Evaluation des incrustations des sondes double J. Etude prospective sur 668 sondes
Introduction et but : La lithiase urinaire est une pathologie très fréquente en France qui nécessite chaque année plusieurs dizaines de milliers d’interventions urologiques. Les sondes JJ ont contribué à améliorer la prise en charge des patients lithiasiques. Peu d’études se sont intéressées à comparer les caractéristiques des incrustations à la nature des sondes, à leur durée d’implantation, à la cause urologique ayant justifié leur mise en place et à la composition des urines. Le CLAFU a initié une étude prospective sur ce sujet dont nous rapportons ici les premiers résultats.
Matériel et méthodes : 668 sondes JJ ont été implantées chez 313 femmes et 355 hommes. Après leur retrait, les sondes ont été séchées pendant 24 heures à température ambiante puis transmises au laboratoire pour analyse microscopique et par spectrophotométrie infrarouge. Le recouvrement des parois externes ou internes de la sonde par un biofilm protéique ou par des dépôts minéraux a fait l’objet d’une évaluation semi-quantitative (cotée de 0 à 6), le score étant établi indépendamment pour les boucles rénale et vésicale et le corps de la JJ.
Résultats : Les données de l’examen microscopique et de l’analyse infrarouge montrent que toutes les sondes sont recouvertes, parfois très ponctuellement, par un biofilm qui représente la première phase du processus d’incrustation. L’examen de la nature des incrustations, exprimée en composant majoritaire ne montre aucune différence entre hommes et femmes. Les protéines sont le constituant principal dans 33,2% des cas chez la femme (F) et 27,6% chez l’homme (H), suivies par la whewellite (22/25,6%), la weddellite (10,2/13,2%), la brushite (9/6,5%), la carbapatite (8,6/5,6%), l’acide urique (6,4/7,9%) et la struvite (5,8/ 5,9%). La présence de la struvite, témoin d’une infection à germes uréasiques, est détectée sur 13,1% des sondes chez la femme et 10,4% chez l’homme. L’analyse des résultats en fonction de l’âge des patients révèle des différences qui retiennent l’attention en particulier pour le biofilm, la weddellite et l’acide urique.
Conclusion : Les résultats de notre étude montrent que les incrustations des sondes double J sont extrêmement fréquentes et qu’elles varient en fonction du sexe de la pathologie et des facteurs de risque de la maladie lithiasique. Cette étude préliminaire a servi de base à l’élaboration d’une nouvelle étude prospective qui étudie les corrélations entre les incrustations et la biochimie des urines.