Sédentarité et incontinence urinaire chez la femme : une revue de littérature

25 décembre 2018

Auteurs : B. Steenstrup, E. Le Rumeur, S. Moreau, J.N. Cornu
Référence : Prog Urol, 2018, 17, 28, 973-979
Objectif

La sédentarité est définie par une insuffisance d’activités mobilisatrices régulières dans les activités de la vie quotidienne. L’objectif de ce travail était de rassembler les données concernant le lien potentiel entre sédentarité et incontinence urinaire chez la femme.

Méthode

Une revue de littérature (bases de données Pubmed/MEDLINE) à partir des mots clés : femmes, incontinence urinaire, sédentarité, comportement sédentaire, style de vie sédentaire, activité physique, exercice, sport, sur la période 2008–2018 a été réalisée.

Résultats

Cinq études transversales observationnelles ont été analysées. Les données étaient globalement en faveur d’un lien entre comportement sédentaire et incontinence urinaire chez la femme. Plusieurs facteurs confondants potentiels (âge, indice de masse corporelle, comorbidités, environnement socio-familial) ont été identifiés dans la littérature. Les mécanismes physiopathologiques restent mal établis incluant potentiellement les facteurs métaboliques, les facteurs posturaux, les dysfonctions musculaires. Peu d’articles respectaient la définition stricte de la sédentarité, et aucune étude prospective étudiant le lien de causalité entre sédentarité à moyen ou long terme n’a été mise en évidence.

Conclusion

Les données limitées disponibles dans la littérature semblent indiquer que la sédentarité est un facteur de risque d’incontinence urinaire féminine. De nombreux facteurs confondants ont été identifiés, justifiant des études complémentaires étudiant plus précisément le lien de causalité entre sédentarité et incontinence urinaire chez la femme.




 




Introduction


Le comportement sédentaire (du latin sedere, « être assis ») est défini par toute activité éveillée dont la dépense énergétique est=1500 équivalent métabolique par semaine (METs) au cours desquelles la posture assise ou couchée est dominante (Sedentary Behaviour Research Network ) [1]. La sédentarité est ainsi caractérisée par l'insuffisance d'activités mobilisatrices régulières dans les activités de la vie quotidienne. Cette notion est différente de celle du défaut d'activité physique, défini par l'OMS comme moins de 150 mn d'activité physique (AP) par semaine, ce qui correspond à une dépense énergétique de 600 à 1200 METs selon les individus et l'AP pratiquée (www.who.int.hpr/). La mesure du comportement sédentaire peut être réalisé de manière subjective et qualitative à l'aide de questionnaires [2, 3]. Comme pour le calendrier mictionnel, un calendrier d'activité permet d'identifier les moments consacrés aux activités sédentaires [4]. Les méthodes de mesure objectives font souvent appel à des compteurs de mouvements. Placés sur la hanche, ils permettent de comptabiliser l'accélération verticale du bassin pour une période donnée. L'utilisation d'un inclinomètre permet en outre de mesurer le temps passé assis, debout ou allongé. Une combinaison des différentes mesures (objectives et subjectives) est le plus souvent utilisée. La sédentarité est une problématique de santé publique pour l'OMS, qui estime que 60 à 85 % de la population mondiale a un mode de vie sédentaire. La sédentarité est associée à un risque majoré de mortalité toutes causes (HR 1,24 [IC à 95 % de 1,09-1,41]) [5], de mortalité par cancer (HR 1,17 [IC à 95 % de 1,11-1,24]), d'incidence de cancer (HR 1,13 [IC à 95 % de 1,05-1,21]), de diabète type 2 (HR 1,91 [IC95 % 1,64-2,22]), mais aussi d'obésité, d'hypertension artérielle, d'ostéoporose, de troubles lipidiques, de dépression et d'anxiété. Le comportement sédentaire doublerait le risque de maladies cardiovasculaires. Enfin, des auteurs soulignent l'impact plus délétère sur la santé du temps passé devant la télévision (temps passif), comparativement au temps passé à la lecture ou sur les réseaux sociaux, cognitivement plus actifs [6]. À ce jour, les mécanismes par lesquels le comportement sédentaire a un effet délétère sur la santé restent à déterminer [7]. Peu de données sont disponibles concernant l'association entre sédentarité et incontinence urinaire (IU) chez la femme. L'objectif de cette revue de la littérature est de rassembler les données récentes concernant le lien entre sédentarité et IU, ainsi que les éventuelles hypothèses physiopathologiques sous-jacentes qui pourraient expliquer que la sédentarité participe à la genèse de l'IU.


