Réduction de la toxicité urinaire après curiethérapie du cancer de la prostate par implants permanents d’iode 125
Introduction. La curiethérapie de prostate par implants permanents d’Iode 125 utilisant la dosimétrie en temps réel per-opératoire (dosiPerOp) permet le respect de contraintes dosimétriques pour la prostate et les organes sensibles. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’impact de l’épargne uréthrale, fondée sur une réduction du nombre de grains (gr) implantés au centre de la prostate concernant les symptômes et complications urinaires.
Patients et méthodes. Nous avons défini un Index représentant la diminution du nombre de gr internes selon les données de la dosiperOp, par rapport au nombre de gr théoriques proposés par les abaques de la méthode Pro-Seed. Index = (Nb de gr internes théoriques – Nb de gr internes réellement implantés)/ Nb de gr internes théoriques. 192 patients ont été traités par implants permanents entre 12/1999 et 12/2002. 73% des patients présentaient une tumeur de bas risque (PSA ? 10, Gleason ? 6 et T ? 2a), 22,5% ont eu un traitement hormonal pour réduire Le volume de la prostate (< 50cc). Le recul moyen était de 36 mois (extrêmes 18-42 mois).
Résultats. Au cours du temps, le nombre de gr internes a diminué avec un index passant de 2,2% à 17,5% puis 23%. La dose délivrée à 90% de la prostate (D90) respectait les contraintes per-opératoires (> 180 Gy) mais les doses calculées sur le scanner dosimétrique diminuaient (180 Gy, 164 Gy, 158 Gy), confirmant la réduction de l’activité totale implantée. La contrainte de dose délivrée à 30% de l’urèthre restait stable (182-189 Gy). Le taux de rétentions aiguë ou de résection endoscopique de prostate était respectivement de 7,3%, 2,5 % et 1,4 % au cours du temps. La proportion de patients avec un PSA < 1 ng/ml à 2 ans était de 66%, 79% et 84% selon l’année de traitement. Suivant l’index ou > 20, le taux de PSA < 1 ng/ml à 2 ans était meilleur dans le groupe > 20% (56% vs 80%), signant l’absence d’effet délétère du principe d’épargne de l’urèthre.
Conclusion. L’amélioration de l’index défini d’épargne de l’urèthre, s’accompagne d’une diminution de la toxicité urinaire sans effet délétère sur la cinétique du PSA.