Implantation de sphincter urinaire artificiel chez l’homme par voie transcaverneuse comme procédure de sauvetage dans les cas complexes : résultats d’une série monocentrique
Objectifs. L’implantation d’un sphincter urinaire artificiel (SAU) chez l’homme par voie transcaverneuse a été décrite comme une procédure utile dans les cas complexes d’incontinence urinaire d’effort (IUE) masculine avec urètre fragilisé. Le but de cette étude était de décrire les résultats de cette intervention à moyen terme, en particulier concernant la continence et la fonction érectile.
Méthodes. Une évaluation prospective observationnelle a été conduite dans un centre expert entre décembre 2007 et octobre 2012. Tous les patients traités par implantation transcaverneuse d’un SAU AMS800 ont été inclus. Les résultats fonctionnels ont été évalués par le nombre de protections utilisées par jour, le questionnaire Profil de Symptômes Urinaires, et le questionnaire International Consultation on Incontinence Questionnaire Short Form, la fonction érectile par le questionnaire International Index of Erectile Function (IIEF-5), et la satisfaction par le questionnaire Patient Global Impression of Improvement (PGI-I). Les données ont été collectées par téléphone.
Résultats. Sur les 23 patients inclus, 18 avaient un antécédent d’atrophie uréthrale et/ou d’érosion uréthrale après la pose d’un SAU (11 cas), d’une bandelette sous-uréthrale (4 cas) ou des 2 (3 cas). Cinq patients avaient des antécédents d’irradiation pelvienne avec notion d’atrophie uréthrale sévère. L’implantation a été réalisée avec succès sans complication peropératoire dans tous les cas. Les complications immédiates ont été un hématome de la bourse traité de manière conservatrice. Un patient a eu une révision du dispositif pour dysfonction mécanique à 1 an. Les données du suivi étaient disponibles pour 17 patients (quatre étaient décédés, et deux perdus de vue). Après un suivi médian de 26 mois [1333], 8 patients (47 %) étaient secs, sans symptôme ni protection. Cinq utilisaient une protection par jour, et 4 utilisaient 2 protections par jour. Seize sur dix-sept patients étaient satisfaits au dernier suivi (PGI-I < 3). Chez les 6 patients sexuellement actifs en préopératoires, 5 ont gardé une érection en postopératoire, dont 4 n’avaient pas de dysfonction érectile (IIEF > 21).
Conclusion. L’implantation transcaverneuse de la manchette d’un SAU est une bonne solution à la problématique des IUE masculines multi-opérées et/ou en cas d’atrophie uréthrale ou d’érosion. La fonction érectile peut être maintenue en dépit de la dissection des corps caverneux.