Objectif


À l'aide d'une revue de littérature, nous souhaitons déterminer s'il existe un lien entre sédentarité et incontinence urinaire chez la femme.


Méthode


Une revue de littérature 2008/2018 a été menée à partir de la base de données PubMed par MeSH Terms en utilisant les mots clés : femmes, incontinence urinaire, sédentarité, comportement sédentaire, style de vie sédentaire, afin d'identifier les articles abordant la thématique de l'IU dans les populations sédentaires féminines. Une sous revue a été menée à partir des références des articles initialement sélectionnés afin d'identifier les textes abordant la thématique de l'IU et le niveau d'activité physique en utilisant les mots clés complémentaires suivants : activité physique, exercice, sport.


Résultats


Une totalité de 33 articles ont été identifiés. Un article était jugé pertinent s'il évaluait une population de femmes présentant une incontinence urinaire respectant la terminologie de l'ICS, un niveau de sédentarité et/ou un niveau d'activité physique à l'aide d'au moins l'un des deux outils recommandés par le Sedentary Behaviour Research Network . Sur ces critères, 5 articles ont été sélectionnés et inclus dans la synthèse finale. L'ensemble des études que nous présentons sont des études observationnelles transversales. Les données sont synthétisées dans le Tableau 1.


En 2012, dans étude chez 300 femmes de population générale (âge 62,1±7,8), Lee et al. ont retrouvé à l'aide de questionnaires une prévalence de l'IU de 35, 4 % chez les sujets sédentaires versus 25,3 % chez les sujets qui pratiquaient une marche régulière [8]. Dans cette étude, 23,6 % de femmes IU présentaient une IU par urgenturie. Les résultats confirmaient l'association inverse entre la sédentarité, mesurée par la marche régulière, et l'IU. Ils ont retrouvé un risque relatif de 0,43 (IC à 95 % 0,20, 0,96) en comparant les marcheuses fréquentes (marche soutenue plusieurs fois par semaine>1000 METs) par rapport aux participantes définies comme sédentaires (p =0,040). Les auteurs concluaient que la marche régulière, ou une AP équivalente d'au moins 5heures/s, semblait protectrices contre l'IU. Cependant le niveau de sédentarité n'était pas défini selon les recommandations du Sedentary Behaviour Research Network , mais par rapport à l'absence de marche régulière.


En 2015, Da Roza et al. ont comparé les niveaux d'activité physique et sportive (APS) dans une population de 81 jeunes femmes (âge 24,9±4,5) à l'aide d'accéléromètre [9]. Les auteurs ont retrouvé une prévalence d'IU de 14,5 % dans le groupe sédentaire et de 11,6 % dans le groupe activité physique modérée (149,5±33,5 mn/semaine) (p =0,019). On note également une valeur plus faible de 13,5 % d'urgenturies chez des sportives intenses (757,6±404,8 mn/s). Les auteurs concluaient qu'il serait bénéfique pour l'IU de pratiquer une APS modérée. Cependant, dans cette étude, le niveau de sédentarité définie par un seuil d'APS<30 mn/jour par questionnaire ne correspondait pas aux recommandations du Sedentary Behaviour Research Network .


En 2015, Menezes et al. ont rapporté les résultats chez 19 femmes (âge 69,32±6,0), avec une mesure objective du niveau de mobilisation quotidienne par accéléromètre (activité sédentaire<100 mn) associé à un questionnaire ICIQ SF [10]. La fréquence (p =0,011) de l'IU quotidienne était associée à de faibles niveaux d'activités physiques mais pas la sévérité (p =0,144 non significatif). Pour l'auteur en ce qui concerne la taille de l'effet, 43,1 % de la variabilité des niveaux de mobilisation quotidienne peut être expliqué par la fréquence de l'IU. Dans cette étude de faible cohorte, c'est bien le niveau d'activité mobilisatrice quotidienne qui a été évalué.


