CANCER DE PROSTATE : Aspects génétiques du cancer de la prostate

26 janvier 2004

Mots clés : Cancer, Tumeur, prostate, génétique, hérédité
Auteurs : FONTAINE E., CUSSENOT O.
Référence : Prog Urol, 2003, 13, 5, 1278, suppl. 2
  • La reconnaissance d'une forme héréditaire compatible avec la transmission d'un gène majeur de prédisposition nécessite des critères qui peuvent se résumer ainsi :
    • 3 cancers de la prostate chez des apparentés du 1er ou du 2ème degré
    • ou 2 cancers de la prostate diagnostiqués avant l'âge de 55 ans, chez des apparentés du 1er ou du 2ème degré
  • La recherche d'ATCD de cancers du sein ou de l'ovaire dans la famille des sujets atteints de cancers de la prostate doit être systématique.

Les principaux facteurs de risque actuellement identifiés avec certitude sont l'origine ethnique et l'existence d'antécédent familial du même cancer ou du sein. Les facteurs de risque environnementaux restent peu clairs hormis certaines expositions professionnelles particulières à des pesticides.

Les formes familiales de cancers de la prostate sont observées dans environ 20% des cas et l'existence d'une transmission héréditaire compatible avec une transmission mendélienne est retrouvée dans environ 5% des cas.L'importance des facteurs génétiques concernerait une proportion de cancers de la prostate d'autant plus importante qu'ils surviennent à un jeune âge. Cette implication génétique serait retrouvée dans 34% et 43% des cancers de la prostate diagnostiqués respectivement à 70 ans et 55 ans.

Les formes familiales de cancer de la prostate sont habituellement définies par l'existence d'au moins 2 cas chez des apparentés du premier degré. Cette notion familiale est retrouvée pour environ 20% des patients ayant un cancer de la prostate. Au sein de ces familles, la reconnaissance d'une forme héréditaire compatible avec la transmission d'un gène majeur de prédisposition nécessite des critères qui peuvent se résumer ainsi :

- 3 cancers de la prostate chez des apparentés du 1er ou du 2ème degré?

- ou 2 cancers de la prostate diagnostiqués avant l'âge 55 ans, chez des apparentés du 1er ou du 2ème degré.


S'il existe des données généalogiques suffisantes pour établir des critères de transmission héréditaire, des analyses génétiques peuvent permettre de rechercher une liaison ou des mutations, respectivement pour des locus ou gènes de prédisposition identifiés (HPC1-RNASEL, PCaP, HPCX, HPC20, PG1-MSR1, HPC2-ELAC2). Ce diagnostic génétique, en évaluation clinique, peut se faire dans le cadre de l'étude nationale française (PROGENE).

Pour un homme ayant des critères de cancers familiaux de prostate ou de cancers de prostate dans des syndromes tumoraux familiaux, un dépistage précoce (toucher rectal et PSA tous les ans) dès l'âge de 40 ans peut être proposé.

Dans les formes familiales (au moins 2 cas chez des apparentés du 1er degré) ne répondant à ces critères de prédisposition héréditaire au cancer de la prostate, un dépistage peut être proposé 10 ans avant l'âge correspondant à l'âge de diagnostic du cas le plus précoce dans la famille.

La recherche d'antécédents de cancers du sein ou de l'ovaire dans la famille des sujets atteints de cancers de la prostate doit être systématiqueet justifie une consultation d'oncogénétique pour :

- les familles avec plus de 2 CaS ou CaO et plus de 2CaP chez les apparentés du 1er degré.

- ou avec au moins un cancer du sein chez l'homme et au moins 1 cancer de la prostate avant l'âge de 55 ans. Dans ce dernier cas, la recherche de mutations du gène BRCA2 est à effectuer en priorité.

Références

1. Cussenot O., Valeri A. : Heterogeneity in genetic susceptibility to prostate cancer. Eur. J. Intern. Med., 2001 ; 12 : 1 : 11-16.

2. Cussenot O., Fournier G. : Génétique & Urologie, "Les Editions Vingt et un" Progrès en Urologie, 2000 ; 10 : 681-1097.

3. Bratt O. : Hereditary prostate cancer. J. Urol., 2002 ; 168 : 906-913.