Intérêt de l’anticorps p504s dans la prise en charge des tumeurs du rein à cellules eosinophiles de diagnostic incertain
Les carcinomes à cellules éosinophiles du rein posent des problèmes diagnostiques, pour lesquels une étude immunohistochimique permet parfois de différencier les types tumoraux : oncocytome, carcinome papillaire, carcinome urothélial, carcinome chromophobe, carcinome de Bellini ou variante éosinophile d’un carcinome conventionnel Parmi les nouveaux anticorps l’ -méthylacyl-Co A Racemase (AMACR) ou p504s, marqueur des carcinomes prostatiques, a été rapporté comme pouvant être un marqueur des carcinomes papillaires. Nous rapportons une étude préliminaire portant sur des tumeurs du rein à cellules éosinophiles.
Matériels et méthodes : Etude rétrospective portant sur 21 tumeurs du rein à cellules éosinophiles : 1 carcinome de Bellini, 1 carcinome conventionnel, 2 carcinomes à cellules chromophobes ; 11 carcinomes papillaires (5 compact , 2 type 1 et 4 type 2) ; 1 carcinome urothélial, ;4 oncocytomes ; 1 carcinome rhabdoïde. L’étude a été réalisée avec l’anticorps p504s (Zeta Corp, 1/80 , USA), après restauration antigénique par la chaleur, sur l’automate Nexes R de Ventana.
Résultats : seuls les carcinomes papillaires (type 1 ou 2) présentent un marquage avec l’anticorps p504s, avec une intensité modérée à intense, intéressant 30 à 70% des cellules tumorales. Toutes les autres tumeurs sont négatives. L’intensité du marquage n’est pas liée au grade ni au type histologique, ni à la fixation (Bouin ou formol).
Conclusion : L’anticorps p504s initialement proposé comme marqueur spécifique des carcinomes prostatiques s’avère être un excellent marqueur des carcinomes papillaires du rein et peut trouver son utilité dans la démarche diagnostique devant une tumeur rénale à cellules éosinophile, de diagnostic incertain.