En 2017, Leirós-Rodríguez et al. observaient une population de 638 femmes (âge 72,2±8,1 ans) à partir des données de l'European Health Survey de 2014 [11]. L'enquête n'évaluait l'IU que par une seule question : Avez-vous des fuites urinaires ou des problèmes de contrôle des urines ? Le niveau d'activité mobilisatrice quotidien était la seule variable qui identifiait le groupe de femmes IU versus contrôle (p <0,001). Les femmes qui pratiquaient une activité physique occasionnelle et marchaient plus de 120 mn par jour présentaient une incidence plus faible d'IU. Au total, 75 % des sujets IU présentaient un IMC élevé. Les auteurs concluaient à une forte relation entre l'IMC, l'environnement socio-familial, le comportement sédentaire et la prévalence de l'IU. Cependant, le niveau de mobilisation quotidienne défini par les auteurs, pour les 468 femmes du groupe « sédentaire », était une activité physique occasionnelle et un minimum de 120 mn de marche par jour rapportés par questionnaire. Ces données ne correspondaient pas aux recommandations du Sedentary Behaviour Research Network .


En 2018, Chu et al. relataient les résultats dans une population de 35 femmes (âge 71±(64-97)) placées en institution [12]. Le niveau de sédentarité était défini par questionnaire+accéléromètre, en concordance avec les recommandations du Sedentary Behaviour Research Network . Toutes les femmes présentaient un haut niveau de sédentarité (temps sédentaire moyen 74 % (54-89 %) soit plus de 8h (493,4 mn)), et un indice de masse corporelle élevé (30,4±7,47). Au total, 50 % présententaient une incontinence urinaire mixte et, chez 41,2 % d'entre elles, les auteurs ont retrouvé une IU par urgenturie. Le nombre de pas était significativement plus faible chez les sujets IU : 2,8 vs. 19 (p =0,003), et le nombre de METs également (5,9 vs. 20,8 (p =0,04)). Une augmentation significative de l'utilisation de protections chez les sujets les plus sédentaires par rapport aux sujets pratiquants une activité mobilisatrice a été retrouvée (p =0,04). Le niveau de sédentarité était associé à des scores de nycturies et d'IU plus sévère (p =0,001, p =0,02). L'association entre une faible sévérité d'hyperactivité vésicale (HAV) et un faible niveau de sédentarité frôle la significativité (p =0,06). Les auteurs concluaient que chez les femmes âgées placées en institution, un niveau bas de METs est associé à la sévérité de l'IU. Le comportement sédentaire serait un concept qui devrait être pris en compte dans les symptômes du bas appareil urinaire.


Discussion


Problème de la définition de l'IU/IUE/IUU


L'incontinence urinaire à l'effort survient par dysfonctionnements des structures musculaires de la continence lors d'une hyperpression abdominale±conjointe à une altération des structures fasciales. L'incontinence urinaire par urgenturie (IUU) se définie t-elle, par la présence complémentaire d'une hyperpression vésicale d'origine psychogène ou somatique. Dans une étude par questionnaire chez 1216 femmes, Coyne a rapporté que les femmes HAV présentaient un IMC et un niveau de sédentarité significativement plus élevé qu'une population contrôle non HAV. Le temps passé en position assise était le double chez les femmes HAV vs. contrôle (moyenne 6,9-3,4 ; p <0,001) [13]. Par la suite, dans leur revue de littérature, Mc Grother et al. ont retrouvé que l'âge et le faible niveau d'activité physique et/ou le comportement sédentaire seraient les seuls facteurs de risque directs liés de manière prospective au syndrome d'HAV [14]. Ces données sont renforcées par les résultats de Lee et al. qui retrouvaient 23,6 % d'HAV dans une population de femmes soixantenaires, et de Chu et al. qui retrouvaient 91,2 % d'HAV dans une population fortement sédentaire selon les recommandations du Sedentary Behaviour Research .


Physiopathologie de l'incontinence urinaire chez les populations sédentaires


On ne retrouve pas encore dans la littérature d'hypothèses physiopathologiques claires et définitives sur le lien entre IU et sédentarité. L'incontinence urinaire est multifactorielle. Les facteurs de risque reconnus sont : l'âge, le sexe, la toux chronique, la constipation, les facteurs comportementaux et l'environnement socio-familial. On retrouve également certaines pathologies associées et les effets secondaires liés à leurs traitements, la grossesse et le nombre de grossesse, le mode d'accouchement, les dysfonctions des structures musculaires responsables de la continence, la ménopause, l'hystérectomie, l'IMC, les infections urinaires, les déficits cognitifs et/ou fonctionnels [15]. Si nous analysons ces facteurs de risque, l'altération des fascias, le sexe, la ménopause, le statut de parité et le mode d'accouchement ainsi que l'hystérectomie semblent peu liés à la sédentarité. Nous voyons finalement apparaître 5 facteurs de risque qui pourraient être liés à la sédentarité :

âge ;
facteurs métaboliques ;
dysfonctions des structures musculaires responsables de la continence ;
facteur postural ;
facteurs sociaux et environnementaux.


