Efficacité et tolérance du sphincter urinaire artificiel A.M.S. chez la femme : suivi à moyen et long terme
Introduction : l’intérêt du sphincter urinaire artificiel (SUA) chez la femme souffrant d’une incontinence urinaire d’effort (IUE) par insuffisance sphinctérienne (IS) dépend des résultats sur la continence mais aussi du taux de complications post-opératoires et de la durée de vie des matériaux.
Matériel et méthode : Il s’agit d’une étude prospective, non comparative, menée depuis 1986. Fin Décembre 2003, nous avons repris nos 374 SUA. 3 implantations ont été techniquement impossibles. L’indication opératoire a été portée sur des critères cliniques : manoeuvre de Bonney négative dans tous les cas et en plus, test de soutènement sous-uréthral négatif après l’avènement du TVT.La continence a été définie par l’absence totale de fuites. La continence sociale traduit l’existence de quelques fuites minimes (sans port d’une seule protection). Les autres situations sont regroupées sous le terme d’incontinence.
Résultats : Sur les 371 patientes implantées, 31 ont été perdues de vue, 40 étaient d’origine neurologique 299 non neurologiques et 1 post traumatique. Le recul moyen est de 5,6 ans (5 mois – 18 ans) avec une médiane de 5 ans. L’âge moyen de notre population est de 57,2 ans (10 – 79 ans) (âge médian = 60 ans) de 32 ans chez les neurologiques (N) et de 60,4 ans chez les non neurologiques (nN). 38,8% de nos patientes n’avaient jamais été opérées. Des complications per-opératoires sont survenues chez 11,9% des patientes (plaies vésicales 5,9%, vaginales 5,7%, doubles 0,3%) entraînant en 1999 une modification de la technique opératoire avec une dissection plus au contact de la paroi vaginale. 32 patientes ont dû être explantées (8,5%), pour infection (N=20) ou pour érosion tissulaire tardive (N=12). Une réimplantation secondaire a été obtenue avec succès chez 3 patientes. La survenue de pannes mécaniques est survenue chez 13 patientes (3.8%) et a nécessité le remplacement d’un des composants. L’usure prothétique a nécessité un remplacement complet chez 15 patientes dans des délais de 8 à 16.5 ans. Le test de Kaplan-Meir donne une survie actuarielle moyenne de 7,76 ans (médiane de 9ans). 84,4% des patientes étaient totalement continentes, 4,3% avaient une continence sociale et 2,1% rapportaient des fuites urinaires (9,2% de données manquantes).L’étude statistique de tous les éléments(âge, poids, ménopause,antécédents opératoires, plaies per-opératoires) n’a pas permis de retrouver de facteur prédictif statistiquement significatif du risque d’explantation.
Conclusion : Cette étude confirme l’intérêt du SUA dans l’IUE par IS. L’explantation prothétique semble plus liée à la survenue d’une infection post-opératoire qu’aux caractéristiques des patientes.