Corrélation entre les informations données par les urologues et les messages compris par les patients lors de l’initiation d’un traitement par agoniste de la LHRH pour un cancer avancé de la prostate
Objectifs. La communication et les informations transmises sont des éléments de plus en plus importants pour aider les patients à faire face au cancer. L’objectif principal de cette étude était d’évaluer les informations transmises par le médecin à son patient lors de l’initiation d’un agoniste de la LHRH, en fonction du stade du cancer de la prostate (PCa) (métastatique [M1], récidive [R], traitement adjuvant).
Méthodes. Étude multicentrique observationnelle non-interventionnelle menée auprès 691 urologues exerçant en France entre septembre 2011 et juin 2012. Des questionnaires en miroir étaient remplis pour évaluer des informations données (par le médecin) et comprises (par le patient) lors de l’induction d’une hormonothérapie. Les données recueillies étaient l’histoire du PCa, indice de Karnofsky (KI), et des informations sur la maladie et les traitements. La concordance entre les réponses du médecin et du partient a été évaluée à l’aide des pourcentage de sur- ou de sous-estimation et des indices Kappa (k).
Résultats. Neuf cent quinze patients ont été inclus dont 770 évaluables. Âge moyen : 75 ans. M1 : 40 %, traitement adjuvant : 27 %, R : 33 %. 77 % des patients comprenaient l’information relative à l’extention de la maladie, 82 % celle sur le caractère palliatif du traitement et sa durée, 92 % celle sur les effets indésirables (EI). La meilleure concordance concernait le traitement (nature, durée, EI ; coefficients de Kappa (k) = 0,540,68). La concordance était différente selon le statut du patient : les patients M1 sur-estimaient plus la sévérité de la maladie que les patients en traitement adjuvant (respectivement 17 % vs 7 %, k = 0,37 vs 0,17). Ces derniers sous-estimaient la durée de traitement par rapport aux patients M1 (respectivement 8 % vs 14 %, k = 0,56 vs 0,55).
Conclusion. Les informations clés délivrées aux patients lors de la consultation ne sont pas toujours bien comprises et peuvent être améliorées ; en particulier, celles concernant la maladie (stade, sévérité) tandis que la compréhension des informations liées aux traitements est meilleure.