Téléconsultation : le développement en chiffres
En 2019, malgré les encouragements des pouvoirs publics et le volontarisme de l’Assurance-maladie après la convention médicale d’août 2016, seules 127 178 téléconsultations avaient été réalisées. Les chiffres ont beaucoup évolué depuis.
C’est à partir du premier confinement que la téléconsultation connait un boom spectaculaire au début de l’épidémie de Covid en 2020. 6 249 628 patients y ont eu recours au moins une fois en 2021 dont 60 % de femmes.
Sur les 156 millions de consultations de médecine générale en 2021, 5,8 % ont été réalisées à distance. La téléconsultation en médecine générale représentait 7,6 % des consultations en 2020.
Parmi les spécialités les plus représentées, la psychiatrie générale et la pédopsychiatrie figurent parmi les premières : 21,3 % de l’ensemble des consultations en 2020 à 19,5 % en 2021 pour la psychiatrie générale, 16,6 % des consultations en 2020 à 12,2 % en 2021 pour la pédopsychiatrie. L’absence d’examen clinique nécessaire et la primauté de l’entretien ont permis cette transformation.
En chirurgie urologique, la téléconsultation représentait 3,2 % des consultations en 2020 et 2 % en 2021.
Dans les différentes études, la téléconsultation s’avère une pratique urbaine, concernant des populations plutôt cadres et plutôt jeunes. L’âge médian est de moins de 30 ans.
En 2021, sur les 15 départements où la part d’habitants qui avait fait au moins une téléconsultation dans l’année était la plus élevée, 10 font partie des territoires les mieux fournis en médecins : Paris, la Gironde, les Alpes-Maritimes.
Le top 3 en 2021 était le suivant : Paris, Bas Rhin et Hauts de Seine.
Les départements les plus concernés par la désertification médicale ne sont pas forcément ceux où la téléconsultation est la plus répandue.
En 2022, la dynamique se poursuit. Selon les données préliminaires transmises par l’Assurance-maladie au Quotidien du médecin, 7,3 millions de téléconsultations ont été facturées au premier semestre, à raison de 1,1 à 1,2 million par mois. Le temps est désormais au recadrage institutionnel de cette pratique plébiscitée par de nombreux patients et médecins.
Une enquête de pratique chez les urologues va vous être proposée prochainement. Avis aux amateurs.
Stéphane Bart