Répercussion de l’activité de transplantation rénale sur l’organisation du bloc opératoire d’urologie
Objectifs. La transplantation rénale par son caractère imprévisible et urgent peut perturber l’activité programmée du bloc opératoire d’urologie (manque de salle opératoire, manque de personnel pour réaliser la greffe simultanément au programme réglé). Dans ce travail nous avons souhaité évaluer le retentissement de l’activité de transplantation sur l’activité opératoire d’urologie conventionnelle.
Matériel et Méthodes. Entre septembre 2002 et décembre 2005, nous avons évalué la répercussion de 128 transplantations rénales sur l’organisation du bloc opératoire d’urologie. Nous avons analysé la durée d’occupation des salles opératoires, les déprogrammations (jours d’hospitalisation et transports supplémentaires), les retards d’intervention liés à la transplantation rénale
Résultats. Sur les 128 transplantations réalisées durant l’étude, 73 (57%) ont été réalisées en dehors des jours ouvrables. 55 transplantations (43%) ont été réalisés en jours ouvrables. Sur ces 55 greffes, 44 ont été réalisées durant la période d’activité du bloc opératoire (de 8 heures à 14 heures). L’heure moyenne d’entrée au bloc opératoire est 10 heures et l’heure de sortie du bloc opératoire, 15 heures. La durée d’occupation de la salle opératoire (préparation du patient, anesthésie, transplantation, sortie du malade et nettoyage de la salle) est en moyenne de 287 minutes [190-490]. Ces transplantations ont entraînés et le report de 24 interventions dont 17 ont pu être réalisées dans les 48 heures suivant la date prévue. Ces reports ont entraîné 26 journées d’hospitalisation et 14 transports supplémentaires. Avec la progression du nombre de transplantations et de l’activité opératoire d’urologie, les reports deviennent de plus en plus fréquents.
Conclusion. La transplantation rénale par son caractère urgent et non prévisible entraîne des perturbations de l’organisation du programme opératoire d’urologie. L’augmentation de cette activité ne doit donc pas se faire au détriment de l’activité urologique mais doit entraîner l’élaboration d’une organisation distincte (bloc opératoire, anesthésistes, personnel) pour ne pas induire de retard de prise en charge des pathologies urologiques.