Dénombrement de cellules tumorales prostatiques dans le sang de patients atteints d’un cancer de la prostate
Introduction: Le dénombrement de cellules prostatiques circulantes peut constituer un facteur pronostique à différents stades de la maladie cancéreuse.
Méthode : Nous avons développé un test ELISPOT fondé sur la détection de cellules sécrétrices de kallikréine 3 humaine ou PSA (CSPSA) en utilisant les lignées cellulaires prostatiques humaines LNCAP et PC3. Cette méthode a été adaptée et appliquée à l’analyse de cellules mononucléées du sang CD45(-) (1) de patients atteints d’un cancer localisé ou métastatique de la prostate, avant et après traitement, et (2) de sujets sains.
Résultats : Le seuil de détection de la technique ELISPOT-PSA, déterminé par le mélange de cellules de la lignée LNCaP dans du sang contrôle, est de 1 cellule par 10 ml de sang, alors que les cellules de la lignée PC3, non productives de PSA, ne montrent pas de CSPSA. Nous avons testé le sang de patients ayant un cancer de la prostate localisé (n=24) ou métastatique (n=24), une maladie bénigne de la prostate (hyperplasie bénigne de la prostate, n=27; prostatite aiguë, n=4), une pathologie urinaire (n=35) et 8 témoins sains. Les CSPSA étaient retrouvées chez 83.3% des cancers métastatiques vs 42% localisés. Aucune CSPSA n’est mise en évidence chez les patients contrôles ou après traitement d’un cancer localisé.
Conclusion : La technique ELISPOT-PSA est un test nouveau permettant le dénombrement de cellules cancéreuses d’origine prostatique en transit dans le sang par leur caractérisation fonctionnelle et pourrait représenter un outil performant pour évaluer la progression tumorale et l’efficacité thérapeutique. Son développement se poursuit en fluorescence pour l’analyse multiparamétrique de la maladie micrométastatique dans le cancer de la prostate.