Évolution de la fonction érectile après curiethérapie prostatique à l’iode 125 pour tumeur localisée de faible risque : étude prospective chez des patients ayant un score IIEF5 initial>16
Objectifs. La curiethérapie prostatique (CuT) à l’iode 125 est un traitement attractif pour les patients désirant préserver leur fonction érectile après traitement du CaP. Cependant peu d’études sont disponibles concernant la dysfonction érectile après CuT chez des patients sans trouble initialement. Nous avons évalué la fonction érectile de manière prospective à 1 et 2 ans chez des patients ayant un score IIEF5 initial > 16.
Méthodes. De février 2007 à novembre 2011, 145 patients atteints d’un CaP localisé ont eu une CuT. Aucun patient n’avait reçu de radiothérapie externe, 15,8 % ont eu une hormonothérapie préopératoire. L’hormonothérapie et la prise d’inhibiteur de la 5 phosphodiestérase (IPDE5) après CuT n’étaient pas des critères d’exclusions. La fonction érectile a été évaluée par l’autoquestionnaire IIEF5 en préopératoire, à 12 et 24 mois.
Résultats. Sur les 145 patients, 85 (58,6 %) avaient un IIEF5 > 16 initialement. À 12 mois (en incluant les patients sous IPDE5 : 14 %), 52,6 % conservaient un score > 16 et 25,6 % avaient une DE légère à modérée de sorte que 78,2 % avaient un IIEF5 > 12. L’IIEF5 avait perdu en moyenne 5,3 points en passant de 21,5 à 16,2 (p < 0,05). À 24 mois, 51 % avaient un IIEF5 > 16 et 81 % avaient un score IIEF5 > 12. Une DE sévère a été observée chez seulement 17 %. Tous les patients traités (32 %) par IPDE5 pouvaient avoir des rapports sexuels (Tableau 1 et Fig. 1). Pour les patients sans DE initialement (n = 43 ; IIEF5 > 21) : 73,2 % avaient un IIEF5 > 16 à 1 an. Avec la prise d’IPDE5, 83,3 % et 89 % de ces patients avaient un IIEF5 > 16 consécutivement à 1 et 2 ans (Tableau 2 et Fig. 2). Le principal facteur prédictif de DE était le diabète.
Conclusion. Durant les 2 premières années après la curiethérapie, la DE sévère est relativement rare (11,6 % et 17 %). La fonction érectile dépend de la situation préimplantatoire, de la prise d’IPDE5 et de la présence d’un diabète.