Impact des sténoses urétrales sur le traitement de l’incontinence urinaire de l’homme par sphincter artificiel
Objectifs. Évaluer la fréquence des sténoses de l’urètre associées à une incontinence urinaire chez l’homme. Analyser les résultats du sous-groupe de patients opérés d’un sphincter artificiel chez lesquels un diagnostic de sténose urétrale avait été porté.
Méthodes. Étude des dossiers des hommes ayant présenté une lésion urétrale avant mise en place du sphincter du 1er janvier 2006 au 31 décembre 2012. Nous avons recueillis rétrospectivement le type de sténose, son étiologie et le traitement réalisé, les scores symptômes MHU et ICIQ systématiquement évalués en pré et postopératoire ainsi que les complications.
Résultats. Deux cent six patients ont bénéficié de la mise en place d’un sphincter urinaire artificiel par voie périnéale de 01/01/2006 au 31/12/2012. 32 (15,5 %) présentaient une lésion de l’urètre. Âge moyen : 65,8 ans. L’origine de la sténose était dans 71,8 % (23/32) consécutive à une prostatectomie radicale. La moitié de ces patients opérés d’un cancer de la prostate (52 % ; 12/23) avaient eu une irradiation post chirurgicale. L’origine de la sténose était dans les autres cas traumatiques (3/32 ; 9 %) ou secondaires à une chirurgie endoscopique de la prostate isolée (1/32 ; 3 %) ou dans le cadre d’un traitement multi-modal du cancer le la prostate (3/32, 9 % ; 2 post HIFU et radiothérapie, 1 avec radiothérapie seule). Dans plus de 75 % (24/32) des cas une chirurgie endoscopique de désobstruction de l’urètre a été proposée avant d’implanter le sphincter artificiel. Une dépose du sphincter a été nécessaire dans 2 cas sur 32 (6 %). Chez ces patients une seconde tentative de pose a été réalisée, portant à 34 le nombre de gestes chirurgicaux dans la période d’analyse. Taux de complication dans les 3 mois : 26 % (9/34) : 3 (8,8 %) épididymites guéries par traitement antibiotique, un repositionnement de pompe (2,9 %), 4 érosions (11,7 %) nécessitant la dépose du sphincter. Au delà de 3 mois, un seul patient (2,9 a développé une érosion [6 mois]).
Conclusion. Les antécédents de sténose urétrale semblent affecter négativement les résultats fonctionnels et augmenter le risque de complication du sphincter artificiel posé chez l’homme par voie périnéale.