« Big PSA » et prostatectomie totale : survie spécifique à 10 ans
Introduction : La prostatectomie radicale n’est actuellement pas une recommandation thérapeutique pour les patients présentant un PSA préopératoire supérieur à 40 ng/ml.
Objectifs : évaluer à long terme la survie spécifique de patients opérés malgré un PSA supérieur à 40 ng/ml.
Matériels : Entre 1989 et 1998, 29 patients consécutifs d’âge moyen 66 ans (50-80) ont bénéficié d’une prostatectomie radicale rétropubienne (5 pT2 et 24 pT3), score de Gleason (3 (n=2), 5 (n=3), 6 (n=11), 7 (n=11), 8 (n=2)). Le PSA moyen pré-opératoire était de 58 ng/ml (41-96). Tous les patients ont bénéficié en pré-opératoire d’un scanner abdomino-pelvien, d’une scintigraphie osseuse (examens considérés comme normaux) et d’un curage ganglionnaire. La progression était définie par un PSA supérieur ou égal à 0.2 ng/ml ou des biopsies positives.
Résultats: Le suivi moyen était de 108 mois (28- 183). Six patients sont vivants sans progression avec un suivi moyen de 113 mois (46-183) dont trois ont bénéficié d’une radiothérapie postopératoire adjuvante à la prostatectomie. Seize patients sont vivants avec une progression biologique non contrôlée par un traitement de 2ème ou de 3ème ligne (suivi moyen de 110 mois). Six patients sont décédés de leur cancer et un d’une cause externe. A dix ans de suivi moyen, 76% des patients opérés pour «BIG PSA» sont vivants dont 20% sans progression.
Conclusion : Sous couvert d’une sélection rigoureuse la prostatectomie radicale pour «BIG PSA» +/- associée à la radiothérapie adjuvante peut permettre un contrôle carcinologique satisfaisant à 10 ans pour 20% des malades N0M0.