concernant le cancer de la prostate. Le dosage du PSA est demandé en cas de symptômes urologiques du bas appareil urinaire, en cas de toucher rectal suspect et chez les sujets asymptomatiques qui le souhaitent après avoir été informés des conséquences de ce dosage. La biopsie prostatique est demandée en cas de PSA total élevé, et ou de la prostate suspecte au toucher rectal. L’échantillon ciblé est de 500 hommes. Les réponses récupérées par le chercheur principal ont été reportées sur un masque de saisie de type Excel. Une analyse uni variée et multivariée a été faite en croisant les différentes variables, par le logiciel SPSS 2007.
Résultats. L’âge moyen est de 62 ans, 36 % d’analphabètes, et 40 % ont un revenu proche du Salaire Minimum, un antécédent familial de cancer de la prostate est retrouvé dans 5 %, sur le plan des connaissances 70 % des sujets interrogés pensent que découvrir un cancer de la prostate précocement améliore l’efficacité du traitement, et quel que soit le niveau d’instruction la majorité des sujets étudiés pensent que le cancer de la prostate se révèle par des symptômes urinaires : troubles du bas appareil urinaire. Sur le plan des intentions, prés de 60 % des sujets interrogés accepteraient d’avoir un toucher rectal en absence de signe clinique si le médecin le recommande. L’analyse SPSS montre des corrélations significatives entre le niveau d’instruction et les connaissances, et montre Une association significative entre le niveau d’instruction et les intentions positives envers le TR et le PSA en absence de signes cliniques.
Conclusion. Le niveau d’instruction et le niveau des revenus semblent liés au niveau de connaissances à propos du cancer de la prostate et son dépistage. Les hommes qui ont un bas niveau intellectuel et un bas revenu ont des connaissances pauvres sur la glande prostatique, et sur le dépistage du cancer de la prostate, ils ne sont pas capables de prendre la décision de se faire dépister en connaissance de cause ceci devrait inciter nos médecins à informer leurs patients sur les facteurs de risque et le dépistage du cancer de la prostate.