Morbidité et résultats de la néprolithotomie percutanée (NLPC) bilatérale en un temps
Introduction : depuis 20 ans la NLPC a montré son efficacité et sa très bonne tolérance. Les calculs bilatéraux, multiples et/ ou volumineux, récidivants sont peu fréquents, souvent associés à une maladie métaboliques ou anomalies anatomiques (reins parfois multiopérés). La NLPC est particulièrement indiquée dans ces cas. La réalisation d’une NLPC bilatérale en deux séances opératoires impose une intervention et une hospitalisation double, à quelques semaines d’intervalle.
Matériel et méthode : parmi 600 NLPC consécutives réalisées dans le service, nous avons analysé 34 cas traités par NLPC bilatérale en 1 session, de janvier 1993 à décembre 2000. Après mise en place d’une sonde urétérale bilatérale, la NLPC débute par le rein présentant les calculs le plus volumineux et/ou symptomatiques. En cas de succès, la NLPC du 2ème rein a lieu, l’autre rein étant en drainage pendant ce premier temps.
Résultats : 34 patients ont eu 68 unités rénales opérées. La taille moyenne des calculs était de 1249mm. La durée moyenne de l’intervention était de 200mn (90-360). La température de sortie était de 34,8°C (matelas chauffants et liquide d’irrigation à 37°). Complications : 2 septiques dont une pneumopathie sévère chez un tétraplégique, les autres complications étaient mineures avec une fistule urinaire et 5 complications douloureuses nécessitant une sonde double J. Pas de complication hémorragique.
A J2 retrait des sondes urétérales puis les deux néphrostomies à J3 et J4. La durée moyenne d’hospitalisation a été de 11 jours (5-39). Le succès (sans fragment) a été de 97% au prix d’un geste complémentaire dans 20% (comparable aux résultats de la littérature): 4 LEC, et 2 urétéroscopies+ JJ.
Conclusion : La NLPC bilatérale, en une seule session, est donc une alternative thérapeutique efficace, bien tolérée, moins invalidante pour les patients qui présentent des calculs volumineux et/ou multiples bilatéraux. Elle représente un gain de temps (30mn pour le 2ème temps) et de coût pour le patient et la structure hospitalière. Les centres possédant une expertise de la chirurgie percutanée peuvent offrir cette alternative thérapeutique dans la prise en charge des calculs urinaires.