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Qui est à l’origine du dépistage du cancer de la prostate : le patient ou le médecin ?

Introduction. Il existe une polémique sur le bien fondé du dépistage du cancer de la prostate (DCaP). En l’absence de consensus, nous avons voulu savoir quelle était l’influence de la demande des patients auprès de leur médecin traitant dans la réalisation du DCaP.

Matériel et méthode. Lors d’une campagne de DCaP par un nouveau procédé (PSA buvard) pour des hommes âgés de 50 à 70 ans, les hommes ayant adhéré à la campagne de DCaP et ayant déjà eu un DCaP étaient interrogés à l’aide d’un questionnaire sur les raisons ayant motivé la réalisation d’un éventuel DCaP antérieur.

Résultats. En mai 2004, parmi 731 hommes ayant adhéré au dépistage, 432 (59%) avaient réalisé un DCaP antérieur et avaient répondu au questionnaire. Les raisons suivantes ont été rapportées : Votre médecin traitant vous l’a demandé 233 (55,7%), Vous l’avez demandé 150 (35,9%), Un ami ou un membre de votre famille vous l’a conseillé 14 (3,35%), Examens réalisés par la médecine du travail 14 (3,35%), Une société d’assurance vous l’a demandé 7 (1,7%). La méthode de réalisation du DCaP était le TR seul dans 26,6% (n=115), le PSA seul dans 28,5% (n=123) et le PSA+TR dans 44,9% (n=194). Un PSA était plus souvent réalisé lorsque la demande de DCaP venait du patient (82%) plutôt que d’un médecin (69%) (p=0.002). Inversement, il y avait moins de TR lorsque la demande de DCaP venait du patient (66%) plutôt que d’un médecin (75%) mais la différence n’était pas significative (p=0.065).

Conclusion. Le patient est à l’origine du DCaP dans près de 40% des cas et influence la méthode de réalisation de celui-ci par le médecin traitant. Cette demande est peu en rapport avec l’influence de l’entourage et pourrait être davantage en rapport avec l’information délivrée par les médias. Ceci souligne la nécessite de diffuser un message clair quand à la politique à adopter face au DCaP.