Âge


La prévalence de l'IU, qui est la probabilité d'avoir une IU dans une population donnée, à un moment préalablement défini, augmente avec l'âge [16]. Après 70 ans, on retrouve une co-existence de l'IU avec les comorbidités liées à l'âge et les déficits cognitifs, mais aussi la diminution de mobilité en cas d'HAV [17]. Le comportement sédentaire serait plus important chez les personnes âgée (>65 ans) [18, 19]. Deux études rapportent une augmentation non significative du lien entre le comportement sédentaire et l'IU avec l'âge [8, 11]. Il manque des études longitudinales ou de cohortes plus larges en taille d'âge.


Facteurs métaboliques


Les facteurs métaboliques sont des facteurs de risque reconnu d'IU. Ces comorbidités sont retrouvées en prévalence plus importante dans les populations sédentaires comme dans les populations obèses ou en surpoids déjà évoquées plus haut. Ces éléments pourraient renforcer le lien probable entre IU et comportement sédentaire. Cependant, en 2013, Hsu montre chez 447 sujets âgés en institution que l'incontinence urinaire reste indépendante de la présence d'une comorbidité telle que le diabète. C'est l'inaptitude à la déambulation et au transfert autonome qui est un facteur prédictif d'UI [20]. Trois études rapportent l'augmentation du lien entre comportement sédentaire et l'IU avec l'IMC [8, 9, 11].


Dysfonctions des structures musculaires responsables de la continence


D'une part, un lien entre syndrome métabolique et altération du système nerveux autonome a été évoqué comme facteur physiopathologique et/ou étio-pathogénique de l'hyperactivité vésicale [21]. D'autre part, le comportement sédentaire, parce qu'il est synonyme de moindres contractions des muscles squelettiques, peut-être responsable d'altération du contrôle moteur [22]. Par exemple, les patients insuffisants cardiaques présentent une réduction du pourcentage de fibre de type 1 (muscles posturaux à métabolisme oxydatif, ce qui est également le cas des muscles du plancher pelvien), une réduction d'enzymes oxydatives, de densité en mitochondries et en capillaires [23] conduisant à un déconditionnement des muscles locomoteurs (bassin+membres inférieurs) [24]. Même si l'activation des muscles du plancher pelvien est retrouvée lors de la marche, aucun article de notre revue de littérature n'évoque cette physiopathologie.


Facteur postural


La définition même de la sédentarité mentionne la position dominante statique assise lors de l'activité professionnelle ou de loisir. Si des travaux ont montré la corrélation entre la position assise et une moins bonne santé générale que des populations témoins [25, 26], personne à ce jour n'a évalué la corrélation possible entre la position assise et l'IU. Le lien éventuel entre altération des fascias pelvien et position assise n'a pas non plus été étudié. Sapsford retrouve un lien entre la qualité de la position assise (en flexion ou extension lombaire), l'activation des muscles du plancher pelvien et du transverse abdominal, et l'IU [27]. Il semblerait donc bien qu'une hygiène posturale régulière en position debout comme en position assise soit un facteur favorable pour les structures musculaires impliquées dans les mécanismes de la continence. Dans notre revue, une seule étude prend en compte la position assise [11], et 4 prennent en compte la marche [8, 10, 11, 12] dans leurs résultats.


