Le bilan 2022 de l’accréditation des urologues
La fin de l’année 2022 est l’occasion de réaliser un bilan, de présenter les évolutions et perspectives de notre organisme d’accréditation (OA-A-AFU). Les résultats sont très prometteurs !
L’OA-A-AFU regroupe 507 urologues dont 347 déjà accrédités en octobre 2022 ; 63 urologues nous ont rejoint cette année. Une majorité est intégrée aux 73 équipes créées. Parmi elles, 10 équipes sont universitaires, 13 hospitalières, et 50 sont libérales.
Au total, 8 200 médecins et chirurgiens sont engagés dans cette procédure (+ 4 % en 2022), répartis dans les 16 Organismes d’Accréditation actifs. Près de 250 équipes se sont créées. Dans notre discipline, la dynamique de groupe est donc bien enclenchée. D’autres équipes sont en cours de formation et les plus jeunes sont de plus en plus représentés dès leur cursus initial.
Focus sur les EIAS
La base de déclaration des évènements indésirables associés aux soins de la HAS est la plus fournie avec 152 428 EIAS déclarés depuis sa création, dont 8439 en urologie (octobre 2022). Des évènements graves (EIG) sont également accessibles : on note 83 EIG avec un niveau de gravité « grave à critique » en urologie, et 736, toutes spécialités confondues.
En 2022, on retrouve dans la base 16 EIG avec un niveau de gravité « catastrophique », et 381 toutes spécialités confondues contre 15 et 270 respectivement en 2021.
Cela représente beaucoup plus d’EIG déclarés par nos spécialités que ceux déclarés dans le cadre du dispositif national via les ARS.
Une approche de veille sanitaire avec des situations à risques ciblées existe avec présentation régulière des données et publication des chiffres. Lors de la journée Urorisq 2022, un point a été réalisé sur les EIAS liés à la pratique de l’ambulatoire. L’intérêt principal est de colliger les expériences de notre communauté et de dépister d’éventuels risques émergents. Ce travail peut participer à l’élaboration de solutions sécurité patient (telle que l’utilisation de l’électrochirurgie). Un travail est en cours sur les situations tunnelisantes et l’utilisation des énergies laser en urologie. Une publication concernant les EIAS liés au laser en urologie est en révision.
Les enquêtes de l’OA
Des enquêtes de pratiques sont proposées chaque année. Dans ce contexte, un travail d’évaluation et d’adaptation de la check-list bloc opératoire est en cours, en collaboration avec la HAS. Une nouvelle enquête vous a été récemment proposée sur la pratique de la téléconsultation.
L’objectif fondamental de ce dispositif reste au bénéfice du patient par la réduction de la fréquence et de la sévérité des EIAS. Dans ce contexte, l’accréditation entretient un lien fort avec la certification au travers des déclarations des EIAS et leur analyse par les revues de morbi-mortalité (à l’instar des environnements complexes tels que la sureté aéronautique ou nucléaire). Le futur de l’accréditation est d’utiliser cette base de données en la faisant analyser par les professionnels afin de créer des outils d’aide au quotidien. Le travail en équipe et l’harmonisation des pratiques en lien avec les recommandations de l’AFU et l’Uro DPC restent donc un point fondamental de l’accréditation. Notre environnement, très sensible au facteur humain, ne se conçoit qu’en travail pluridisciplinaire et pluriprofessionnel. La communication standardisée et la cohésion des équipes est une composante majeure. La mise en situation, la simulation permettent d’accroître notre expérience, d’améliorer nos prises en charges et de limiter les risques de complication.
Des journées à thème
L’intégration de ces connaissances dans des programmes de formation nécessite un rapprochement avec l’organisme de DPC de l’AFU. Dans cette approche, des projets de journées de simulation sur le thème de la gestion des risques sont en réflexion (usage de l’électrochirurgie, des lasers, radioprotection, installation au bloc opératoire, check-list, facteurs humains en santé, gestion des biais cognitifs, communication en santé). La réalisation d’e-learning dédié aux urologues peut permettre de découvrir ces notions.
L’avenir souhaité de l’accréditation, après la validation du DPC, tend vers un travail qui permettra la recertification des urologues. Dans ce contexte, l’accréditation permettrait de manière vertueuse la validation de nos obligations professionnelles en une seule étape (au lieu de 3 séparées).
Le recrutement de nouveaux experts afin de nous aider à gérer cette communauté urologique reste primordial pour le fonctionnement de notre Organisme d’Accréditation.
En espérant vous retrouver lors du CFU 2022 pour échanger et prendre du bon temps en présentiel !
Vanessa AVRILLON, Stéphane BART, Bertrand POGU