Newsletter N.1 – La parole est aux experts !
Michel Augusti et Frédéric Vavdin sont tous deux experts de l’Organisme d’Accréditation de l’AFU depuis plusieurs années. Ils nous détaillent le contenu de cette mission essentielle au fonctionnement de l’OA.
Vous êtes expert de l’organisme d’accréditation de l’AFU. Pouvez-vous nous dire ce qui vous a attiré dans cette fonction ?
Michel Augusti : Je n’avais pas envie de faire de l’expertise pour les assurances, mais j’étais intéressé par l’analyse globale de nos pratiques et de la qualité. Devenir expert m’a permis de découvrir la Haute Autorité de Santé qui venait d’être créée et d’avoir accès à une formation initiée par cette instance. Même si on est expert en dehors de sa région d’exercice, avoir un pied à la HAS permet de faire remonter aux collègues des informations et de promouvoir l’accréditation localement.
Frédéric Vavdin : Je faisais partie du Syndicat National des Chirurgiens Urologues Français (SNCUF) et nous assistions à une augmentation exponentielle des primes d’assurance sans qu’il y ait une véritable raison à cette croissance. Avec les autres syndicats chirurgicaux et l’Anaes il a été décidé de mettre en place un observatoire du risque, avec l’engagement de notre côté de déclarer et de corriger les évènements porteurs de risques (EPR) afin que les accidents médicaux n’augmentent pas. La HAS a développé l’accréditation et le SNCUF a été à l’origine du premier référentiel risques en urologie. Dans la foulée, je me suis proposé comme expert.
Qu’est-ce qui vous a marqué au cours des 10 dernières années concernant l’accréditation ?
M.A. : A ses débuts, l’accréditation attirait les médecins pour son intérêt financier avec le paiement d’une partie de la prime d’assurance. Depuis quelques années, je remarque une volonté plus prononcée de participer à la qualité de la prise en charge des patients et au fonctionnement des établissements. Parallèlement à l’accréditation en équipe, apparaît une vraie motivation pour uniformiser les pratiques, notamment avec l’aide des qualiticiens. Tout cela va dans le bon sens !
F.V. : L’accréditation est devenue incontournable. Avec la mise en place de la Check List, de nombreuses erreurs médicales (de site, de côté) sont aujourd’hui évitées et ont même quasi disparu. Nous avons montré et convaincu que le matériel devait être doublé pour une activité fiable. Le risque est devenu un sujet dont on parle et qui est entré dans les mœurs. Quant à la Haute Autorité de Santé, elle s’est dotée de grands professionnels très réactifs avec lesquels il est très intéressant de travailler.
Être expert contribue-t-il à enrichir vos connaissances de la pratique urologique ?
M.A. : D’une certaine façon, oui. Nous avons accès à toute la base de données et à la base documentaire qui est très riche. Cette documentation peut servir à l’urologie dans son ensemble. La préparation des journées thématiques et des sessions du congrès est également très enrichissante.
F.V. : Pas véritablement, mais on fait plus attention dans notre pratique. En étant expert, on est amenés à lire les EIAS des autres urologues, on est donc très informés et cela nous évite des erreurs. Le fait d’être expert conduit à être plus attentif à sa pratique.
Y a-t-il des projets que vous souhaiteriez mener dans le cadre de l’accréditation ?
M.A. : Je souhaite promouvoir l’accréditation en équipe car elle permet de mettre en commun les pratiques et les connaissances en vue d’une démarche plus globale.
F.V. : J’espère qu’à terme, l’accréditation sera intégrée au DPC. Cela éviterait les redites. Je souhaiterais également que l’ensemble des travaux réalisés sur le risque depuis une dizaine d’années soient publiés. Il serait très utile de publier un guide avec un recueil d’erreurs à ne pas commettre et de bonnes pratiques à mettre en place.
Quelles sont les compétences qui vous semblent importantes pour assurer le rôle d’expert d’un OA ?
M.A. : On devrait plutôt parler d’envies. De l’envie de rendre service par exemple. Car, nous avons tous les compétences nécessaires. En plus, les experts ont la chance de pouvoir se former à la HAS. Il faut aussi savoir donner envie à des médecins d’échanger plus régulièrement avec des non-médecins qui travaillent sur les process qualité. Ce qui n’est pas toujours simple car il faut trouver un terrain d’entente sur des sujets qui peuvent parfois être compliqués.
F.V. : Il n’y a pas besoin de compétences particulières. Il faut pouvoir dégager un peu de disponibilité et être compréhensif. Il ne faut surtout pas se mettre dans la peau de celui qui juge mais de celui qui aurait pu commettre l’erreur. Il est conseillé d’avoir la psychologie d’un grand frère qui voudrait aider.
Comment organisez-vous votre temps pour dégager de la disponibilité pour les engagés que vous suivez ? Pourriez-vous estimer approximativement la charge de travail que la fonction d’expert exige ?
M.A. : Être expert ne demande pas un investissement très important en termes de temps. Il faut compter entre une heure et une heure trente par semaine, soit cinq à six heures par mois. Lorsque nous préparons des journées thématiques ou des sessions du congrès, c’est un peu plus. Mais cela reste tout à fait raisonnable. Et avec un peu d’expérience de l’expertise, on acquière suffisamment de compétences pour traiter rapidement les dossiers de ses engagés.
F.V. : C’est une activité intellectuelle intéressante. Je m’y consacre les weekends de garde. Être expert n’est pas très chronophage. Eplucher un EIAS prend en moyenne 15 mn. Donc cela m’occupe environ une heure par semaine en moyenne, pas beaucoup plus. Les présentations au congrès sont beaucoup plus longues à préparer mais ne sont pas obligatoires.
Propos recueillis par Vanessa Avrillon
La prochaine session de formation des experts organisée par la HAS se tiendra les 29 et 30 septembre 2021. Une session est également prévue en novembre.
Si l’expertise au sein de l’OA-AFU vous intéresse, contactez-nous à l’adresse : secretariat@urorisq.org