Accueil > Les évènements de l’AFU > Congrès français d'Urologie > 99ème congrès français d’urologie – 2005 > La fistule vésico-vaginale obstétricale : un problème de santé publique au Mali. Stratégie de prise en charge et résultats du traitement chirurgical
Ajouter à ma sélection Désélectionner

La fistule vésico-vaginale obstétricale : un problème de santé publique au Mali. Stratégie de prise en charge et résultats du traitement chirurgical

Ces derniers temps, la Fistule Vésico-Vaginale obstétricale (FVV), suscite un grand intérêt (« Campaign to end Fistula », UNFPA). Cela dit un bref aperçumontre que dans la majorité des pays au sud du Sahara (Bénin, Niger, Nigeria, Ethiopie, etc.), cette infirmité est essentiellement prise en charge par des chirurgiens expatriés. Nous venons par cette communication, faire part de notre expérience de la prise en charge de cette affection.

Au Mali, l’accouchement médicalisé est de 7%. L’accouchement dystocique engendre une mortalité maternelle de l’ordre de 500 à 700 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes. Bon nombre de femmes qui échappent à la mort s’en sortent avec des complications graves – la FVV en première position. La population de femmes souffrant de cette infirmité est inconnue. Ce qui est sur en consultation urologique, 3 femmes sur 5 présentent des pertes d’urine en rapport avec une FVV obstétricale. La chirurgie de la FVV occupe la 3ème place de l’activité chirurgicale du service d’urologie. Nous disposons d’un centre d’hébergement d’une capacité de 40 lits, d’une salle d’opération autonome pour la chirurgie de la FVV et de quatre chirurgiens. 350 à 400 malades sont opérés pour cause de FVV par an, au Centre de Bamako et de Mopti (MDN).

Nos résultats après une séquence de 169 interventions chirurgicales sont les suivants : 160 cas de Fistules fermées (soit 94,6% des cas) contre 9 vessies irrécupérables. Fistules fermées n’étant pas synonyme de femmes guéries, le taux de guérison totale est de 75% soit 127 patientes, 20% présentant une incontinence urinaire soit 33 patientes.

Les 127 cas se répartissent comme suit: 112 Fistules simples selon Camey M, groupe 1 selon Falandry, leur cure n’a pas nécessité une interposition, 6 fistules complexes selon Camey M, groupe 2 selon Falandry avec interposition type Martius (dont 4 cas de fistules complexes avec interposition et 2 cas fistules complexes avec une autoplastie de Falandry); 9 fistules hautes traitées sans interposition par voie transvésicale.

Les 33 cas de FVV fermées avec incontinence urinaire persistante sont dans 10 cas des fistules complexes et dans 23 cas des fistules graves selon Camey M, groupe 3 selon Falandry. Ces dernières se répartissant en 15 désinsertions cervico-urétrales complètes avec urètre conservé borgne ou perméable, traitées par anastomose cervico-urétrales, et 8 désinsertions cervico-urétrales avec destruction urétrale ayant nécessité une urétroplastie en vagin selon Benchekroun.