Facteurs sociaux & environnementaux


Les Français passent en moyenne 4heures et 38minutes assis par jour (3489 sujets âgés de 15 à 75 ans) [28] et 12 % des Français passent plus de 8h30 assis par jour (Eurobaromètre 2013). Une étude française récente réalisée par l'accéléromètre [29] a évalué à 7heures par jour le temps moyen de sédentarité, soit 52,8 % du temps d'enregistrement quotidien. Chez le sujet âgé, la position assise est en moyenne évaluée à 8,5-9,6heures. Ainsi, « la sédentarité représenterait environ la moitié du temps éveillé de l'adulte ». L'OMS recommande un minimum de 150 mn d'activité physique par semaine, ce qui correspond à une dépense énergétique de 600 à 1200 METs selon les individus et l'activité physique pratiquée. Par exemple, la course à pied avec deux sorties de 30 mn/s correspond à une dépense énergétique de 480 METs. Il n'existe pas toujours un lien entre le niveau d'activité physique et la sédentarité [1, 30] : nous pouvons être sédentaire et sportif à la fois ! Même si quelques essais cliniques ont montré que l'activité physique modérée pouvait avoir un effet positif sur le statut de continence [31, 32], Chu et al. présentent le niveau de sédentarité comme un facteur de risque indépendant de l'IU [12]. L'incontinence urinaire est responsable d'altération de la qualité de vie [33], avec un impact social significatif associée aux restrictions d'activités et de participation [34]. Ainsi, chez la personne âgée, Price constate que le fait d'être inclus en institution est un facteur de risque d'IU [35]. Il y a diminution des activités (tâches ménagères, activités liées à l'alimentation, à l'hygiène) et restriction de participations sociales, de loisir et professionnelles. Ces restrictions vont de plus renforcer une « sédentarité urinaire » (pas de déplacements=proximité constante des toilettes, modification des apports hydriques). Hirayama suggère en 2013 qu'une AP dans les gestes de la vie quotidienne peut modérer le développement d'une IU [36]. Dans notre revue de littérature, l'étude de Leirós-Rodríguez et al. retrouvaient que les sujets IU ont 5 fois plus tendance à percevoir une mauvaise situation socio-familiale que le groupe asymptomatique [11].


Biais


L'étude du lien entre l'IU et la sédentarité reste une analyse difficile car de nombreux facteurs confondants ont été identifiés : obésité/surpoids/âge/comorbidités. L'hétérogénéité des méthodes d'évaluation de la sédentarité, comme de l'IU dans les études publiées à ce jour, est un problème majeur pour obtenir des résultats satisfaisants. Enfin il manque des données longitudinales permettant d'observer à moyen et long terme la relation entre âge, IMC, sédentarité, et symptômes urinaires.


Conclusion


La sédentarité est définie par une insuffisance d'activités mobilisatrices régulière dans les activités de la vie quotidienne. Le comportement sédentaire est différent de l'inactivité physique, qui se définie par l'insuffisance de pratique d'une activité physique selon les recommandations de l'OMS. Les résultats de cette revue de littérature montrent globalement un lien entre comportement sédentaire et incontinence urinaire chez la femme. Plusieurs facteurs confondants potentiels (âge, indice de masse corporelle, comorbidités, environnement socio-familial) ont été identifiés. Les mécanismes physiopathologiques qui pourraient expliquer que la sédentarité soit un facteur participant à la genèse de l'IU restent mal établis. Ils inclueraient potentiellement les facteurs posturaux, les dysfonctions musculaires, ou encore les facteurs socio-environnementaux, avec une implication probable de l'HAV. Des études plus nombreuses, réalisées avec les bons critères d'objectivation du niveau de sédentarité, sur des populations plus diverses, devraient être menées, étudiant plus précisément le lien de causalité entre sédentarité et incontinence urinaire.


Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.




Tableau 1 - Données des études retenues.
Référence  n   Âge
IMC
Social 
Méthode d'évaluation  Mesure
Objective 
Prévalence
IU S vs. NS 
p value 
Lee, 2012
Japon 
298  Âge : 62,1±7,8
IMC : 22,2 (3,6) (C) IMC : 24,4 (3,7) (UI)
Population générale 
IPAQ
ICIQ SF 
Non  35,4 % (S)
25,3 % (NS) 
p =0,040 
Da Roza, 2014
Portugal 
81  Âge : 21,4±3,3
IMC : 21,8±2,7 (S)
IMC : 21,6±2,4 (NS)
Étudiantes 
APS 13 items ICIQ SF  Accéléromètre  ICIQ score=5,1±2,3 (S)
ICIQ score=3,6±0,9 (NS) 
p =0,019 
Ménézes, 2015
Brésil 
19  Âge : 69,32±6,0
Retraitées actives 
Questionnaire  Accéléromètre  S vs. NS : F=6,050  p =0,011 
Leirós-Rodríguez, 2017
Espagne 
638  Âge : 72,8±8,2
IMC : 26±2,9 (C)
IMC : 27±3,5 (UI)
Population générale 
Questionnaire  Non  73,4 % (S)
26,6 % (NS) 
p <0,001 
CHU, 2018
États-Unis 
35  Âge : 71 (64-97)
IMC : 30,4±7,47
Population générale 
Questionnaire
ICIQ SF
IRUQ
PASE 
Accéléromètre
Protection 
42,9 % (S)
28,6 % (NS) 
p =0,04 



Légende :
IMC : indice de masse corporelle ; S : sédentaire ; NS : non sédentaire ; IU : incontinence urinaire ; C : continence urinaire.


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