Évaluation à 1 an de la reprise des érections et des rapports sexuels après prostatectomie totale rétropubienne avec préservation nerveuse
Objectifs. L’érection provoquée par une stimulation sexuelle (EPSS) est une phase préliminaire qui conduit naturellement mais pas obligatoirement au rapport sexuel (RS). Le but de ce travail a été de comparer la reprise des EPSS et celle des RS 1 an après prostatectomie totale rétropubienne (PTR) avec préservation nerveuse (PN).
Méthodes. Une étude prospective (janv 2011déc 2011) a été réalisée chez 137 patients consécutifs ayant eu une PT pour un cancer localisé de la prostate par le même chirurgien. Tous les patients ayant une PN ont été évalués en pré et postopératoire par autoquestionnaires : Hard Score Index (HSI) et IIEF5. Une aide pharmacologique par IPDE5 a été proposée à tous les patients à partir de j45 avec prise en charge sexothérapique (PECS) à 3, 6, 9 et 12 mois. À 1 an, avec ou sans IPDE5, les EPSS ont été considérées comme satisfaisantes pour un HSI ? 3, les rapports comme satisfaisants en présence d’une dysfonction érectile légère 17 ? IIEF5 ? 21 ou sans dysfonction érectile IIEF5 : 2225.
Résultats. L’âge moyen était 61,6 ans, PSAm : 7,33, IMC : 23,8, stades cliniques : T1c : 50,4 %, T2a : 22,6 %, T2b : 17,5 %, T2c : 9,5 %, Gleason pré-op : ? 3 + 3 : 48,9 %, 3 + 4 : 44,5 %, ?4 + 3 : 6,6 % ; PN : 77,4 % (106/137), bilatérale 83,0 % (89/106) ; stades pathologiques : pT2 : 68,6 % (94/137), pT3pT4 : 31,4 % (43/137). Série globale : marges chirurgicales positives (MCP) totales : 9,5 % (13/137), pT2 : 2,1 % (2/94), pT3pT4 : 25,6 % (11/43) ; série PN : MCP totales 7,5 % (8/106), pT2 : 2,6 % (2/76), pT3pT4 : 20,0 % (6/30). À1 an, 94 patients sont évaluables pour la reprise de la fonction érectile. Les EPSS sont satisfaisantes avec HSI ? 3 dans 86,1 % (81/94) ; sans IPDE5 : 65,9 % (62/94), avec IPDE5 : 20,2 % (19/94) ; les RS sont satisfaisants dans 84,0 % (79/94), sans IPDE5 : 29,8 % (28/94), avec IPDE5 : 54,2 % (51/94).
Conclusion. La reprise des EPSS revient naturellement sans aide pharmacologique dans 65,9 % des patients alors que la reprise des RS seulement dans 29,8 %. La PECS est indispensable après PT avec PN pour aider les patients à surmonter l’appréhension de la pénétration avec la peur de l’échec sexuel.