TEP-Scan au 18F-FDG pour l’évaluation ganglionnaire dans les cancers infiltrants du pénis
Objectifs.- Le carcinome épidermoïde du pénis, tumeur hautement métabolique, a une évolution essentiellement lymphatique. L’existence de métastases inguinales et/ou pelviennes est un facteur pronostique pour la survie des patients. L’objectif de l’étude a été d’évaluer de manière prospective la valeur de la TEP-Scan au 18F-FDG dans la recherche de métastases ganglionnaires inguinales et pelviennes en présence d’un carcinome épidermoïde du pénis.
Méthodes.- Trente deux patients consécutifs présentant un carcinome infiltrant du pénis ont été inclus. Selon la classification TNM 2009, la tumeur primitive a été classée cT1 G3 dans 34,4% des cas, cT2 dans 56,2% et cT3 dans 9,4%. Le stade cN a été cN0 dans 68,75% des cas, cN1 dans 18,75% et cN2-3 dans 12,5%. Le bilan d’extension a inclus une TDM TAP, une TEP-Scan au 18F-FDG dans tous les cas, et une cytologie ganglionnaire en cas d’adénopathie palpable après repérage par échographie 10 MHz. Tous les patients, soit avec des adénopathies palpables avec preuve cytologique, soit étant à haut risque de métastases ganglionnaires infra-cliniques, ont eu une lymphadénectomie: (1) pour les patients cN0, lymphadénectomie inguinale bilatérale modifiée (MIL); (2) pour les patients cN1, lymphadénectomie inguinale totale (RIL) homolatérale et MIL controlatéral; (3) pour les patients cN2, en cas de persistance des adénopathies après antibiothérapie ou en cas de positivité de la cytologie, une lymphadénectomie ilio-inguinale bilatérale. L’analyse pathologique a inclus le nombre de ganglions métastatiques sur le nombre de ganglions prélevés, la taille de la métastase, la présence d’un dépassement capsulaire. Les résultats de la TEP-Scan ont été comparés à l’analyse pathologique de la lymphadénectomie, avec calcul de la sensibilité de la spécificité, de la valeur prédictive positive et négative.
Résultat.- Chez les patients initialement cN0 (22 patients soit 44 aires inguinales analysées), la sensibilité de la TEP-Scan a été de 60%, la spécificité de 89,7%, la valeur prédictive positive de 43% et la valeur prédictive négative de 94.6%. Pour 5 aires inguinales ayant une métastase, la TEP-Scan a été positive dans 3 cas pour des métastases de plus de 10 mm. Mais, cet examen a aussi été positif dans 4 aires inguinales pN0 en anatomo-pathologie et sans évolution clinique à distance. Chez les patients initialement cN+ (10 patients), l’intérêt de la TEP-Scan a été de mettre en évidence plusieurs métastases ganglionnaires inguinales et/ou pelviennes dans 3 des 6 patients initialement cN1, métastases confirmées par l’anatomo-pathologie (stade pN2 final). A l’inverse dans 2 cas, la TEP-Scan a été négative pour des patients sans métastase pathologique, patients initialement classés cN1 dans 1 cas et cN2 dans l’autre cas.
Conclusion.- La TEP-Scan au 18F-FDG est particulièrement performante chez les patients cN+ permettant de visualiser le nombre de métastases inguinales et de dépister un envahissement pelvien. Dans cette situation, elle contribue à modifier la conduite à tenir thérapeutique en proposer une chimiothérapie première, et en cas de réponse, une lymphadénectomie ilio-inguinale. Chez les patients cN0 à haut risque de métastases inguinales infra-cliniques, sa performance est supérieure à celle de la TDM, mais l’évaluation chirurgicale reste indispensable.