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Implication de la voie PKB/Akt dans la survie cellulaire induite par la protéine apparentée à l’hormone parathyroïdienne (PTHrP) dans le carcinome rénal à cellules conventionnelles

Introduction. Le carcinome à cellules rénales (CCR) métastatique reste réfractaire à toutes thérapies, imposant la recherche de nouvelles cibles thérapeutiques. La protéine apparentée à l’hormone parathyroïdienne, ou PTHrP, exprimée par les cellules normales et tumorales régule la croissance cellulaire. La PTHrP, en inhibant l’apoptose tumorale, joue un rôle crucial dans la croissance du CCR in vitro et in vivo et elle est une cible du gène suppresseur von Hippel-Lindau (VHL) (Massfelder et al., Cancer Res., 2004). Notre objectif est de définir les mécanismes moléculaires de l’effet protecteur de la PTHrP dans le CCR avec une attention particulière à la voie anti-apoptotique PKB/Akt.

Méthodes. 7 lignées de CCR à cellules conventionnelles (CCC) ont été utilisées : 4 déficientes en VHL (786-0, UOK-126, UOK-128 et A498) et 3 avec un VHL normal (ACHN, Caki-1 et Caki-2). La lignée tubulaire proximale humaine HK-2 a été utilisée comme contrôle. L’expression de la PTHrP et celle de son récepteur, le RPTH1, ont été mesurées par PCR quantitative en temps réel, immunoradiométrie et Western blot. La croissance et la viabilité cellulaire ont été mesurées, après une exposition de 48h des cellules à un anticorps anti-PTHrP N-terminale à 0-15 g/ml, par comptage cellulaire et MTT, respectivement. La mort cellulaire a été analysée par FACS. Les cellules ont été traitées par le LY294002, un inhibiteur spécifique de la voie PKB/Akt, pendant 48h à 0-60 M, en présence ou en absence d’anticorps anti-PTHrP et la densité cellulaire mesurée. Parallèlement, l’activation de la PKB/Akt (phosphorylation en T308 et S473) a été analysée par Western blot.

Résultats-discussion. Comparés aux cellules HK-2, PTHrP et RPTH1 sont sur-exprimés dans les lignées tumorales. Le traitement des cellules par l’anticorps anti-PTHrP conduit à une diminution de la densité et de la viabilité cellulaire, avec un effet maximal de 80-90%. Seules les Caki-2 restent réfractaires à l’effet de l’anticorps avec une diminution maximale de 10%. L’analyse par FACS montre que l’anticorps anti-PTHrP induit l’apoptose après arrêt au stade G2/M. L’exposition des cellules à 0-60 M de LY294002 en présence d’une concentration sub-maximale d’anticorps anti-PTHrP diminuait de 80% l’effet de l’anticorps suggérant que la PTHrP agit, au moins partiellement, via la voie PKB/Akt. Curieusement, l’analyse par Western blot révèle que la PKB/Akt est rapidement (15 min) activée par l’anticorps anti-PTHrP et revient au niveau basal au bout de 48h. Nos expériences actuelles visent à clarifier cette apparente contradiction entre induction de l’apoptose et activation de la PKB/Akt par l’anticorps anti-PTHrP et à rechercher l’implication d’autres voies utilisées par la PTHrP pour induire la survie tumorale.

Conclusion. La PTHrP agit comme un facteur de survie du CCC au moins en régulant la voie PKB/Akt. Ces résultats ouvrent de nouvelles opportunités pour étudier le rôle de cette voie dans la croissance et l’invasion du CCC.