Efficacité et tolérance des thérapies ciblées chez le sujet âgé de plus de 70ans, traité pour un cancer du rein métastatique
Objectifs. La prise en charge du sujet âgé atteint de cancer est une problématique importante pour laquelle les données d’efficacité et de tolérance des traitements disponibles sont relativement limitées. Notre objectif était d’étudier la tolérance et l’efficacité des thérapies ciblées (TC) chez le patient de plus de 70 ans en comparaison aux patients plus jeunes traités en première ligne pour un cancer du rein métastatique (CRM).
Méthodes. Une étude rétrospective a été réalisée à partir des données cliniques et biologiques de 102 patients traités en première ligne de TC entre 2006 et 2012. Les analyses ont été réalisées en considérant 2 groupes : patients > 70 ans versus < 70 ans. Les différences entre les groupes étaient comparées par le test du Chi2. Les survies globales (SG) et sans progression (SSP) étaient calculées selon la méthode de Kaplan-Meier et comparées par le test du log-rank.
Résultats. L’âge moyen de la population était de 58,1 ans avec 33 (32,3 %) patients > 70 ans. Les caractéristiques démographiques, les groupes pronostiques (MSKCC et Heng), les données anatomopathologiques, les caractéristiques du traitement de la tumeur primitive et de la maladie métastatique par TC étaient similaires entre les deux groupes. Parmi les variables biologiques avant l’initiation de la TC, seule la fonction rénale était plus fréquemment altérée chez les > 70 ans (63,6 % vs 31,9 %, p = 0,002). La SSP était significativement meilleure dans le groupe > 70 ans (12 vs 5 mois, p = 0,009) avec une tendance non significative pour la SG (33 vs 18 mois, p = 0,07). Les patients > 70 ans ont présenté plus de toxicités sévères (grade 34) liées aux TC (66 % contre 42 %, p = 0,02) responsables de 48 % des arrêts de la première ligne chez les > 70 ans contre seulement 21 % chez les < 70 ans (p = 0,008).
Conclusion. Dans cette étude, environ un tiers des patients traités pour un CRM avaient plus de 70 ans. Leurs profils de tolérance et d’efficacité étaient significativement différents de ceux des patients plus jeunes.