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Analyse de l’effet délétère de la pulpectomie pour cancer de la prostate sur les 12 morbidités du score de Charlson

Objectifs.– Nous avons étudié l’effet de la castration chirurgicale pour cancer de la prostate sur 12 morbidités non-osseuses dans une large cohorte.

Méthodes.– Dans la base de données Québec Health Plan, nous avons identifié 8572 hommes porteurs d’un cancer de prostate et traités entre 1992 et 2000 par castration chirurgicale (n = 1146), ou par traitement local (prostatectomie radicale ou radiothérapie externe) sans hormonothérapie associée (n = 7426). Des analyses uni- et multivariées ont étudié l’effet de la castration chirurgicale sur le diagnostic des 12 morbidités constituant l’index de comorbidité de Charlson. Les covariables étaient l’age, le lieu et la région de résidence, et l’année de traitement. De plus, une analyse en competing-risk a été réalisée pour éviter les potentiels biais dus à la mortalité globale.

Résultat.– En analyse univarée, l’orchidectomie était un facteur prédictif statistiquement significatif pour 5 des 12 morbidités examinées : démence (HR 3,6 ; p < 0,001), infarctus du myocarde (HR 1,5 ; p < 0,001), insuffisance cardiaque (HR 1,5 ; p < 0,001), insuffisance respiratoire (HR 1,3 ; p = 0,01) et insuffisance rénale modérée à sévère (HR 1,5 ; p < 0,001). En analyse multivariée, l’orchidectomie augmentait de manière indépendante seulement le risque de démence (HR 1,6 ; p = 0,001). En analyse en competing-risk, l’orchidectomie restait un facteur indépendant de démence (p < 0,001).

Conclusion.– Il est rassurant de noter que l’orchidectomie n’augmente pas le risque de 11 des 12 morbidités du score de Charlson. Cependant, l’orchidectomie est associée de manière significative à la démence. Un biais de sélection semble pouvoir expliquer cette association. Cependant, une évaluation du statut neurologique à l’instauration du traitement puis de manière régulière semble souhaitable chez les patients ayant eu une castration chirurgicale.