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Prostatite aiguë post-biopsies : quels germes ? Quels profils d’antibiogrammes ? Quels traitements ?

Objectifs.- Les biopsies de prostate échoguidées par voie transrectale (BER) sont l’unique moyen d’obtenir la confirmation anatomopathologique du cancer de prostate. Sa réalisation nécessite une antibioprophylaxie efficace sur les germes urinaires. Dans 1% des cas le geste se complique de prostatites iatrogènes. L’étude consiste à évaluer les résultats bactériologiques, le traitement de première intention au cours de l’hospitalisation et le traitement de sortie des patients ayant présenté une prostatite aigue post-biopsies dans notre service.

Méthodes.- Entre janvier 2001 et décembre 2009, 3000 patients ont bénéficiés de BER pour élévation du PSA ou anomalie prostatique au toucher rectal. 21 carottes étaient prélevées systématiquement selon protocole, chaque individu ayant préalablement reçu une antibioprophylaxie par ofloxacine 24h avant et poursuivi 6 jours. Une évaluation rétrospective des données a été réalisée.

Résultat.- 20 (0.7 %) patients ont présenté une prostatite aigue à E. Coli dans les 2,8 +/- 1,7 jours suivant la BER dont 7 (38%) avec hémocultures positives. 19 (95%) étaient résistants aux fluoroquinolones, 14 (73%) à l’ampicilline dont 5 béta-lactamase a spectre étendu et 9 (47%) au sulfaméthoxazole- triméthoprime (cotrimoxazole). 15 (75%) des patients ont été traité par biantibiothérapie intraveineuse (Céphalosporines de 3ème génération et aminoside) et 5 (25%) par monothérapie à leur arrivée aux urgences. Dans 4 cas (20%), le germe était résistant aux céphalosporines. Au décours de, en moyenne 5.45 jours d’hospitalisations, 7 (35%) ont poursuivi un traitement intramusculaire ou intraveineux (4 par imipenème et 3 par ceftriaxone) à domicile et 13 (65%) un traitement per os (5 cotrimoxazole, 5 amoxicilline-acide clavulanique, 2 Céphalosporines per os et 1 ofloxacine) pour une durée moyenne de 21,7 jours.

Conclusion.- La prostatite aigue post-biopsies est majoritairement causée par l’E. Coli, résistant dans plus de 90% aux fluoroquinolones. La prévention passe par une antibioprophylaxie. Un traitement par céphalosporine de 3eme génération intra veineux est souvent nécessaire en premier intention.